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Tag - économie

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jeudi 2 février 2012

un usage du SMIC contre le salaire

Le SMIC a été instauré en 1970 comme un salaire minimum. L'étude intitulée un usage du SMIC contre le salaire montre comment il tend à devenir un salaire maximum.

En premier lieu, il convient de rappeler que l'employeur d'un salarié au SMIC bénéficie d'une importante exemption de cotisations sociales. Si l'on considère ces cotisations sociales comme du salaire mutualisé (ou socialisé), on est donc confronté à un double manque à gagner pour les salariés :

  • faible salaire direct
  • faible salaire indirect mutualisé

Là où l'employeur est doublement gagnant, les salariés sont doublement perdants.

Comme le signalent les bilans sociaux des centres externalisés étudiés, la main-d’oeuvre représente entre 70 et 80 % du chiffre d’affaires, les propos de notre DRH peuvent donc être pris au sérieux. Avec de tels pourcentages, on comprend alors tout l’intérêt des différents groupes à privilégier les formes réversibles de rémunération (les primes cf. infra) et surtout à profiter des opportunités légales propres à certains territoires ou sur toute la France comme l’exonération de cotisations sociales jusqu’à 1,6 SMIC. Précisément, les taux de cotisations patronales au régime général de la Sécurité sociale équivalent en moyenne à 30,3 % du salaire brut. Après exonération, ils sont alors compris dans une fourchette allant de 4,3 à 15,9 % du salaire brut. Cette politique, qui dans le discours gouvernemental et patronal a vocation à « pérenniser l’emploi en France », nuit au premier chef aux salariés puisque les exonérations sont équivalentes à une réduction du salaire total (salaire net plus cotisations sociales). Au surplus, la dotation budgétaire versée par l’État à la Sécurité sociale pour compenser ces exonérations revient, comme la TVA sociale d’ailleurs, à faire payer aux contribuables et donc majoritairement aux salariés ce que les employeurs devaient auparavant assumer.

Certains employeurs contournent la loi en payant leurs salariés en dessous du SMIC au prétexte de compléter le salaire fixe par des primes. On voit donc que si le SMIC constitue de plus en plus un salaire maximum, il ne constitue même plus un salaire minimum.

Les centres d’appels privilégient surtout la prime d’assiduité et la prime aux résultats. Afin de lutter contre un absentéisme important du fait des conditions de travail connues pour leur dureté, certains centres d’appels proposent une prime d’assiduité. Tel groupe par exemple, verse 50 € bruts mensuels si le salarié n’a aucun retard, aucun départ avant l’heure et aucune absence (autorisée ou non) dans le mois. Cette prime n’est pas qualifiée de « prime d’assiduité » ou « de présence », ce qui peut la faire entrer – alors qu’elle en est légalement exclue – dans l’assiette de vérification SMIC. Une telle pratique permet de ne pas respecter à la lettre le versement d’un montant de rémunération équivalent au SMIC quand bien même les absences de l’employé seraient justifiées. Cela change la signification de la prime : d’une récompense de la présence du salarié au cours du mois venant compléter le SMIC, elle devient une pénalité entamant le SMIC si le salarié a dû s’absenter. Mais surtout, elle permet à l’employeur de garder le SMIC comme horizon de rémunération des téléconseillers.

En conclusion, les avantages supposés du SMIC paraissent bien fades au regard de l'usage qui en est fait par les employeurs qui contournent la loi.

Le cas des centres d’appels montre à quel point le SMIC, loin de représenter « idéalement » une première rémunération, se constitue progressivement contre le salaire, c’est-­à-dire contre les cotisations sociales et les qualifications. Une carrière smicarde générant de faibles cotisations employeurs semble être le seul horizon des employés. Les primes réversibles n’ont pas vocation à faire décoller leur rémunération du SMIC et certaines d’entre-elles peuvent même rendre difficile l’exercice concret de droits comme les absences justifiées. Seules la réhabilitation politique des cotisations sociales et la promotion d’une véritable négociation collective de branche permettront de sortir les employés de leur destin de smicard pour leur reconnaître pleinement ce qu’ils sont déjà en substance : des salariés qualifiés.

Au delà de son propre salaire, il importe de lutter pour le salaire des autres, et en particulier les salaires les plus faibles. En augmentant les petits salaires, donc les cotisations sociales associées, on augmente finalement notre salaire global mutualisé !

vendredi 27 janvier 2012

un autre regard sur la crise financière

Gaël Giraud est une personne atypique : docteur en mathématiques appliquées, ancien trader, économiste, chercheur au CNRS, jésuite.

Il nous livre dans la retranscription de sa conférence intitulée un regard chrétien sur la crise financière son analyse de la crise financière que nous traversons.

mercredi 11 janvier 2012

se préparer au pire

En septembre 2011, Jacques Attali invitait à se préparer au pire, pour l’éviter.

Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer, de ne pas y penser.

Il proposait alors un déroulement en dix étapes. Quatre mois plus tard, son intuition ne semble toujours pas démentie par les faits.

Reste à déterminer quelle est l'étape que nous traversons actuellement...

vendredi 6 janvier 2012

le trilemme de Rodrik

Un article des Echos intitulé du dilemme qu’impose le triple A au trilemme de Rodrik soutien qu'il n'est pas possible qu'il existe simultanément les trois éléments suivants :

  • une intégration économique et financière poussée (libre échange, flux de capitaux, monnaie unique),
  • des états-nations souverains et
  • la démocratie.

le trilemme de Rodrik

En suivant la thèse de Dani Rodrik, on peut donc se poser la question de savoir si les trois éléments sont présents (à l'échelle de la France, de l'Europe ou de tout autre pays) et quelle est leur dynamique d'évolution.

Avec la commission européenne, la BCE, l'OMC et le FMI, on constate que l'intégration économique et financière est chaque jour un peu plus poussée. L'augmentation du commerce international, des flux financiers et de la vitesse de ces flux financiers en est l'indicateur.

Le bourbier dans lequel patauge l'Union Européenne met en lumière les craintes des pays de l'Union Européenne de renoncer à leur souveraineté pour la transférer à l'Union Européenne. Les pays membres de l'Union Européenne ne semblent pas prêt à abandonner leur souveraineté.

En conséquence, c'est bien la démocratie qui semble pâtir du chemin pris par la construction européenne et la mondialisation.

Alors si la mondialisation met en danger la démocratie, est-ce que la dé-mondialisation signifie la re-démocratisation ?

vendredi 21 octobre 2011

euro : en sortir ou pas ?

Dans son article intitulé euro : en sortir ou pas ?, Michel Husson analyse les points forts et les points faibles de la zone euro et de son histoire.

Il commence par un rapide résumé de la crise que nous traversons :

Le déroulement de la crise peut se résumer de manière simple: le capitalisme s’est reproduit durant les deux décennies précédant la crise en accumulant une montagne de dettes. Pour éviter l’effondrement du système, les Etats ont repris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de privées, sont devenues publiques. Leur projet est dorénavant de présenter la facture aux citoyens sous forme de coupes budgétaires, d’augmentation des impôts les plus injustes et de gel des salaires. En résumé la majorité de la population (travailleurs et retraités) doit assurer la réalisation de profits fictifs accumulés durant de longues années.

Et remet aussitôt en cause l'histoire de l'Europe et la base sur laquelle l'espace économique a été fondé :

Le ver était dans le fruit. Vouloir construire un espace économique avec une monnaie unique, mais sans budget, n’était pas un projet cohérent. Une union monétaire tronquée devient une machine à fabriquer de l’hétérogénéité et de la divergence. Les pays connaissant une inflation supérieure à la moyenne perdent en compétitivité, sont incités à fonder leur croissance sur le surendettement.

Selon Michel Husson, la solution a cette crise passe par un autre partage des richesses. Il point en effet le fait que la part des salaires dans le PIB de la France n'a cessé de baisser depuis 1980 (voir aussi l'article intitulé partage des richesses, la question taboue) :

Le principe essentiel, c’est la satisfaction optimale des besoins sociaux. Le point de départ est donc la répartition des richesses. Du point de vue capitaliste, la sortie de crise passe par une restauration de la rentabilité et donc par une pression supplémentaire sur les salaires et l’emploi.

Mais c’est la part du revenu national ponctionnée sur les salaires qui a nourri les bulles financières. Et ce sont les contre-réformes néolibérales qui ont creusé les déficits, avant même l’éclatement de la crise.

L’équation est donc simple: on ne sortira pas de la crise par le haut sans une modification significative de la répartition des revenus. Cette question vient avant celle de la croissance. Certes, une croissance plus soutenue serait favorable à l’emploi et aux salaires (encore faut-il en discuter le contenu d’un point de vue écologique) mais, de toute manière, on ne peut pas tabler sur cette variable si, en même temps, la répartition des revenus devient de plus en plus inégalitaire.

Il faut donc prendre en tenailles les inégalités: d’un côté par l’augmentation de la masse salariale, de l’autre par la réforme fiscale. La remise à niveau de la part des salaires pourrait suivre une règle des trois tiers: un tiers pour les salaires directs, un tiers pour le salaire socialisé (la protection sociale) et un tiers pour la création d’emplois par réduction du temps de travail. Cette progression se ferait au détriment des dividendes, qui n’ont aucune justification économique, ni utilité sociale.

Il envisage ensuite la possibilité d'une sortie de l'euro :

Quel serait l’avantage d’une sortie de l’euro? L’argument principal est qu’il rendrait possible une dévaluation de la nouvelle monnaie qui rétablirait la compétitivité du pays concerné. Il redonnerait à la Banque centrale la possibilité d’émettre de la monnaie afin de financer autrement son déficit. Les plus optimistes y voient un moyen de réindustrialiser une économie, d’atteindre une croissance plus élevée et de créer des emplois.

Mais repousse cette éventualité pour la raison que c'est une mesure non-coopérative :

Une dévaluation rend les produits d’un pays plus compétitifs, en tout cas à l’égard des pays qui ne dévaluent pas. Il faudrait donc que la sortie de l’euro ne concerne qu’un petit nombre de pays. C’est donc une solution nationale non coopérative où un pays cherche à gagner des parts de marché sur ses partenaires commerciaux.

En outre ce serait une mesure potentiellement dangereuse :

Un gouvernement de transformation sociale commettrait d’ailleurs une terrible erreur stratégique en commençant par sortir de l’euro, puisqu’il s’exposerait ainsi à toutes les mesures de rétorsion.

Et enfin, cette éventualité ne serait pas une protection contre un plan d'austérité :

C’est le fond de la question. La mondialisation et l’intégration européenne néolibérales renforcent le rapport de forces en faveur du capital. Mais il n’est pas possible d’en faire la cause unique, comme si un meilleur partage des richesses pouvait s’établir spontanément, à l’intérieur de chaque pays, à la seule condition de prendre des mesures protectionnistes. Laisser croire que la sortie de l’euro pourrait en soi améliorer le rapport de forces en faveur des travailleurs est au fond l’erreur d’analyse fondamentale. Il suffit pourtant de considérer l’exemple britannique : la livre sterling ne fait pas partie de l’euro, mais cela ne met pas la population à l’abri d’un plan d’austérité parmi les plus brutaux en Europe.

Au final, Michel Husson prône plutôt une stratégie de refondation de l'Europe :

Le choix semble donc être entre une aventure hasardeuse et une harmonisation utopique. La question politique centrale est alors de sortir de ce dilemme. Pour essayer d’y répondre, il faut travailler la distinction entre les fins et les moyens. L’objectif d’une politique de transformation sociale, c’est, encore une fois, d’assurer à l’ensemble des citoyens une vie décente dans toutes ses dimensions (emploi, santé, retraite, logement, etc.). L’obstacle immédiat est la répartition des revenus qu’il faut modifier à la source (entre profits et salaires) et corriger au niveau fiscal. Il faut donc prendre un ensemble de mesures visant à dégonfler les revenus financiers et à réaliser une réforme fiscale radicale. Ces enjeux passent par la mise en cause des intérêts sociaux dominants, de leurs privilèges, et cet affrontement se déroule avant tout dans un cadre national. Mais les atouts des dominants et les mesures de rétorsion possibles dépassent ce cadre national : on invoque immédiatement la perte de compétitivité, les fuites de capitaux et la rupture avec les règles européennes.

La seule stratégie possible doit alors s’appuyer sur la légitimité des solutions progressistes, qui résulte de leur caractère éminemment coopératif. Toutes les recommandations néo-libérales renvoient en dernière instance à la recherche de la compétitivité: il faut baisser les salaires, réduire les « charges » pour, en fin de compte, gagner des parts de marché. Comme la croissance sera faible dans la période ouverte par la crise en Europe, le seul moyen pour un pays de créer des emplois, sera d’en prendre aux pays voisins, d’autant plus que la majorité du commerce extérieur des pays européens se fait à l’intérieur de l’Europe. C’est vrai même pour l’Allemagne (premier ou deuxième exportateur mondial avec la Chine), qui ne peut compter sur les seuls pays émergents pour tirer sa croissance et ses emplois. Les sorties de crise néo-libérales sont donc par nature non coopératives: on ne peut gagner que contre les autres, et c’est d’ailleurs le fondement de la crise de la construction européenne.

La grande qualité de cet article de Michel Husson est d'ouvrir le débat :

Le débat ne peut être enfermé dans une opposition entre anti-libéraux et anti-capitalistes. Cette distinction a évidemment un sens, selon que le projet est de débarrasser le capitalisme de la finance ou de nous débarrasser du capitalisme. Mais cette tension ne devrait pas empêcher de faire un long chemin ensemble, tout en menant ce débat. Le «programme commun» pourrait reposer ici sur la volonté d’imposer d’autres règles de fonctionnement au capitalisme. Et c’est bien la ligne de partage entre la gauche radicale de rupture et le social-libéralisme d’accompagnement. La tâche prioritaire aujourd’hui est en tout cas, pour la gauche radicale, de construire un horizon européen commun, qui serve de base à un véritable internationalisme.

Prenez quelques minutes pour lire dans son intégralité l'article intitulé euro : en sortir ou pas ?, un article à lire et à relire.

jeudi 4 août 2011

les mensonges du lobby de l’atome

Le militant Takashi Hirose dresse un sévère réquisitoire contre les fournisseurs d’électricité. Dans son article intitulé les mensonges du lobby de l’atome, il leur reproche de dissimuler la vérité sur le coût de l'énergie nucléaire et de réaliser des bénéfices en monopolisant les réseaux de l’archipel.

Encore une fois, énergie nucléaire et transparence de l'information ne font vraisemblablement pas bon ménage.

mardi 2 août 2011

bonnet d’âne pour le FMI

L'article du Monde Diplomatique intitulé bonnet d’âne pour le FMI fait suite à la publication d'un rapport accablant publié en mai 2011 par le bureau indépendant d’évaluation du FMI.

Quand les conclusions précèdent l'étude, c'est l'institution elle-même qu'il faut remettre en question...

lundi 1 août 2011

chantage à Washington

Dans un court article intitulé chantage à Washington, Serge Halimi nous donne un aperçu des négociations actuellement tenues aux États-Unis au sujet l'équilibre budgétaire fédéral pour les années à venir et jusqu'en 2050.

Le 5 avril dernier, M. Paul Ryan, président de la commission budgétaire de la Chambre des représentants, a d’ailleurs détaillé les projets des républicains pour les décennies à venir. Son plan prévoit que les dépenses publiques, actuellement égales à 24 % du produit intérieur brut (PIB), n’atteindront plus que 14,75 % du PIB en 2050, le taux d’imposition maximal passant de 35 % à 25 % (niveau le plus bas depuis 1931). Toutes les niches fiscales des privilégiés seraient préservées, mais les remboursements de santé destinés aux personnes âgées et aux pauvres seraient gelés.

A supposer que les États-Unis ont quelques années d'avance sur l'Europe en terme de régression sociale, cet aperçu n'est pas de nature à rassurer.

vendredi 8 juillet 2011

les paradis fiscaux en 7 vers illustrés

Si vous entendez souvent parler des paradis discaux mais que vous n'y comprenez rien, prenez quelques minutes pour lire l'article intitulé les paradis fiscaux en 7 vers illustrés.

lundi 9 mai 2011

la TVA est-elle juste ?

Les taxes indirectes (telles que la TVA) représentent près de 17% des revenus des plus démunis, deux fois plus que pour les ménages les plus aisés.

Alors que dans le cas des impôts "progressifs" (l’impôt sur le revenu en particulier) le taux augmente avec le niveau de vie, dans le cas des taxes indirectes, il diminue.

A la lumière de ces éléments, on peut légitimement se poser la question : la TVA est-elle juste ?

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