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Tag - énergie

Fil des billets

mercredi 25 juin 2008

l'EIA réduit sa prévision de production de pétrole pour 2010

Ce billet est à mettre en parallèle avec un billet précédent : la production mondiale de pétrole a décliné de 0,2% en 2007.

Morceaux choisis d'une dépêche de l'agence Reuter :

Dans ses nouvelles prévisions à long terme, le département statistique du ministère américain de l'Energie a réduit de 1,1 million de barils par jour (bpj) son estimation de la production pétrolière hors-Opep en 2010, la ramenant de 51,8 à 50,7 millions de bpj.

Donc les pays producteurs de pétrole hors-OPEP vont produire moins de pétrole que prévu.

Son estimation de la production Opep pour la même année est réduite de 400.000 bpj, à 37,4 millions de bpj.

Donc les pays producteurs de pétrole de l'OPEP vont aussi produire moins de pétrole que prévu.

L'Arabie saoudite devrait rester le premier producteur mondial en 2030 en dépit d'une baisse de ses pompages à 13,7 millions de bpj, contre 16,4 millions selon le rapport 2007 de l'EIA.

La production de l'Arabie Saoudite, premier producteur de pétrole au monde, va aller en diminuant. L'article ne dit pas si c'est structurel ou conjoncturel. C'est pourtant un point essentiel car c'est ce qui permet de déterminer si l'Arabie Saoudite a passé son peak oil (structurel) où s'il suffirait d'investir un peu plus dans la prospection et l'exploitation du pétrole pour en produire un peu plus (conjoncturel).

Elle ajoute que la consommation mondiale d'énergie devrait augmenter de 50% d'ici 2030.

Mais bon, tout va bien, la consommation va augmenter sans aucun problème lié à la production...

Quel grand média sera le premier à évoquer le peak oil ? Je n'ai aucune certitude quant à la date probable du peak oil (passée, présente ou future), mais je trouve étrange que les médias et les agences de l'énergie ne l'évoquent pas dans leurs communiqués.

Lu sur Yahoo.

vendredi 20 juin 2008

l'énergie nucléaire gage de l'indépendance énergétique de la France ?

L'indépendance énergétique est l'un des arguments majeurs invoqués pour justifier le choix de France d'utiliser l'énergie nucléaire à grande échelle pour la production d'électricité.

Si cet état de fait permet à la France d'être relativement moins dépendant du pétrole, du charbon et du gaz - massivement importés - l'argument comporte cependant plusieurs failles.

  • L'énergie électrique est une énergie très utile dans notre société technologique, elle est cependant incapable de remplacer les hydrocarbures pour certains usages essentiels tels que les transports. La France peut ainsi réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis du pétrole mais sera incapable de s'en passer totalement.
  • L'indépendance énergétique est illusoire dans la mesure où la France ne disposait que de 0.5 % des réserves prouvés d'uranium en 1999 comme le montre cette carte. La France est donc fortement dépendante de ses importations d'uranium.
  • L'énergie nucléaire réside dans l'uranium qui est une ressource naturelle limitée. Comme toute ressource naturelle non renouvelable, l'uranium est soumis aux mêmes limites que les hydrocarbures.

L'Energy Watch Group estime que :

  • une pénurie d'uranium se produira dès 2015
  • la production atteindra son maximum en 2025
  • aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040
  • le prix de l'uranium a été multiplié par dix en quatre ans
  • le coût du combustible prend une importance croissante dans le coût de l'électricité nucléaire.

L'indépendance énergétique de la France est donc toute relative et l'énergie nucléaire ne constitue pas la source d'énergie miracle qui nous sortira de l'impasse énergétique dans laquelle nous nous trouvons.

Un dossier assez complet sur l'uranium est disponible sur le site de Futura Sciences.

lundi 16 juin 2008

Yves Cochet : la plus grande épreuve qu’ait jamais affrontée l’humanité

Conférence d’Yves Cochet pour le collectif parisien pour la décroissance, à Paris, le 22 mai 2008.

Dans la première partie de son intervention, Yves Cochet rappelle les fondamentaux sur le poids de l’énergie fossile, 85% du total, et la perspective du pic énergétique, vraisemblablement bien plus proche que les projections jusqu’alors optimistes de l’AIE ne le prévoient.

Il passe ensuite en revue les impacts de la crise de l’énergie qui s’annonce sur tous les aspects de notre vie, de l’activité économique aux transports, à l’habitat et l’alimentation.

Le temps va nous manquer, avertit-il, pour procéder à la reconversion de nos sociétés, dont le modèle de croissance est indissociable d’une énergie bon marché toujours plus abondante.

Yves Cochet suggère quatre axes de transformation :

  • autosuffisance locale et régionale
  • décentralisation géographique des pouvoirs
  • relocalisation économique
  • planification concertée et quotas

La conférence est disponible en vidéo, en 2 parties de 50 minutes chacune.

mercredi 11 juin 2008

la production mondiale de pétrole a décliné de 0,2% en 2007

La production mondiale de pétrole a décliné de 0,2% en 2007, selon BP.

Tony Hayward, le directeur général de BP, a récemment présenté ce rapport.

Morceaux choisis de l'article :

Ce déclin de la production mondiale de pétrole, le premier depuis 2002, est dû, selon le groupe pétrolier britannique, à une baisse de la production de l'Opep sur l'année, accompagnée d'une très faible croissance de la production hors-Opep.

"La production de l'Opep a baissé de 350.000 barils par jour, du fait de l'impact cumulé des réductions de production mises en place en novembre 2006 et en février 2007", précise le rapport.

Par ailleurs, "la croissance de la production est restée faible hors-Opep, avec une progression d'un peu plus de 200.000 barils seulement en 2007", ajoute BP. Le groupe pétrolier a observé en particulier une chute de la production de l'OCDE "pour la cinquième année d'affilée".

L'essentiel de la croissance de l'offre hors-Opep a été assuré par la Russie et l'Azerbaïdjan, qui ont chacun fourni plus de 200.000 barils supplémentaires en 2007.

Et plus loin :

Les réserves mondiales de pétrole sont restées inchangées en 2007, à 1.240 milliards de barils, a par ailleurs estimé BP. "Elles suffisent à produire au niveau actuel pendant 41 ans", précise le rapport.

Ou encore :

"Les facteurs politiques, les barrières à l'entrée, une fiscalité élevée, tout cela joue. En d'autres termes, dès lors qu'il s'agit de produire plus de pétrole, les problèmes se situent au-dessus du sol, pas dans le sous-sol. Ils ne sont pas géologiques mais politiques", a-t-il souligné.

Un rapide décryptage fait ressortir quelques arguments plus ou moins percutants :

  • l'OPEP (43% de la production mondiale et 78% des réserves estimées) produit moins de pétrole,
  • l'OCDE produit moins de pétrole,
  • la Russie et l'Azerbaïdjan sont presque les seuls à voir leur production augmenter (qui sont les autres ?)
  • les réserves (lesquelles ? prouvées ? estimées ? possibles ?) n'augmentent pas mais ne diminuent pas (quel équilibre parfait entre la consommation et les découvertes !),
  • les limitations de la production ne sont pas économiques mais répondent uniquement à des problématiques politiques, économiques et fiscales.

Ce n'est pas encore cette fois-ci qu'un média grand public évoquera le pic de pétrole, mais il évoque déjà une baisse de la production. C'est déjà un progrès. Même si les motifs évoqués dans cet article laissent étrangement de côté les contraintes physiques et géologiques, on peut saluer le fait que la problématique énergétique entre un peu plus dans la vie quotidienne de chacun et l'inconscient collectif.

Ce qui est plus inquiétant, c'est de constater que le charbon occupe une part de plus en plus importante dans la consommation énergétique mondiale :

Le charbon a été, pour la quatrième année consécutive, l'énergie progressant le plus dans le monde. Sa consommation a bondi de 4,5% en 2007, de façon quasi uniforme.

Lu sur Yahoo.

mardi 10 juin 2008

privatisation de l'électricité et du gaz naturel

En ce moment, les factures de EDF et de GDF sont accompagnées d'un triptyque émanant de la commission de régulation de l’énergie expliquant que désormais, je peux choisir mon fournisseur d'électricité et mon fournisseur de gaz naturel.

En parcourant ce document, on tombe sur la question la plus intéressante : quels sont les avantages pour le consommateurs ? En effet, la distribution de l'électricité et du gaz naturel était jusqu'en juin 2007 un service public, qui rendait service au public. Il serait donc logique que la privatisation de cette activité se trouve justifiée par un argumentaire solide et convainquant. Et bien non, il n'en est rien. Extrait :

Quels sont les avantages pour le consommateur ?

La législation française vous permet désormais de choisir l'offre et le fournisseur d'énergie en fonction de vos besoins.

L'ouverture complète des marchés de l'énergie permettra le développement d'offres nouvelles, originales, répondant aux besoins des consommateurs.

Bon. En réalité le service rendu est le même qu'avant, y'a juste l'offre commerciale qui change.

Continuons un peu notre lecture :

La qualité du courant électrique et du gaz risque-t-elle de changer ?

Non, la qualité et la continuité de fourniture sont garanties par le gestionnaire de réseau de distribution chargé de l'acheminement de l'énergie jusqu'à votre habitation. Elles ne dépendent donc pas du fournisseur que vous choisissez.

Ca se confirme, en choisissant un autre fournisseur, j'aurais la même électricité et le même gaz qu'avant. En cas de problème urgent, je fais appel au même gestionnaire de réseau quel que soit mon fournisseur. Pourquoi alors en changer ?

Pour un meilleur prix ?

Le gouvernement se garde bien de mettre l'argument du prix en avant, il se garde bien de le mentionner tout court. Et il a raison quand on sait quelle a été l'évolution du prix de l'énergie dans les autres pays de l'union européenne suite à la privatisation de l'électricité et du gaz : une augmentation sensible des prix dans les années qui suivent.

Alors bien sûr EDF autant que GDF nous promettent un prix garanti jusqu'au 1er juillet 2009. Mais après ? Et bien après il peut augmenter selon le bon vouloir du fournisseur, dans les limites des conditions du contrat signé par le client. Et quand on voit l'évolution du prix de l'énergie ces derniers mois, on se dit qu'il est peu probable que les prix se maintiennent...

Un électron vaut bien un autre électron, comme une molécule de gaz naturel vaut une autre molécule de gaz naturel. Pourquoi alors vouloir changer de fournisseur d'électricité ou de gaz naturel ? Je m'interroge encore...

lundi 26 mai 2008

fin du pétrole : il n'y a aucun plan b

Rien à ajouter au très bon article de biodivers.fr : fin du pétrole : il n'y a aucun plan b.

Le paragraphe sur l'évolution de la production de pétrole est à mettre en parallèle avec un article précédent : la production d'or noir n'augmentera plus.

dimanche 25 mai 2008

pétrole, économie et inflation

Depuis quelques mois, les Français se plaignent de l'inflation et de la diminution de leur pouvoir d'achat. Sans vouloir polémiquer sur la question du pouvoir d'achat, la question de l'inflation peut s'expliquer en grande partie par l'augmentation du coût du pétrole.

Et les Français sont en train de découvrir - sans toutefois en avoir vraiment conscience - que leur société est étroitement dépendante du pétrole, et donc de son cours...

cours du brent depuis 1990

Le coût du baril de brent affiche depuis plusieurs années déjà une augmentation forte, qu'est-ce qui pourrait stopper cette tendance ?

Aucun média ne parle de choc pétrolier, ne tente d'en expliquer la cause ou d'en prévoir l'évolution pour les mois et années à venir. Mais au risque de déplaire, cette augmentation n'est pas terminée !

jeudi 7 février 2008

l'efficacité du protocole de Kyoto est discutable

Les mécanismes mis en place en vue de l'application du protocole de Kyoto apparaissent de plus en plus comme des machines financières destinées à faire du profit et de la spéculation, et de moins en moins comme des outils ayant comme véritable objectif la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs dysfonctionnements graves sont évoqués dans cet article du Monde Diplomatique.

De par ses objectifs, le protocole de Kyoto ne pouvait au mieux que rester symbolique.

Le retrait des Etats-Unis, à l’issue d’un vote au cours duquel près d’une centaine de sénateurs américains se sont prononcés contre la ratification (et aucun pour...), a fait chuter à 40 % des émissions mondiales le gisement de gaz à effet de serre (GES) ciblé. L’engagement global de réduction de 5,2 % par rapport au niveau de 1990, à l’horizon 2012, contenu dans le protocole, correspondait donc à une baisse de 2 % des rejets annuels de GES sur la planète. Si l’on ajoute qu’au moment où se négociaient les modalités de mise en œuvre les émissions étaient déjà inférieures de 4,8 % à celles de 1990 (3), l’ambition réelle se limite à une diminution de 0,16 % des tonnages de GES rejetés dans l’atmosphère (4) ! Ce chiffre n’apparaît bien sûr nulle part dans les communications officielles tant il peut paraître ridicule comparé aux enjeux.

N'est-il pas temps de prendre des mesures plus drastiques ?

jeudi 6 décembre 2007

la production d'or noir n'augmentera plus

La production d'or noir n'augmentera plus, c'est pas moi qui le dit, c'est Sadad Al-Husseini, l'ex-n°2 du pétrole saoudien.

L'article en question est paru dans le Monde.

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