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Tag - crise financière

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jeudi 1 mars 2012

contre l’oligarchie, la finance, les médias : que faire ?

François Ruffin vient de publier un article en trois parties intitulé contre l’oligarchie, la finance, les médias : que faire ? (partie 2, partie 3).

Il souhaite, par cet article, apporter un début de réponse à une question récurrente : comment faire, alors, pour leur retirer le pouvoir ?. Il commence par indiquer que ne pas faire, les pièges à esquiver et les erreurs à éviter.

Que ne pas faire ?

  • Attendre l’écroulement,
  • attendre la fin du pétrole,
  • attendre la Révolution,
  • attendre que ça pète,
  • cracher sur les syndicats,
  • cracher sur les partis,
  • miser sur les petites solutions locales,
  • refuser le cadre national,
  • miser sur la grande solution globale,
  • miser sur la consommation citoyenne.

Puis il poursuit sur une esquisse de pistes à explorer.

Que faire ?

  • Se rassembler,
  • s'élever au-dessus de l’époque.

La suite est à écrire ensemble !

mardi 28 février 2012

leur dette, notre démocratie

En janvier de l'année 2012, Frédéric Lordon intervenait lors du colloque co-organisé par Attac et Médiapart. son intervention intitulée leur dette, notre démocratie a été retranscrite et vous permet de constater que le point de vue de Frédéric Lordon n'est pas optimiste.

En août 2011, il affirmait que la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. Dorénavant, il estime que le remède à la crise démocratique européenne est un soulèvement ou la table rase par l'effondrement financier.

Aussi bien qu'il n'existe pas qu'une seule Europe possible, Frédéric Lordon estime qu'il n'existe pas qu'une seule mondialisation possible. Il peut exister un repli nationaliste, xénophobe ou haineux tout autant qu'un protectionnisme heureux et vertueux. Il peut exister une mondialisation moins disante et concurrentielle tout autant qu'une mondialisation solidaire et responsable.

Il invite à cesser de considérer les cadres européens et internationaux comme les seuls autorisés et le cadre national comme honnis. La souveraineté du peuple doit pouvoir s'appliquer dans le cadre où sont décidées et appliquées les lois, quel que soit le cadre considéré. Dans le cas contraire, le cadre en question doit immédiatement être jugé comme illégitime.

C'est l'essence même de la démocratie qui se joue dans cette crise.

vendredi 27 janvier 2012

un autre regard sur la crise financière

Gaël Giraud est une personne atypique : docteur en mathématiques appliquées, ancien trader, économiste, chercheur au CNRS, jésuite.

Il nous livre dans la retranscription de sa conférence intitulée un regard chrétien sur la crise financière son analyse de la crise financière que nous traversons.

mercredi 18 janvier 2012

le commencement de la fin

Quand Frédéric Lordon intitule son article le commencement de la fin, c'est qu'il est temps d'interrompre les déclarations tonitruantes d'optimiste et de regarder la situation en face.

Alors que d'autres affirmeront un mois plus tard qu'il vaut mieux se préparer au pire (même si c'est pour l'éviter), Frédéric Lordon affirme que la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler.

Maintenant que sont bruyamment signifiées, à propos du cas a priori le plus favorable, l’impossibilité de le régler dans un horizon de moyen terme et l’injonction sans appel d’aller se jeter dans l’impasse de l’austérité, la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. C’est sous cette perspective qu’il est plus judicieux de reformuler le problème général de la dette – mais évidemment en de tout autres termes : la mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé.

Ensuite, l'outil de secours mis en place par l'Union européenne, le FESF n'est vraiment pas à la hauteur du péril qui vient.

Il faut s’y faire : les ruines fumantes, l’insuffisance générale des dynamiques politiques européennes, nous y conduit tout droit. Si l’Espagne et l’Italie basculent, adieu Berthe ! L’EFSF saute comme un bouchon de champagne, la spéculation se déchaîne contre toutes les dettes souveraines, plus aucun dispositif ne peut l’enrayer, une série de défauts importants devient quasi-certaine, les systèmes bancaires européens, puis étasunien, s’écroulent dans un fracas qui fera passer la chute de Lehman pour une animation d’ambiance. Rendu à cette extrémité, il n’y a plus qu’une voie de recours : on ne sortira de pareil effondrement que par une opération de création monétaire inouïe et tout ça se finira dans un océan de liquidités.

Enfin, il estime que le lobby de la finance ne se rendra pas de lui-même, mais qu'il succombera des conséquences de son essence même plutôt que d'un mouvement insurrectionnel.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré. A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine, avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

Une fois le système à terre, il sera alors temps d'en reconstruire un autre. D'où l'importance de diffuser les idées et de les maintenir en vie pour qu'elles soient prêtes à germer le moment venu, lorsque le printemps sera là.

mercredi 11 janvier 2012

se préparer au pire

En septembre 2011, Jacques Attali invitait à se préparer au pire, pour l’éviter.

Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer, de ne pas y penser.

Il proposait alors un déroulement en dix étapes. Quatre mois plus tard, son intuition ne semble toujours pas démentie par les faits.

Reste à déterminer quelle est l'étape que nous traversons actuellement...

mardi 8 novembre 2011

ceci n'est pas une crise

Ceci n'est pas une crise, ou alors elle est écologique !

Les faits racontent que la richesse mondiale, elle, progresse sans cesse, que l'humanité n'a jamais été aussi riche qu'en ce moment. Ce qui signifie, concrètement, qu'il n'y a aucune crise économique en cours. Ce qui signifie, concrètement, que toute politique visant à réduire encore un peu plus les moyens de subsistance d'une partie de plus en plus importante de la population mondiale est une politique délibérée de paupérisation à grande échelle, une politique de création artificielle d'inégalités insupportables, une politique de confiscation des ressources du plus grand nombre pour le profit de quelques-uns.

La conclusion de cet article intitulé effet ciseau donne à réfléchir...

vendredi 21 octobre 2011

euro : en sortir ou pas ?

Dans son article intitulé euro : en sortir ou pas ?, Michel Husson analyse les points forts et les points faibles de la zone euro et de son histoire.

Il commence par un rapide résumé de la crise que nous traversons :

Le déroulement de la crise peut se résumer de manière simple: le capitalisme s’est reproduit durant les deux décennies précédant la crise en accumulant une montagne de dettes. Pour éviter l’effondrement du système, les Etats ont repris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de privées, sont devenues publiques. Leur projet est dorénavant de présenter la facture aux citoyens sous forme de coupes budgétaires, d’augmentation des impôts les plus injustes et de gel des salaires. En résumé la majorité de la population (travailleurs et retraités) doit assurer la réalisation de profits fictifs accumulés durant de longues années.

Et remet aussitôt en cause l'histoire de l'Europe et la base sur laquelle l'espace économique a été fondé :

Le ver était dans le fruit. Vouloir construire un espace économique avec une monnaie unique, mais sans budget, n’était pas un projet cohérent. Une union monétaire tronquée devient une machine à fabriquer de l’hétérogénéité et de la divergence. Les pays connaissant une inflation supérieure à la moyenne perdent en compétitivité, sont incités à fonder leur croissance sur le surendettement.

Selon Michel Husson, la solution a cette crise passe par un autre partage des richesses. Il point en effet le fait que la part des salaires dans le PIB de la France n'a cessé de baisser depuis 1980 (voir aussi l'article intitulé partage des richesses, la question taboue) :

Le principe essentiel, c’est la satisfaction optimale des besoins sociaux. Le point de départ est donc la répartition des richesses. Du point de vue capitaliste, la sortie de crise passe par une restauration de la rentabilité et donc par une pression supplémentaire sur les salaires et l’emploi.

Mais c’est la part du revenu national ponctionnée sur les salaires qui a nourri les bulles financières. Et ce sont les contre-réformes néolibérales qui ont creusé les déficits, avant même l’éclatement de la crise.

L’équation est donc simple: on ne sortira pas de la crise par le haut sans une modification significative de la répartition des revenus. Cette question vient avant celle de la croissance. Certes, une croissance plus soutenue serait favorable à l’emploi et aux salaires (encore faut-il en discuter le contenu d’un point de vue écologique) mais, de toute manière, on ne peut pas tabler sur cette variable si, en même temps, la répartition des revenus devient de plus en plus inégalitaire.

Il faut donc prendre en tenailles les inégalités: d’un côté par l’augmentation de la masse salariale, de l’autre par la réforme fiscale. La remise à niveau de la part des salaires pourrait suivre une règle des trois tiers: un tiers pour les salaires directs, un tiers pour le salaire socialisé (la protection sociale) et un tiers pour la création d’emplois par réduction du temps de travail. Cette progression se ferait au détriment des dividendes, qui n’ont aucune justification économique, ni utilité sociale.

Il envisage ensuite la possibilité d'une sortie de l'euro :

Quel serait l’avantage d’une sortie de l’euro? L’argument principal est qu’il rendrait possible une dévaluation de la nouvelle monnaie qui rétablirait la compétitivité du pays concerné. Il redonnerait à la Banque centrale la possibilité d’émettre de la monnaie afin de financer autrement son déficit. Les plus optimistes y voient un moyen de réindustrialiser une économie, d’atteindre une croissance plus élevée et de créer des emplois.

Mais repousse cette éventualité pour la raison que c'est une mesure non-coopérative :

Une dévaluation rend les produits d’un pays plus compétitifs, en tout cas à l’égard des pays qui ne dévaluent pas. Il faudrait donc que la sortie de l’euro ne concerne qu’un petit nombre de pays. C’est donc une solution nationale non coopérative où un pays cherche à gagner des parts de marché sur ses partenaires commerciaux.

En outre ce serait une mesure potentiellement dangereuse :

Un gouvernement de transformation sociale commettrait d’ailleurs une terrible erreur stratégique en commençant par sortir de l’euro, puisqu’il s’exposerait ainsi à toutes les mesures de rétorsion.

Et enfin, cette éventualité ne serait pas une protection contre un plan d'austérité :

C’est le fond de la question. La mondialisation et l’intégration européenne néolibérales renforcent le rapport de forces en faveur du capital. Mais il n’est pas possible d’en faire la cause unique, comme si un meilleur partage des richesses pouvait s’établir spontanément, à l’intérieur de chaque pays, à la seule condition de prendre des mesures protectionnistes. Laisser croire que la sortie de l’euro pourrait en soi améliorer le rapport de forces en faveur des travailleurs est au fond l’erreur d’analyse fondamentale. Il suffit pourtant de considérer l’exemple britannique : la livre sterling ne fait pas partie de l’euro, mais cela ne met pas la population à l’abri d’un plan d’austérité parmi les plus brutaux en Europe.

Au final, Michel Husson prône plutôt une stratégie de refondation de l'Europe :

Le choix semble donc être entre une aventure hasardeuse et une harmonisation utopique. La question politique centrale est alors de sortir de ce dilemme. Pour essayer d’y répondre, il faut travailler la distinction entre les fins et les moyens. L’objectif d’une politique de transformation sociale, c’est, encore une fois, d’assurer à l’ensemble des citoyens une vie décente dans toutes ses dimensions (emploi, santé, retraite, logement, etc.). L’obstacle immédiat est la répartition des revenus qu’il faut modifier à la source (entre profits et salaires) et corriger au niveau fiscal. Il faut donc prendre un ensemble de mesures visant à dégonfler les revenus financiers et à réaliser une réforme fiscale radicale. Ces enjeux passent par la mise en cause des intérêts sociaux dominants, de leurs privilèges, et cet affrontement se déroule avant tout dans un cadre national. Mais les atouts des dominants et les mesures de rétorsion possibles dépassent ce cadre national : on invoque immédiatement la perte de compétitivité, les fuites de capitaux et la rupture avec les règles européennes.

La seule stratégie possible doit alors s’appuyer sur la légitimité des solutions progressistes, qui résulte de leur caractère éminemment coopératif. Toutes les recommandations néo-libérales renvoient en dernière instance à la recherche de la compétitivité: il faut baisser les salaires, réduire les « charges » pour, en fin de compte, gagner des parts de marché. Comme la croissance sera faible dans la période ouverte par la crise en Europe, le seul moyen pour un pays de créer des emplois, sera d’en prendre aux pays voisins, d’autant plus que la majorité du commerce extérieur des pays européens se fait à l’intérieur de l’Europe. C’est vrai même pour l’Allemagne (premier ou deuxième exportateur mondial avec la Chine), qui ne peut compter sur les seuls pays émergents pour tirer sa croissance et ses emplois. Les sorties de crise néo-libérales sont donc par nature non coopératives: on ne peut gagner que contre les autres, et c’est d’ailleurs le fondement de la crise de la construction européenne.

La grande qualité de cet article de Michel Husson est d'ouvrir le débat :

Le débat ne peut être enfermé dans une opposition entre anti-libéraux et anti-capitalistes. Cette distinction a évidemment un sens, selon que le projet est de débarrasser le capitalisme de la finance ou de nous débarrasser du capitalisme. Mais cette tension ne devrait pas empêcher de faire un long chemin ensemble, tout en menant ce débat. Le «programme commun» pourrait reposer ici sur la volonté d’imposer d’autres règles de fonctionnement au capitalisme. Et c’est bien la ligne de partage entre la gauche radicale de rupture et le social-libéralisme d’accompagnement. La tâche prioritaire aujourd’hui est en tout cas, pour la gauche radicale, de construire un horizon européen commun, qui serve de base à un véritable internationalisme.

Prenez quelques minutes pour lire dans son intégralité l'article intitulé euro : en sortir ou pas ?, un article à lire et à relire.

vendredi 8 juillet 2011

les paradis fiscaux en 7 vers illustrés

Si vous entendez souvent parler des paradis discaux mais que vous n'y comprenez rien, prenez quelques minutes pour lire l'article intitulé les paradis fiscaux en 7 vers illustrés.

jeudi 14 avril 2011

partage des richesses, partage du travail

Les attaques récurrentes contre les 35 heures françaises prennent souvent le prétexte que les travailleurs français travaillent moins que leurs homologues et que cela grèverait la compétitivité française.

Méfions nous des idées reçues, surtout de celles dont on ignore l'expéditeur.

Suivons les conseils de ce dicton et voyons si les attaques contre les 35 heures se basent sur des faits avérés.

Pierre Larrouturou, dans un article au titre très explicite : Non, il n'est pas vrai qu'on travaille moins en France qu'ailleurs, démontre que les Français ne sont pas moins travailleurs que les Étasuniens ou que les Allemands.

On peut au passage noter que les Français ont - sans le savoir - opté pour un partage du travail très inégal : d'un côté ceux qui ont un travail et qui travaillent beaucoup, d'un autre côté ceux qui sont au chômage et qui ne travaillent pas ou peu. Les Allemands ont opté pour une autre solution pendant la crise financière en 2009 : les entreprises allemandes ont choisi de diminuer le temps de travail de leurs salariés plutôt que d'en licencier certains et de laisser les autres à temps plein. Deux pays frontaliers, deux réponses politiques et sociales différentes.

Alternatives Economiques démonte également les idées reçues et les propos d'Hervé Novelli dans un article intitulé : 35 heures : les contresens d'Hervé Novelli. L'article montre clairement que le coût du travail est plus bas en France qu'en Allemagne.

La conclusion de l'article est éloquente :

Comme l'écrivait Jean-Claude Bayol dans un récent courrier des lecteurs d'Alternatives Economiques (numéro de janvier 2011), justement à propos des « grands médias » et des 35 heures : « Je suis au regret de constater que leurs journalistes laissent assez souvent dire n'importe quoi à leurs interviewés, sans les reprendre, ni au cours de l'entretien, ni dans un commentaire annexe. »

Plus que jamais, il importe de conserver sa capacité à douter et son esprit critique à la lecture de la presse.

vendredi 21 mai 2010

en route vers la grande dépression ?

Si le sujet de cet article adopte une forme interrogative, son auteur, Frédéric Lordon, semble avoir une petite idée de la réponse : l'attitude actuelle des gouvernements européens a pour effet d'entraîner doucement mais sûrement l'Europe vers une grande période de dépression.

Pour découvrir ce que Frédéric Lordon nous prédit pour la décennie à venir, allez lire l'article intitulé en route vers la grande dépression ? du Monde Diplomatique.

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