si, c'est vrai !

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mardi 9 février 2010

la prime à la casse écologique

La prime à la casse est souvent présentée comme une mesure à dimension écologique. En changeant de voiture pour un modèle plus récent, on dispose alors d'une voiture plus performante et moins polluante que la précédente. On a donc agit pour l'environnement. C'est du moins le discours officiel servi dans tous les médias.

Mais en réalité, cette prime à la casse est-elle aussi écologique et verte que cela ? Ce n'est pas l'avis de du journal Fakir qui publie un article démontant ce mythe et dévoilant que cette mesure est plutôt une mesure de soutien à l'industrie automobile qui ne veut pas dire son nom.

lundi 7 décembre 2009

le livre qui dynamite les idées reçues sur le travail

La France du travail, le livre qui dynamite les idées reçues sur le travail :

  • c'est la croissance qui crée l'emploi
  • la réduction du temps de travail est néfaste pour l'emploi
  • le marché du travail est trop rigide
  • le coût du travail est trop élevé
  • la sortie de crise est à portée de main

Pour assister au dynamitage de ces idées reçues, allez lire l'article sur le site de Michel Husson.

mercredi 7 octobre 2009

la démographie en question

Alors que la question démographique est très rarement abordées dans les média (car délicate à traiter), George Monbiot a récemment publié un article sur ce sujet : ce n’est pas la démographie des pauvres mais la consommation des super-riches qui menace la planète.

L'article évite le piège du malthusianisme idiot sans pour autant tomber dans l'angélisme et son propos se rapproche ainsi du livre d'Hervé Kempf : comment les riches détruisent la planète.

mardi 22 septembre 2009

la pensée magique

Pour Hervé Kempf, le scientisme [1] est une menace pour notre avenir dans la mesure où il nous amène à chercher notre salut dans toujours plus de science. La pensée magique évoquée par Hervé Kempf trouve son aspect magique dans la certitude que nos espoirs les plus improbables seront comblés par la science, car cette dernière est toute puissante.

Et si ces espoirs n'étaient qu'un pari sur le futur, une sorte d'inconscience incroyablement optimiste (et désespérée) ?

François Rabelais écrivait dès le 16ième siècle science sans conscience n'est que ruine de l'âme. N'allez cependant pas imaginer que progrès est néfaste par nature. Comprenez plutôt que le progrès a pour pré-requis la conscience, et donc la réflexion.

Notre salut n'est ni dans le plus, ni dans le moins, mais dans l'autrement.

Notes

[1] foi dans la toute-puissance des sciences

lundi 24 novembre 2008

le travail le dimanche

En septembre 2008, un institut de sondage a été mandaté pour mieux connaître l'avis des Français vis-à-vis de l'ouverture des magasins le dimanche. La méthodologie utilisée et le détail des résultats sont présentés dans le rapport publié par l'institut de sondage.

Le sondage est constitué de quatre questions :

  1. Personnellement, êtes-vous favorable à l'ouverture de magasins le dimanche ?
  2. Savez-vous qu'aujourd'hui la plupart des magasin n'ont pas le droit d'ouvrir le dimanche. Personnellement, êtes-vous favorable à un assouplissement de la législation sur ce sujet afin que des magasins puissent ouvrir le dimanche ?
  3. Si davantage de magasins étaient ouverts le dimanche, vous-même feriez-vous des courses dans ces magasins le dimanche ?
  4. Travailler le dimanche est payé davantage qu'en semaine. Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous ?

Les question portent sur les thèmes suivants :

  1. L'adhésion à l'ouverture des magasins le dimanche. Ce premier thème aborde le sujet dans sa globalité, sans positionner la question du point de vue du client ou du travailleur.
  2. L'adhésion à un assouplissement de la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche. Ce second thème aborde l'aspect règlementaire, sans positionner non plus la question ni du point de vue du client ou du travailleur.
  3. L'intention de fréquentation des magasins le dimanche. Ce troisième aborde l'aspect pratique du point de vue du client.
  4. L'intention de travailler le dimanche. Ce quatrième thème aborde l'aspect pratique du point de vue du travailleur.

Les résultats sont ensuite présentés en fonction :

  • de l'évolution de la réponse dans le temps (en lien avec des sondages antérieurs)
  • du type de tissus urbain (communes rurales, agglomérations de province, agglomération parisienne)
  • de critères sociologiques (sexe, age, profession, région, proximité politique)
  • des réponses aux questions précédentes

l'adhésion à l'ouverture des magasins le dimanche

Cette question ne positionne la personne interrogée ni du point de vue du client ni du point de vue du travailleur. Chacun se positionne donc naturellement en fonction de son métier et de la probabilité qu'il a de travailler le dimanche : si cette probabilité est faible il se positionnera en tant que client, si elle est forte il se positionnera en tant que travailleur.

L'agglomération parisienne est ici très favorable à l'ouverture des magasins le dimanche. Les agglomérations de province sont beaucoup plus partagées (50/50). Quant aux communes rurales, elles sont majoritairement contre.

Mais allons plus loin et regardons de plus près les réponses possibles :

  • tout à fait favorable
  • plutôt favorable
  • plutôt pas favorable
  • pas favorable du tout
  • ne se prononce pas

Tout d'abord, il n'y a aucune réponse ne se prononce pas, tout le monde a un avis. C'est plutôt étonnant car il y a habituellement toujours une part de non-réponse...

Ensuite, on constate que les personnes favorables sont majoritairement plutôt favorable et plus rarement tout à fait favorable. Inversement, lorsqu'elles sont pas favorable, elles sont majoritairement pas favorable du tout et plus rarement plutôt pas favorable. Autrement dit, ceux qui sont d'accord sont plutôt assez d'accord tandis que ceux qui ne sont pas d'accord sont plutôt pas d'accord du tout. C'est un premier point qui relativise déjà les gros titres de la presse.

l'adhésion à un assouplissement de la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche

Cette question est la question centrale du sondage car elle porte précisément sur l'objectif visé par le gouvernement : assouplir la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche.

Cette question ne positionne pas non plus la personne interrogée ni du point de vue du client ni du point de vue du travailleur. Chacun se positionne donc encore une fois naturellement en fonction de son métier et de la probabilité qu'il a de travailler le dimanche. Cette question est mise en perspective dans le temps avec les résultats de sondages précédents (mai 2004, juin 2006, décembre 2007 et mai 2008). Etrangement, cette question n'a pas été posée lors du sondage (septembre 2008) mais uniquement lors des sondages précédents. On peut également relever que ces sondages sont fréquents, preuve que la volonté du gouvernement à assouplir le droit du travail est forte, dans la continuité de ses actions sur la casse du droit du travail en général.

Ensuite, on peut voir que les avis favorables à l'assouplissement de la législation sont en forte baisse en 2008. Après être passé par un maximum en décembre 2008, les résultats sont maintenant mitigés avec 50% des personnes interrogées plutôt pas favorables à un assouplissement de la législation contre seulement 49% favorables. Cela a rarement été mentionné dans les médias ayant titré sur le sondage alors que la tendance est plutôt au refus de l'assouplissement de la législation.

Parmi les indicateurs sociologiques regroupant le plus fort taux (supérieurs à 50%) de personnes défavorables à un assouplissement de la législation, on trouve :

  • les ouvriers et les professions intermédiaires
  • les communes rurales
  • les gens de gauche et ceux sans proximité politique

Parmi les indicateurs sociologiques regroupant le plus fort taux (supérieurs à 60%) de personnes favorables à un assouplissement de la législation, on trouve :

  • les personnes de profession libérale, les cadres et les retraités
  • l'agglomération parisienne
  • les gens de droite

On retrouve pour les avis défavorables les personnes dont la profession les amènera le plus probablement à travailler le dimanche, les habitants des communes rurales qui ne passent pas leur temps dans les centres commerciaux et qui ont d'autres centres d'intérêt, les gens de gauche qui ont peut-être conscience de l'importance du lien social et les gens sans proximité politique qui sont peut-être désabusés des manigances politiques et ne souhaitent pas se faire avoir une fois de plus.

Il semble se dessiner deux tendances, selon que les personnes interrogées soient susceptibles ou non de travailler le dimanche. Autrement dit, les réponses varient selon que les personnes interrogées se considèrent comme client potentiel ou comme travailleur potentiel. Nous allons pouvoir vérifier cette hypothèse avec les deux dernières questions qui sont clairement orientées du point de vue du client pour l'une et du point de vue du travailleur pour l'autre.

l'intention de fréquentation des magasins le dimanche

Les réponses à cette question sont intéressantes car elles font apparaître que les Français n'ont pas une attente forte vis-à-vis de l'ouverture des magasins le dimanche. Ils souhaitent principalement pouvoir les fréquenter occasionnellement, en dépannage. En effet, si près d'un tiers des personnes interrogées ont l'intention de ne jamais fréquenter les magasins le dimanche, seul 24% ont l'intention de les fréquenter souvent ou très régulièrement. Le reste, c'est à dire 44% des personnes interrogées, n'auraient l'intention de les fréquenter que de manière occasionnelle, comme on fréquente déjà aujourd'hui le petit épicier du coin, ouvert le dimanche et le soir tard.

Les réponses des Franciliens se distinguent nettement celles des communes rurales et des agglomérations de province. Les Franciliens semblaient dans les questions précédentes beaucoup plus favorables à l'ouverture des magasins le dimanche, or ils ne sont que 30% (moins d'un tiers) à avoir l'intention de fréquenter souvent ou très régulièrement les magasins le dimanche. On est donc dans un schéma où les Français souhaitent pouvoir se rendre occasionnellement dans les magasins le dimanche, comme c'est déjà le cas pour bon nombre de magasins. Il serait ici intéressant de connaître le type de magasins que les Français souhaiteraient pouvoir fréquenter le dimanche.

Croiser les réponses à cette question avec les réponses à la première question n'apporte pas beaucoup d'informations supplémentaires sinon l'évidence que les personnes les plus favorables à l'ouverture des magasins le dimanche sont également les personnes ayant l'intention de les fréquenter le plus souvent le dimanche.

Les indicateurs sociologiques nous apportent un éclairage intéressant : les jeunes (de 18 à 24 ans) sont les plus enclins à souhaiter fréquenter souvent les magasins le dimanche. Le taux d'activité étant faible dans cette classe d'âge à cause du chômage important et des étudiants, il faut peut-être voir un lien entre le temps libre des jeunes et leur souhait de pouvoir aussi passer le temps dans les magasins le dimanche. Cela correspondrait alors non pas à une nécessité mais à une envie, ce qui change fondamentalement la donne.

l'intention de travailler le dimanche

On aborde ici une question importante du sondage. En effet, pour ouvrir un magasin, il faut bien que certains travaillent dans ces magasins. Il faut noter que la question est biaisée par une formulation trompeuse : Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous ? Or le contrat de travail induit un lien de subordination entre l'employeur et l'employé. L'employeur ne propose pas, il demande. Dans les faits, si l'employeur peut proposer à l'employé, il reste décisionnaire en cas de désaccord avec ce dernier, dans la limite du code du travail (celui justement que le gouvernement souhaite assouplir).

Un tiers des personnes interrogées n'accepteraient jamais de travailler le dimanche.

La moitié des personnes interrogées sont prêtes à travailler de temps en temps, si on le leur propose. Mais que signifie de temps en temps dans ce cadre là : 2 fois par an, 10 fois par an ou 52 fois par an ? C'est une information qui aurait dû faire l'objet d'une question supplémentaire afin de fixer des limites malgré le projet de révision du code du travail.

De plus, est-ce que les 84% des personnes interrogées qui sont prêtes à travailler toujours ou de temps en temps le font par conviction et de leur propre volonté ou bien sont-ils contraints pour ne pas se faire licencier ou pour des raisons budgétaires et de salaires trop faibles ? Cette information aurait également pu faire l'objet d'une question supplémentaire. Il est en effet très différent d'assouplir le code du travail pour permettre l'ouverture des magasins le dimanche et d'augmenter le salaire minimum alors que les deux actions conduisent à augmenter le revenu des travailleurs. Quelles auraient été les réponses à la question : Si votre employeur vous obligeait à travailler le dimanche, accepteriez-vous ?

Il aurait été intéressant de pouvoir croiser ces résultats avec le fait que les personnes interrogés travaillent déjà le dimanche ou non. Ce critère aurait d'ailleurs dû faire partie des critères de représentativité de l'échantillon. Sachant qu'un quart des Français travaillent déjà le dimanche, peut-être finalement que les Français sont satisfaits de la situation actuelle, et que le statu quo leur conviendrait parfaitement, si toutefois cette éventualité leur était proposée.

en conclusion

Les Parisiens, les citadins, les CSP aisées sont globalement favorables à l’ouverture des magasins le dimanche car ils estiment qu’ils ne seront probablement pas amenés à travailler le dimanche. Ils trouvent appréciable de pouvoir fréquenter occasionnellement des magasins le dimanche. Si le sondage le leur propose, pourquoi refuser ? Encore une fois, l'ouverture des magasins le dimanche n'apparaît ici pas comme une nécessité mais comme un gain de souplesse appréciable de manière occasionnelle.

Pour les moins riches, les banlieusards, les ruraux, les plus probablement visés par cette réforme et le plus fortement contraints par leur milieu professionnel, sont beaucoup moins enthousiastes à cette idée car ils craignent de se trouver plus souvent derrière la caisse-enregistreuse que derrière le caddie.

En mettant en avant certaines réponses plutôt que d'autres, les média tentent de donner de la visibilité à ceux qui profiteront de l’ouverture des magasins le dimanche en étant clients alors que ceux qui seront réellement amenés à travailler le dimanche sont bien moins enthousiastes.

Mais finalement, si les gens souhaitent aller faire leurs courses le samedi ou le dimanche, peut-être y a-t-il un problème dans le mode de vie des travailleurs aujourd’hui ! C'est ici que se cache la vraie question. Celui qui travaille toute la semaine, avec deux heures de transport par jour, souhaite évidemment pouvoir faire ces courses le samedi ou le dimanche car il n'a simplement pas le temps de les faire à un autre moment. Mais la véritable problématique, c’est le mode de vie auquel il est contraint !

La vie ne se résume pas à la vie économique. Ne pas pouvoir se passer des magasins au moins un jour par semaine, c’est mettre en évidence que l'organisation du travail est problématique. Alors passons rapidement sur le débat de l'ouverture des magasins le dimanche et parlons plutôt des véritables questions comme les horaires de travail, le travail précaire, le salaire minimum et le partage des richesses entre le capital et le travail (surtout si le travail le dimanche devait être à l'origine d'une hausse des prix !).

Rien ne sert de libérer une croissance déjà sauvage si elle est à l'origine des problèmes qui servent de prétexte à la libération de ladite croissance !

D'autres analyses des résultats de ce sondage présentent les mêmes réserves que ce billet où en soulèvent d'autres :

mardi 4 novembre 2008

le piège du too big to fail

A l'heure où les gouvernements volent au secours des plus grandes banques pour sauver ce qui peut encore l'être, on voit se refermer sur les contribuables le piège de l'économie de marché dérégulée. Les gouvernements se retrouvent actuellement victimes (et complices !) du syndrome du too big to fail.

Sans l'aide des gouvernements, les grandes banques déposeraient le bilan les unes après les autres. Alors pour justifier les milliards mobilisés pour les sauver, les gouvernements arguent qu'il serait encore plus dévastateur et plus coûteux de laisser ces banques faire faillite. C'est le syndrome du too big to fail !

Les gouvernements sont complices d'avoir laissé faire, d'avoir autorisé les multiples acquisitions, fusions et autres opérations financières ayant pour conséquence de passer d'un monopole public à un oligopole privé. Avec 3 opérateurs de téléphonie mobile en France tous condamnés pour entente illicite, avec la grande distribution elle aussi coupable et condamnée pour entente illicite, qui peut encore croire que les acteurs du grand marché désirent réellement une concurrence libre et non faussée alors qu'ils la suppriment insidieusement dès qu'ils en ont le pouvoir ? Le monde de l'automobile et celui de l'aviation civile ne dérogent pas à la règle.

Les banques locales et régionales ont disparu les unes après les autres, absorbées par un groupe bancaire plus important. Les banques qui existent encore aujourd'hui sont toutes des banques de stature internationale et constitue un cartel financier mondial.

Peu de politiciens ont remis en cause l'OMC et son principal objectif consistant à supprimer les barrières douanières et tous les obstacles à la libre circulation des marchandises et des flux financiers (tout en durcissant la circulation des êtres humains). La classe politique s'est discréditée en se privant volontairement de moyens d'action efficaces pour réguler le monde de la finance et de l'économie.

De leur côté, les multinationales, banque ou géant d'un secteur industriel, se sont lancées dans la compétition des fusions et acquisitions afin d'atteindre la taille critique leur permettant d'être couvertes par les gouvernements sous prétexte du too big to fail.

Cette taille critique leur permet aussi d'inverser le rapport de force vis-à-vis des gouvernements et de devenir ainsi des lobbies influents auprès de ces derniers. Enfin, cela leur permet également d'user et d'abuser des mécanismes financiers liés aux paradis fiscaux, toujours sous la bénédiction discrète des gouvernements.

C'est pourquoi le CADTM propose de réunir les énergies pour créer un rapport de force favorable à la mise en pratique de solutions radicales qui ont comme priorité la justice sociale. Les propositions du CADTM constituent à ce titre une piste d'étude intéressante.

jeudi 18 septembre 2008

Radio France, journalisme et Union Européenne

Jusqu'en 2005, Radio France organisait des séjours de sensibilisation et de découverte des institutions européennes comprenant quelques jours à Bruxelles. Ces séjours étaient organisés et animés par une équipe de Radio France dédiée. Les séjours étaient peu onéreux et semblaient donner entière satisfaction aux participants.

Vers la fin de l'année 2005, soit quelques mois après le non au référendum du TCE (même s'il n'y aucune causalité avérée entre les 2 faits), quelques syndicats de Radio France se sont élevés contre une décision supprimant ce pôle de formation aux institutions européennes et sous-traitant cette prestation à un service de l'Union Européenne.

Alors que le débat qui devrait préoccuper notre société porte sur l'indépendance des médias et des journalistes, on apprend que Radio France sous-traite à l'Union Européenne les formations sur l'Union Européenne ! Le fait que l'Union Européenne soit ici juge et partie ne semble pas déranger Radio France !

Peut-on sincèrement croire qu'une telle formation donnera l'occasion aux formateurs (formés et payés par l'Union Européenne) de déjuger l'Europe et d'apporter un point de vue objectif et critique qui devrait être le point de départ de toute démarche journalistique ?

mardi 16 septembre 2008

l’épouvantail de la dette publique

L’épouvantail de la dette publique est un prétexte bien pratique pour orienter la politique gouvernementale.

Chaque fois qu’un gouvernement veut comprimer les dépenses sociales, il tire argument du niveau trop élevé de la dette. En mai, le déficit des caisses de retraite françaises a servi à légitimer l’allongement du temps de travail ; en juin, celui de l’assurance- maladie a justifié le projet gouvernemental de réduire les remboursements de médicaments pour certains traitements prolongés (diabète, cancer, etc.). La dette publique existe bien.Mais est-elle aussi menaçante que certains le prétendent ?

Bruno Tinel et Franck Van de Velde analysent la dette publique française et montrent que la gestion de la dette publique est un moyen d'influer sur la répartition des richesses.

En déplaçant la charge fiscale des foyers les plus cossus vers les revenus moyens et modestes, ces « réformes » ont favorisé les contribuables dont la « propension à épargner » est la plus forte. Et alimenté la demande de titres... En baissant les impôts des riches, les gouvernements ont simultanément contribué à déséquilibrer les finances publiques et obligé l’Etat à offrir des titres sur les marchés financiers.

Ce qu’autrefois l’Etat obtenait de la part des ménages aisés sous la forme d’un prélèvement fiscal, il ne peut désormais l’escompter qu’en échange d’un taux d’intérêt payé par l’ensemble des contribuables. Ainsi, les concessions fiscales accordées aux riches ont créé d’un seul coup un surcroît de dette publique et de rente privée. Elles ont mis en place un flux de redistribution à l’envers (17). Les riches bénéficient alors d’une double récompense : le cadeau fiscal d’un côté, et le paiement d’intérêts de l’autre. Le premier leur permet de dégager l’épargne qui financera la dette. Laquelle a été créée par le cadeau fiscal lui-même. Une telle mécanique, que l’on prétend contredire par d’éternels « plans de rigueur », trouverait un meilleur remède dans un retour à l’impôt progressif. Qui le propose ?

Sous cet angle là, le bouclier fiscal prend tout de suite une autre allure.

vendredi 20 juin 2008

l'énergie nucléaire gage de l'indépendance énergétique de la France ?

L'indépendance énergétique est l'un des arguments majeurs invoqués pour justifier le choix de France d'utiliser l'énergie nucléaire à grande échelle pour la production d'électricité.

Si cet état de fait permet à la France d'être relativement moins dépendant du pétrole, du charbon et du gaz - massivement importés - l'argument comporte cependant plusieurs failles.

  • L'énergie électrique est une énergie très utile dans notre société technologique, elle est cependant incapable de remplacer les hydrocarbures pour certains usages essentiels tels que les transports. La France peut ainsi réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis du pétrole mais sera incapable de s'en passer totalement.
  • L'indépendance énergétique est illusoire dans la mesure où la France ne disposait que de 0.5 % des réserves prouvés d'uranium en 1999 comme le montre cette carte. La France est donc fortement dépendante de ses importations d'uranium.
  • L'énergie nucléaire réside dans l'uranium qui est une ressource naturelle limitée. Comme toute ressource naturelle non renouvelable, l'uranium est soumis aux mêmes limites que les hydrocarbures.

L'Energy Watch Group estime que :

  • une pénurie d'uranium se produira dès 2015
  • la production atteindra son maximum en 2025
  • aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040
  • le prix de l'uranium a été multiplié par dix en quatre ans
  • le coût du combustible prend une importance croissante dans le coût de l'électricité nucléaire.

L'indépendance énergétique de la France est donc toute relative et l'énergie nucléaire ne constitue pas la source d'énergie miracle qui nous sortira de l'impasse énergétique dans laquelle nous nous trouvons.

Un dossier assez complet sur l'uranium est disponible sur le site de Futura Sciences.

vendredi 6 juin 2008

aides sociales ou assistanat ?

La politique sociale d'une nation est le reflet de l'effort de solidarité national. L'objectif d'une politique sociale est d'aller dans le sens d'une meilleure répartition des richesses.

L'efficacité d'une telle politique dépend grandement des modalités de mise en oeuvre :

  • les aides sociales doivent permettre d'aider significativement les personnes défavorisées
  • elles doivent cependant être conditionnées par des critères suffisamment fins pour éviter de verser dans l'assistanat

Dans le premier cas, la politique sociale permet une répartition des richesses un peu plus juste, où les plus aisés aident les moins favorisés.

Dans le second cas, ceux qui perçoivent les aides sociales ponctionnent indirectement les travailleurs, sans faire d'effort pour tenter d'améliorer leur propre situation.

La grande difficulté d'une politique sociale équitable est de trouver un juste équilibre.

Il est donc important de déterminer si les aides sociales sont justement redistribuées ou bien si les bénéficiaires exploitent un système aux dépends de ceux qui travaillent. En effet, la lutte contre l'assistanat est souvent utilisé comme prétexte à une diminution des aides sociales. Mais qu'en est-il en réalité ? Les bénéficiaires des aides sont-ils des fainéants ? Où ont-ils réellement besoin d'être aidés pour se sortir d'une mauvaise passe ?

L'article du Monde Diplomatique montre qu'en réalité, seulement 2% des personnes se déclarant au chômage ne souhaitent pas travailler à l’avenir, essentiellement pour des raisons de santé.

Ceci remet sérieusement en cause les orientations du gouvernement actuel et laisse apparaître au grand jour son objectif véritable : l'assistanat aux plus riches !

Cet article évoque également la question de la santé au travail, et le chômage prend alors une autre dimension. Mais on aborde ici un autre débat...

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