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Tag - démocratie

Fil des billets

mercredi 11 janvier 2012

se préparer au pire

En septembre 2011, Jacques Attali invitait à se préparer au pire, pour l’éviter.

Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer, de ne pas y penser.

Il proposait alors un déroulement en dix étapes. Quatre mois plus tard, son intuition ne semble toujours pas démentie par les faits.

Reste à déterminer quelle est l'étape que nous traversons actuellement...

vendredi 6 janvier 2012

le trilemme de Rodrik

Un article des Echos intitulé du dilemme qu’impose le triple A au trilemme de Rodrik soutien qu'il n'est pas possible qu'il existe simultanément les trois éléments suivants :

  • une intégration économique et financière poussée (libre échange, flux de capitaux, monnaie unique),
  • des états-nations souverains et
  • la démocratie.

le trilemme de Rodrik

En suivant la thèse de Dani Rodrik, on peut donc se poser la question de savoir si les trois éléments sont présents (à l'échelle de la France, de l'Europe ou de tout autre pays) et quelle est leur dynamique d'évolution.

Avec la commission européenne, la BCE, l'OMC et le FMI, on constate que l'intégration économique et financière est chaque jour un peu plus poussée. L'augmentation du commerce international, des flux financiers et de la vitesse de ces flux financiers en est l'indicateur.

Le bourbier dans lequel patauge l'Union Européenne met en lumière les craintes des pays de l'Union Européenne de renoncer à leur souveraineté pour la transférer à l'Union Européenne. Les pays membres de l'Union Européenne ne semblent pas prêt à abandonner leur souveraineté.

En conséquence, c'est bien la démocratie qui semble pâtir du chemin pris par la construction européenne et la mondialisation.

Alors si la mondialisation met en danger la démocratie, est-ce que la dé-mondialisation signifie la re-démocratisation ?

mercredi 4 janvier 2012

un futur fondamentaliste ?

Dans son article intitulé pourquoi les islamistes devraient remercier Israël, Uri Avnery - écrivain et journaliste israélien - explique en quoi Israël a une responsabilité dans le renforcement de mouvements fondamentalistes au moyen-orient.

Si l'article est intéressant, sa conclusion fait froid dans le dos :

Un jour peut-être, un Israël fondamentaliste fera la paix avec un monde musulman fondamentaliste, sous l’égide d’un président américain fondamentaliste.

Une vision donne à réfléchir sur le sens de la paix.

vendredi 5 août 2011

pour de nouvelles formes de débat démocratique

Pour de nouvelles formes de débat démocratique, l'association Virus 36 expérimente et transmet de nouvelles formes de débat démocratique.

Rares sont les réflexions sur les moyens d'aider les personnes timides à s'exprimer, sur les moyens de lutter contre le sexisme dans un débat, sur les manières d'améliorer le taux d'écoute. C'est d'ailleurs fou de constater combien les gens s'écoutent très peu dans les débats. En général, chacun-e est davantage préoccupé-e par préparer son intervention que vraiment écouter ce qui se dit autour. Au final, dans la plupart des discussions, plein de petits avis morcelés se juxtaposent, sans réellement construire une pensée collective. Chacun-e arrive avec une idée préétablie, puis repart avec. La discussion collective ne nous transforme pas, elle est vide.

Virus 36 propose une brochure de 16 pages comportant une interview de deux membres de l'association ainsi que la présentation de quelques techniques de débat développées ou utilisées par l'association Virus 36.

jeudi 7 juillet 2011

le libre-échange, c’est la dictature des entreprises

Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva trace un parallèle entre la frontière d'un organisme vivant et les frontières artificielles appliquées par les états et les entités économiques :

Aucune frontière n’est jamais totalement fermée. C’est comme la frontière de notre peau, qui nous protège de l’invasion de toute infection : des ouvertures permettent à la transpiration de sortir, pour maintenir notre équilibre, préserver notre santé. Toutes les frontières sont poreuses. Un corps souverain sait comment réguler ces entrées et sorties. Il sait quand trop de chaleur entre dans le corps. Il sait comment s’opposer aux virus. Quand un corps perd cette autonomie, cette souveraineté, il devient malade. C’est la même chose pour un pays, gouverné par un peuple souverain et autonome. Ce peuple peut dire : « Notre lait est vendu 14 roupies/litre, votre lait européen qui débarque à 8 roupies/litre va détruire l’économie laitière en Inde, donc j’ai le droit de réguler ce qui entre. » La régulation est vitale pour tout système vivant. La dérégulation, c’est l’appel de la mort. Un corps dérégulé meurt. De même, une nation, une économie dérégulée meurt.

De cette hypothèse découle une vision plutôt originale du libre-échange :

Le libre-échange est un protectionnisme pour les puissants. Le libre-échange, dans la manière dont il a été façonné, n’est pas du tout libre. Il n’est pas démocratique.

Enfin, elle conclut en militant pour l'action non-violente :

Personne n’a mieux parlé du pouvoir de la non-violence que Gandhi. « Nous ne pouvons pas démanteler la maison du maître avec les outils du maître », a dit la poétesse américaine Audre Lorde. Nous avons besoin d’outils différents. Ils doivent être non-violents, parce que la non-violence est plus soutenable, et qu’elle efface vos peurs. Ceux qui luttent de manière violente doivent se cacher tout le temps. Je préfère me tenir droite face aux multinationales pour leur dire ce que je pense d’elles. Agir « sans peur » est notre plus puissante arme. Et la non-violence crée également un soutien plus large. Et nous vivons à une époque où une poignée de personnes ne peut pas mener les batailles pour toute la société. C’est toute la société qui doit être engagée. Les actions non-violentes sont une invitation à toute la société à participer au combat.

L'article intitulé le libre-échange, c’est la dictature des entreprises est publié sur le site de basta!.

jeudi 28 avril 2011

glissement de la démocratie vers l’oligarchie

Si le glissement de la démocratie vers l'oligarchie est suffisamment lent et insidieux, il est possible que les citoyens ne s'en rendent pas compte.

Hervé Kempf n'est pas tendre avec l'occident et son système politique dans son article intitulé il est vital pour l’oligarchie de maintenir la fiction d’une démocratie. Il estime que les peuples occidentaux se laissent berner par la classe dirigeante :

Il est vital pour le maintien d’un système inégalitaire que le peuple continue à croire qu’il est en démocratie, que c’est lui qui décide. Aujourd’hui, une partie de la classe dirigeante est cependant en train d’abandonner l’idéal démocratique et aspire plus ou moins ouvertement à un régime totalitaire.

Il estime également la classe dirigeante incapable de s'attaquer à la question écologique car cela impliquerait de remettre en cause l'oligarchie elle-même :

Pour l’oligarchie, il est vital que croissance économique et promesse d’augmentation de la consommation matérielle soient considérées comme un objectif absolu. C’est la condition pour que les inégalités actuelles restent acceptables : la croissance du PIB est censée permettre l’élévation du niveau de vie de tous. La question écologique est donc toujours minorée et la critique de la croissance considérée comme absurde.

Plus de 3 ans après le Grenelle Environnement, des associations déplorent l'absence de résultat dans un bilan plus que mitigé sur les questions de taxe carbone, de transport et d'énergie.

Cette incapacité de la classe dirigeante à répondre à la question écologique serait un indice en faveur de la thèse de Hervé Kempf : nous sommes passé d'une démocratie à une oligarchie.

jeudi 20 mai 2010

de l'avenir de l'Europe

Gille Raveaud vient de publier un article qui met en perspective les difficultés actuellement rencontrées par la Grèce et dénonce les faiblesses congénitale de notre Europe.

Dans le but de ne pas céder à la panique, pour se rendre compte que sauver la Grèce, c'est sauver l'Europe et c'est nous sauver nous-même, la lecture de cet article est hautement conseillée.

mardi 2 mars 2010

de la nécessité d'un protectionnisme européen

Jacques Sapir a accordé un entretien à Pascale Fourier. La retranscription de cet entretien est disponible en 3 parties : partie 1, partie 2 et partie 3 (à venir).

Il traite de nombreux sujet, dont de la nécessité d'un protectionnisme européen :

C'est bien pour ça que je dis qu'il va falloir mettre des droits de douanes et des droits de douanes relativement importants, en comprenant aussi que les pays du cœur de l'Europe, les pays du cœur historique, peuvent très bien fonctionner d'une certaine manière en circuit fermé. Nous avons peu de choses à exporter vers le reste du monde, sauf peut-être évidemment des avions, et encore, parce que nous sommes aussi un gros consommateur de mode de transport etc. Donc je pense qu'il faut abandonner cette attitude où l'on dit: « Mais si l'on met les droits de douane, alors nous n'exporterons plus vers la Chine ». Oui, bien sûr, nos exportations vont baisser, mais elles vont baisser de toutes les manières. Il vaut mieux anticiper ce phénomène et se donner comme objectif une consolidation et une reconstruction de nos industries dans le pays du cœur de l'Europe.

Visiblement, la question du protectionnisme (qu'il soit français ou européen) fait débat : certains le croient nécessaire voir inéluctable, d'autres l'estiment indésirable.

En complément de cet entretien, Pascale Fourier nous propose un autre texte de Jacques Sapir intitulé l'horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat.

mardi 11 août 2009

démocratie ou capitalisme, coopération ou concurrence

Le principe fondateur d'une démocratie est la non domination d'un individu sur un autre, ou d'un groupe d'individus sur un autre. La souveraineté du peuple (et non celle du souverain) est bien résumée par la formule d'Abraham Lincoln : le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

A l'inverse, le capitalisme est basé sur les inégalités de richesse : il y a d'une part celui qui dispose du capital, et d'autre part celui qui n'en dispose pas et qui vend sa force de travail.

Là où la démocratie table sur la coopération entre citoyens pour gouverner, le capitalisme privilégie la concurrence entre acteurs économiques pour augmenter les profits.

Quel est le meilleur moyen d'arriver à l'émancipation des individus ?

vendredi 6 mars 2009

les limites du vote électronique

En France comme en Europe, le vote électronique est parfois présenté comme un remède à une démocratie en perte de vitesse où le taux de participation aux élections baisse régulièrement.

L'abstention n'est probablement pas dû au type de scrutin, mais le fait est que le vote électronique bénéficie de cette image de solution miracle.

Cependant, plusieurs voix s'élèvent pour contester cette image faussée du vote électronique. Selon ses détracteurs, les bénéfices supposés du vote électronique ne font pas le poids face aux dangers qu'il induit.

Examinons de plus près les avantages et inconvénients du vote électronique.

une rapide description

Tout d'abord, le vote électronique recouvre plusieurs types de vote. Leur point commun est d'utiliser un système informatique pour recueillir et compter les votes.

  • La forme la plus commune du vote électronique consiste à placer un ordinateur de vote dans chaque isoloir et à amener le citoyen à exprimer son vote en appuyant sur un bouton. Ce type de vote a été pratiqué en France dans plusieurs communes lors des dernières élections.
  • Le vote électronique peut également consister à voter à distance, depuis un ordinateur personnel relié à internet ou depuis un téléphone mobile.

Dans chaque pays où le vote électronique a été expérimenté (Hollande, Irelande, Belgique, France, Allemagne, Estonie, Suisse), il a fait l'objet de nombreuses réclamations diminuant d'autant la légitimité du scrutin incriminé.

les principes du vote

La légitimité du vote - électronique ou non - repose sur 3 principes :

  • le secret du vote
    • il permet des élections libre
    • le choix du vote ne doit avoir aucune conséquence sur le citoyen votant
    • le vote ne doit pouvoir être vendu ni acheté
  • l'auditabilité du processus de vote
    • les mesures d'assurance qualité doivent permettre d'identifier et de corriger les erreurs
    • l'auditabilité doit permettre le recompte des voies
    • l'auditabilité ne peut se substituer à la transparence
  • la transparence du processus de vote
    • assurance que le vote est conforme aux lois et mené selon les principes en vigueur, chacun doit pouvoir s'en assurer
    • la transparence crée la confiance des citoyens, donc la légitimité du vote
    • permet de limiter la contestation du vote
    • la transparence ne peut être déléguée à une autorité

les avantages du vote électronique

Le vote électronique est autant plébiscité pour de mauvaises raisons que pour de bonnes raisons.

Les mauvaises raisons :

  • C'est plus rapide à dépouiller.
    • Les quelques heures nécessaires aux dépouillements sont-elles si importantes ? Est-ce crucial de pouvoir annoncer les résultats le soir même ? N'est-ce pas au contraire important d'impliquer les citoyens dans le processus de dépouillement ?
  • C'est moins cher.
    • Le prix d'un ordinateur de vote est de plusieurs milliers d'euros et sa durée de vie est limitée à quelques années. Par ailleurs, l'impression des bulletins de vote ne représente qu'environ 10% du coût de l'impression global pour une élection (en tenant compte des professions de foi et autres documents imprimés à cette occasion)
  • C'est plus écologique.
    • Argument à rapprocher du précédent. Si l'argument écologique est si important, il serait bien mieux défendu en s'attaquant aux publicités imprimées à tour de bras dans les boites aux lettres. Ne nous trompons pas de combat.

Les bonnes raisons :

  • meilleure expression du citoyen par l'utilisation de mécanismes plus élaboré (comme la méthode de Condorcet)
  • ben en fait, c'est la seule bonne raison, mais il est vrai qu'elle est de taille !

les inconvénients du vote électronique

Le vote traditionnel possède des caractéristiques simples mais essentielles :

  • l'urne est un périphérique passif
  • l'urne ne fait pas de traitement : ce qui entre dans l'urne est ce qui sort de l'urne
  • l'urne est littéralement transparente et toutes les manipulations sont publiquement effectuées

Le vote électronique ne dispose pas de ces caractéristiques essentielles :

  • l'ordinateur de vote est un périphérique actif
  • l'ordinateur de vote effectue des traitements : ce qui rentre dans l'ordinateur de vote peut-être différent de ce qui en sort
  • le traitement n'est pas observable (même si l'ordinateur de vote utilise un logiciel libre)

des palliatifs pour légitimer le vote électronique ?

Pour pallier ces faiblesses, les défenseurs du vote électronique ont imaginé 2 mécanismes censés renforcer la légitimité du vote électronique :

  • la production d'une preuve physique du vote, pour garantir l'auditabilité du processus de vote
  • l'utilisation de technologies de chiffrement, pour garantir le secret du vote

production d'une preuve physique

La production d'une preuve physique consiste à imprimer un bulletin papier, vérifié par le citoyen avant d'être glissé dans une urne, comme pour le vote classique. Ce mécanisme présente cependant plusieurs problèmes :

  • Si la contestation du vote électronique est fréquente, il faut recompter toutes les preuves physiques et on perd tous les avantages du vote électronique (que ces avantages soient les bonnes ou les mauvaises raisons) alors que les citoyens ne sont a priori pas mobilisés pour ce recomptage (puisque l'ordinateur de vote est censé être là pour ça).
  • Si le résultat du recomptage des preuves physiques donne un résultat différent de celui de l'ordinateur de vote, lequel prendre en compte ? Si on prend en compte le recomptage des preuves physiques, on admet implicitement que le vote électronique est moins fiable...
  • Si on réalise un recomptage d'un échantillon de preuves physiques, qui décide des bureaux de vote à auditer ? Qui décide de la manière de déterminer l'échantillon, de la taille minimale de l'échantillon (les élections se jouent parfois à peu de chose près) ? Qui est en charge de la gestion des preuves physiques ?

Une fraude réussie est indétectable. Une fraude légère et discrète est suffisante pour avoir des conséquences importantes sur le résultat du scrutin.

chiffrement de la preuve physique

Plusieurs études se sont intéressées à l'utilisation de mécanismes de chiffrement pour garantir le secret du vote, mais ce chiffrement n'a de sens que dans le cadre de la production d'une preuve physique.

Par ailleurs, l'utilisation des technologies de chiffrement rend le processus complexe et non transparent. C'est un difficile équilibre entre respect de la transparence et respect du secret du vote, l'auditabilité étant déléguée à des experts du chiffrement.

En cas de contestation, peu de personnes seront capables d'évaluer l'intégrité du vote et sa légitimité. L'auditabilité du processus de vote n'est plus accessible à tous les citoyens, elle devient une bataille d'experts.

combinaison des deux mécanismes

La preuve physique peut également être conservée par le citoyen qui pourra par la suite effecuter une vérification sur un listing imprimé.

  • Cette solution combine les deux mécanismes précédents en ce sens qu'il implique la production d'une preuve physique anonymisée par un mécanisme de chiffrage de l'identité du citoyen.
  • Cette solution permet de vérifier que le vote a été comptabilisé et qu'il correspond bien au vote exprimé par le citoyen.

Cette combinaison des deux mécanismes n'apporte cependant pas toute les garanties souhaitées car elle ne permet pas :

  • le respect du secret (en récupérant la preuve physique on peut savoir quel vote a été exprimé, on peut donc vendre son vote ou contraindre le citoyen à voter de telle ou telle manière)
  • la prévention du bourrage électronique du vote en ajoutant des votes fictifs et en faisant pointer plusieurs preuves physiques sur le même vote exprimé
  • le recomptage des votes exprimés

conclusion

Les études les plus avancées dans le domaine du vote électronique utilisent les technologies de chiffrement pour garantir le secret. Parallèlement, tous les efforts d'amélioration de l'auditabilité et de la transparence fragilisent le secret du vote.

Un vote électronique évolué pourrait présenter l'avantage d'utiliser la méthode de Condorcet. Il n'est cependant pas souhaitable de proposer ce type de vote s'il n'est pas possible de garantir dans le même temps la transparence de ce dernier. En effet, la perte de légitimité d'un tel scrutin aurait pour effet de saper les bases même de la démocratie. Aujourd'hui, les avantages procurés par le vote électronique sont mineurs par rapport aux inconvénients qu'il induit.

Ce billet traite principalement du vote à bulletin secret qui est le plus délicat à transposer dans le cadre du vote électronique car il nécessite de garantir le secret du vote. Or, en France, pour les raisons exposées au début de ce billet, la quasi-totalité des scrutins sont à bulletin secret. Le vote à bulletin public n'amènerait probablement pas la même réponse vis-à-vis du vote électronique.

Ce billet est librement inspiré de la présentation d'Ulrich Wiesner lors de la 25c3, 25e édition du CCC.

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