si, c'est vrai !

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jeudi 20 mai 2010

de l'avenir de l'Europe

Gille Raveaud vient de publier un article qui met en perspective les difficultés actuellement rencontrées par la Grèce et dénonce les faiblesses congénitale de notre Europe.

Dans le but de ne pas céder à la panique, pour se rendre compte que sauver la Grèce, c'est sauver l'Europe et c'est nous sauver nous-même, la lecture de cet article est hautement conseillée.

mardi 2 mars 2010

de la nécessité d'un protectionnisme européen

Jacques Sapir a accordé un entretien à Pascale Fourier. La retranscription de cet entretien est disponible en 3 parties : partie 1, partie 2 et partie 3 (à venir).

Il traite de nombreux sujet, dont de la nécessité d'un protectionnisme européen :

C'est bien pour ça que je dis qu'il va falloir mettre des droits de douanes et des droits de douanes relativement importants, en comprenant aussi que les pays du cœur de l'Europe, les pays du cœur historique, peuvent très bien fonctionner d'une certaine manière en circuit fermé. Nous avons peu de choses à exporter vers le reste du monde, sauf peut-être évidemment des avions, et encore, parce que nous sommes aussi un gros consommateur de mode de transport etc. Donc je pense qu'il faut abandonner cette attitude où l'on dit: « Mais si l'on met les droits de douane, alors nous n'exporterons plus vers la Chine ». Oui, bien sûr, nos exportations vont baisser, mais elles vont baisser de toutes les manières. Il vaut mieux anticiper ce phénomène et se donner comme objectif une consolidation et une reconstruction de nos industries dans le pays du cœur de l'Europe.

Visiblement, la question du protectionnisme (qu'il soit français ou européen) fait débat : certains le croient nécessaire voir inéluctable, d'autres l'estiment indésirable.

En complément de cet entretien, Pascale Fourier nous propose un autre texte de Jacques Sapir intitulé l'horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat.

mardi 11 août 2009

démocratie ou capitalisme, coopération ou concurrence

Le principe fondateur d'une démocratie est la non domination d'un individu sur un autre, ou d'un groupe d'individus sur un autre. La souveraineté du peuple (et non celle du souverain) est bien résumée par la formule d'Abraham Lincoln : le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

A l'inverse, le capitalisme est basé sur les inégalités de richesse : il y a d'une part celui qui dispose du capital, et d'autre part celui qui n'en dispose pas et qui vend sa force de travail.

Là où la démocratie table sur la coopération entre citoyens pour gouverner, le capitalisme privilégie la concurrence entre acteurs économiques pour augmenter les profits.

Quel est le meilleur moyen d'arriver à l'émancipation des individus ?

vendredi 6 mars 2009

les limites du vote électronique

En France comme en Europe, le vote électronique est parfois présenté comme un remède à une démocratie en perte de vitesse où le taux de participation aux élections baisse régulièrement.

L'abstention n'est probablement pas dû au type de scrutin, mais le fait est que le vote électronique bénéficie de cette image de solution miracle.

Cependant, plusieurs voix s'élèvent pour contester cette image faussée du vote électronique. Selon ses détracteurs, les bénéfices supposés du vote électronique ne font pas le poids face aux dangers qu'il induit.

Examinons de plus près les avantages et inconvénients du vote électronique.

une rapide description

Tout d'abord, le vote électronique recouvre plusieurs types de vote. Leur point commun est d'utiliser un système informatique pour recueillir et compter les votes.

  • La forme la plus commune du vote électronique consiste à placer un ordinateur de vote dans chaque isoloir et à amener le citoyen à exprimer son vote en appuyant sur un bouton. Ce type de vote a été pratiqué en France dans plusieurs communes lors des dernières élections.
  • Le vote électronique peut également consister à voter à distance, depuis un ordinateur personnel relié à internet ou depuis un téléphone mobile.

Dans chaque pays où le vote électronique a été expérimenté (Hollande, Irelande, Belgique, France, Allemagne, Estonie, Suisse), il a fait l'objet de nombreuses réclamations diminuant d'autant la légitimité du scrutin incriminé.

les principes du vote

La légitimité du vote - électronique ou non - repose sur 3 principes :

  • le secret du vote
    • il permet des élections libre
    • le choix du vote ne doit avoir aucune conséquence sur le citoyen votant
    • le vote ne doit pouvoir être vendu ni acheté
  • l'auditabilité du processus de vote
    • les mesures d'assurance qualité doivent permettre d'identifier et de corriger les erreurs
    • l'auditabilité doit permettre le recompte des voies
    • l'auditabilité ne peut se substituer à la transparence
  • la transparence du processus de vote
    • assurance que le vote est conforme aux lois et mené selon les principes en vigueur, chacun doit pouvoir s'en assurer
    • la transparence crée la confiance des citoyens, donc la légitimité du vote
    • permet de limiter la contestation du vote
    • la transparence ne peut être déléguée à une autorité

les avantages du vote électronique

Le vote électronique est autant plébiscité pour de mauvaises raisons que pour de bonnes raisons.

Les mauvaises raisons :

  • C'est plus rapide à dépouiller.
    • Les quelques heures nécessaires aux dépouillements sont-elles si importantes ? Est-ce crucial de pouvoir annoncer les résultats le soir même ? N'est-ce pas au contraire important d'impliquer les citoyens dans le processus de dépouillement ?
  • C'est moins cher.
    • Le prix d'un ordinateur de vote est de plusieurs milliers d'euros et sa durée de vie est limitée à quelques années. Par ailleurs, l'impression des bulletins de vote ne représente qu'environ 10% du coût de l'impression global pour une élection (en tenant compte des professions de foi et autres documents imprimés à cette occasion)
  • C'est plus écologique.
    • Argument à rapprocher du précédent. Si l'argument écologique est si important, il serait bien mieux défendu en s'attaquant aux publicités imprimées à tour de bras dans les boites aux lettres. Ne nous trompons pas de combat.

Les bonnes raisons :

  • meilleure expression du citoyen par l'utilisation de mécanismes plus élaboré (comme la méthode de Condorcet)
  • ben en fait, c'est la seule bonne raison, mais il est vrai qu'elle est de taille !

les inconvénients du vote électronique

Le vote traditionnel possède des caractéristiques simples mais essentielles :

  • l'urne est un périphérique passif
  • l'urne ne fait pas de traitement : ce qui entre dans l'urne est ce qui sort de l'urne
  • l'urne est littéralement transparente et toutes les manipulations sont publiquement effectuées

Le vote électronique ne dispose pas de ces caractéristiques essentielles :

  • l'ordinateur de vote est un périphérique actif
  • l'ordinateur de vote effectue des traitements : ce qui rentre dans l'ordinateur de vote peut-être différent de ce qui en sort
  • le traitement n'est pas observable (même si l'ordinateur de vote utilise un logiciel libre)

des palliatifs pour légitimer le vote électronique ?

Pour pallier ces faiblesses, les défenseurs du vote électronique ont imaginé 2 mécanismes censés renforcer la légitimité du vote électronique :

  • la production d'une preuve physique du vote, pour garantir l'auditabilité du processus de vote
  • l'utilisation de technologies de chiffrement, pour garantir le secret du vote

production d'une preuve physique

La production d'une preuve physique consiste à imprimer un bulletin papier, vérifié par le citoyen avant d'être glissé dans une urne, comme pour le vote classique. Ce mécanisme présente cependant plusieurs problèmes :

  • Si la contestation du vote électronique est fréquente, il faut recompter toutes les preuves physiques et on perd tous les avantages du vote électronique (que ces avantages soient les bonnes ou les mauvaises raisons) alors que les citoyens ne sont a priori pas mobilisés pour ce recomptage (puisque l'ordinateur de vote est censé être là pour ça).
  • Si le résultat du recomptage des preuves physiques donne un résultat différent de celui de l'ordinateur de vote, lequel prendre en compte ? Si on prend en compte le recomptage des preuves physiques, on admet implicitement que le vote électronique est moins fiable...
  • Si on réalise un recomptage d'un échantillon de preuves physiques, qui décide des bureaux de vote à auditer ? Qui décide de la manière de déterminer l'échantillon, de la taille minimale de l'échantillon (les élections se jouent parfois à peu de chose près) ? Qui est en charge de la gestion des preuves physiques ?

Une fraude réussie est indétectable. Une fraude légère et discrète est suffisante pour avoir des conséquences importantes sur le résultat du scrutin.

chiffrement de la preuve physique

Plusieurs études se sont intéressées à l'utilisation de mécanismes de chiffrement pour garantir le secret du vote, mais ce chiffrement n'a de sens que dans le cadre de la production d'une preuve physique.

Par ailleurs, l'utilisation des technologies de chiffrement rend le processus complexe et non transparent. C'est un difficile équilibre entre respect de la transparence et respect du secret du vote, l'auditabilité étant déléguée à des experts du chiffrement.

En cas de contestation, peu de personnes seront capables d'évaluer l'intégrité du vote et sa légitimité. L'auditabilité du processus de vote n'est plus accessible à tous les citoyens, elle devient une bataille d'experts.

combinaison des deux mécanismes

La preuve physique peut également être conservée par le citoyen qui pourra par la suite effecuter une vérification sur un listing imprimé.

  • Cette solution combine les deux mécanismes précédents en ce sens qu'il implique la production d'une preuve physique anonymisée par un mécanisme de chiffrage de l'identité du citoyen.
  • Cette solution permet de vérifier que le vote a été comptabilisé et qu'il correspond bien au vote exprimé par le citoyen.

Cette combinaison des deux mécanismes n'apporte cependant pas toute les garanties souhaitées car elle ne permet pas :

  • le respect du secret (en récupérant la preuve physique on peut savoir quel vote a été exprimé, on peut donc vendre son vote ou contraindre le citoyen à voter de telle ou telle manière)
  • la prévention du bourrage électronique du vote en ajoutant des votes fictifs et en faisant pointer plusieurs preuves physiques sur le même vote exprimé
  • le recomptage des votes exprimés

conclusion

Les études les plus avancées dans le domaine du vote électronique utilisent les technologies de chiffrement pour garantir le secret. Parallèlement, tous les efforts d'amélioration de l'auditabilité et de la transparence fragilisent le secret du vote.

Un vote électronique évolué pourrait présenter l'avantage d'utiliser la méthode de Condorcet. Il n'est cependant pas souhaitable de proposer ce type de vote s'il n'est pas possible de garantir dans le même temps la transparence de ce dernier. En effet, la perte de légitimité d'un tel scrutin aurait pour effet de saper les bases même de la démocratie. Aujourd'hui, les avantages procurés par le vote électronique sont mineurs par rapport aux inconvénients qu'il induit.

Ce billet traite principalement du vote à bulletin secret qui est le plus délicat à transposer dans le cadre du vote électronique car il nécessite de garantir le secret du vote. Or, en France, pour les raisons exposées au début de ce billet, la quasi-totalité des scrutins sont à bulletin secret. Le vote à bulletin public n'amènerait probablement pas la même réponse vis-à-vis du vote électronique.

Ce billet est librement inspiré de la présentation d'Ulrich Wiesner lors de la 25c3, 25e édition du CCC.

jeudi 29 janvier 2009

le mandat impératif

Connaissez-vous le mandat impératif ?

Le mandat impératif désigne un pouvoir octroyé à un élu dans lequel ses décisions sont liées à un ensemble d’instructions obligatoires auxquelles il ne peut déroger. Il s’oppose au mandat représentatif. L'actuelle Constitution française indique dans le titre consacré au Parlement que « tout mandat impératif est nul » (article 27).

Comment justifier que le mandat impératif est incompatible avec la constitution française de la cinquième république ?

L'actuelle constitution française se limite au mandat représentatif. Les représentants du peuple (président, députés, sénateurs) sont élus par le peuple, ils le représentent. Le peuple accorde sa confiance à chaque élu en lui donnant carte blanche pour la durée de son mandat. Sauf faute grave, un élu ne peut pas être révoqué avant la fin de son mandat par ceux qui l'ont élu, même si ses décisions ou ses actions vont à l'encontre de son programme électoral. La gouvernance du pays résulte donc du rapport de force entre les différents élus, le rôle de la constitution étant d'assurer la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et d'équilibrer les rapports de force qui s'établissent entre eux.

A l'inverse, le mandat impératif permet d'élire un commissaire mandaté par le peuple dans le cadre d'une mission précise et pour une durée déterminée. Il est révocable à tout moment par le peuple si ce dernier estime qu'il ne remplit pas sa mission.

Le mandat impératif ne serait-il pas un moyen de combler le fossé grandissant entre les citoyens et les élus ? Ne serait-ce pas un moyen pour le peuple de se réapproprier la vie politique en confiant un mandat précis aux mandatés plutôt que d'élire des représentants tous les 5 ans et d'être contraint de leur faire confiance jusqu'à l'élection suivante ?

mercredi 26 novembre 2008

stopper la montée de l'insignifiance

Cornélius Castoriadis est un philosophe, économiste et psychanalyste français du siècle dernier dont le propos reste totalement d'actualité. Ce billet est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir ce penseur qui promouvait l'éducation citoyenne.

la citoyenneté

Il y a la merveilleuse phrase d’Aristote : « Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné. » Il y a des millions de citoyens en France. Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à le leur désapprendre, à les convaincre qu’il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s’habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s’habituent à suivre ou à voter pour des options que d’autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d’être idiots, le résultat, c’est qu’ils y croient de moins en moins et qu’ils deviennent cyniques.

Dans les sociétés modernes, depuis les révolutions américaine (1776) et française (1789) jusqu’à la seconde guerre mondiale (1945) environ, il y avait un conflit social et politique vivant. Les gens s’opposaient, manifestaient pour des causes politiques. Les ouvriers faisaient grève, et pas toujours pour de petits intérêts corporatistes. Il y avait de grandes questions qui concernaient tous les salariés. Ces luttes ont marqué ces deux derniers siècles.

On observe un recul de l’activité des gens. C’est un cercle vicieux. Plus les gens se retirent de l’activité, plus quelques bureaucrates, politiciens, soi-disant responsables, prennent le pas. Ils ont une bonne justification : « Je prends l’initiative parce que les gens ne font rien. » Et plus ils dominent, plus les gens se disent : « C’est pas la peine de s’en mêler, il y en a assez qui s’en occupent, et puis, de toute façon, on n’y peut rien. »

le capitalisme

Si le capitalisme avait été laissé à lui-même, il se serait effondré cent fois. Il y aurait eu une crise de surproduction tous les ans. Pourquoi ne s’est-il pas effondré ? Parce que les travailleurs ont lutté, ont imposé des augmentations de salaire, ont créé d’énormes marchés de consommation interne. Ils ont imposé des réductions du temps de travail, ce qui a absorbé tout le chômage technologique. On s’étonne maintenant qu’il y ait du chômage. Mais depuis 1940 le temps de travail n’a pas diminué.

Les libéraux nous disent : « Il faut faire confiance au marché. » Mais les économistes académiques eux-mêmes ont réfuté cela dès les années 30. Ces économistes n’étaient pas des révolutionnaires, ni des marxistes ! Ils ont montré que tout ce que racontent les libéraux sur les vertus du marché, qui garantirait la meilleure allocation possible des ressources, la distribution des revenus la plus équitable, ce sont des aberrations ! Tout cela a été démontré.

la démocratie

L’idée selon laquelle il n’y a pas de spécialiste de la politique et que les opinions se valent est la seule justification raisonnable du principe majoritaire. Donc, chez les Grecs, le peuple décide et les magistrats sont tirés au sort ou désignés par rotation. Pour les activités spécialisées - construction des chantiers navals, des temples, conduite de la guerre -, il faut des spécialistes. Ceux-là, on les élit. C’est cela, l’élection. Election veut dire « choix des meilleurs ». Là intervient l’éducation du peuple. On fait une première élection, on se trompe, on constate que, par exemple, Périclès est un déplorable stratège, eh bien on ne le réélit pas ou on le révoque.

Mais il faut que la doxa soit cultivée. Et comment une doxa concernant le gouvernement peut-elle être cultivée ? En gouvernant. Donc la démocratie - c’est important - est une affaire d’éducation des citoyens, ce qui n’existe pas du tout aujourd’hui.

la politique et l'économie

Récemment, un magazine a publié une statistique indiquant que 60 % des députés, en France, avouent ne rien comprendre à l’économie. Des députés qui décident tout le temps ! En vérité, ces députés, comme les ministres, sont asservis à leurs techniciens. Ils ont leurs experts, mais ils ont aussi des préjugés ou des préférences. Si vous suivez de près le fonctionnement d’un gouvernement, d’une grande bureaucratie, vous voyez que ceux qui dirigent se fient aux experts, mais choisissent parmi eux ceux qui partagent leurs opinions. C’est un jeu complètement stupide et c’est ainsi que nous sommes gouvernés.

Les institutions actuelles repoussent, éloignent, dissuadent les gens de participer aux affaires. Alors que la meilleure éducation en politique, c’est la participation active, ce qui implique une transformation des institutions qui permette et incite à cette participation.

L’éducation devrait être beaucoup plus axée vers la chose commune. Il faudrait comprendre les mécanismes de l’économie, de la société, de la politique, etc. Les enfants s’ennuient en apprenant l’histoire alors que c’est passionnant. Il faudrait enseigner une véritable anatomie de la société contemporaine, comment elle est, comment elle fonctionne. Apprendre à se défendre des croyances, des idéologies.

l'écologie

Or, aujourd’hui, il y a une libération dans tous les sens du terme par rapport aux contraintes de la socialisation des individus. On est entré dans une époque d’illimitation dans tous les domaines, et c’est en cela que nous avons le désir d’infini. Cette libération est en un sens une grande conquête. Il n’est pas question de revenir aux sociétés de répétition. Mais il faut aussi - et c’est un très grand thème - apprendre à s’autolimiter, individuellement et collectivement. La société capitaliste est une société qui court à l’abîme, à tous points de vue, car elle ne sait pas s’autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter, savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ou qu’il ne faut même pas essayer de faire ou qu’il ne faut pas désirer.

Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Egée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue du Pacifique depuis un coin d’Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu’on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et cela pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d’un travail stupide, productif, répétitif, etc. Or cela est très loin non seulement du système actuel mais de l’imagination dominante actuelle. L’imaginaire de notre époque, c’est celui de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote - une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre -, c’est cela qu’il faut détruire. Le système s’appuie sur cet imaginaire- là.

Extraits d'un entretien avec Cornélius Castoriadis paru dans le Monde Diplomatique en août 1998.

mardi 1 juillet 2008

à quand une Europe des peuples ?

29 mai 2005, les Français sont appelés à ratifier par référendum le Traité établissant une Constitution pour l'Europe. 54,67 % des suffrages exprimés se prononcent pour le non. Le 1er juin, les Hollandais votent non à 61,6 %. C'est un coup d'arrêt pour le TCE qui est aussitôt enterré.

Le débat était passionné, en France autant qu'en Hollande. Un souffle de démocratie semblait souffler sur l'Europe.

Le traité renaît cependant de ses cendres en 2007, sous le nom de Traité de Lisbonne. Si la forme diffère, le fond reste similaire, selon Valéry Giscard d'Estaing lui-même. L'une des nouveautés est la suppression de l'aspect constitutionnel du traité, dans la forme seulement.

Commence alors le processus de ratification - principalement par les parlements - des pays d'Europe. Le parlement français ratifie le traité le 4 février 2008. Et là rien, ou presque. Pas de débat, peu d'articles dans les journaux. Une brève dans les journaux télévisés du soir, quelques manifestations ça et là pour manifester son désaccord et son indignation. Mais globalement, une réaction populaire quasi inexistante sans commune mesure avec la ferveur des débats de 2005.

Les Français seraient-ils des moutons, bêlants quand on leur demande, broutant l'herbe le reste du temps ?

des moutons

Seule l'Irlande doit encore ratifier le traité par référendum, cette obligation découle de la constitution de ce pays. Le gouvernement français a tout simplement modifié la constitution française pour ne plus être contraint d'organiser un référendum.

L'Irlande rejette à nouveau le traité le 12 juin 2008 par 53,4 % de voies contre.

Quand est-ce que les gouvernements des pays d'Europe comprendront et accepterons le fait que les Européens souhaitent une Europe des peuples, une Europe dotée d'une véritable souveraineté politique et monétaire ?

mercredi 6 février 2008

la révision de la constitution française a été votée par nos représentants lundi 4 février 2007

Alors que la révision de la constitution française a été votée par nos représentants lundi 4 février 2007, Etienne Chouard dénonce la mascarade que constitue ce traité européen dans un article clair et incisif.

mercredi 16 janvier 2008

interview de Etienne Chouard

Etienne Chouard aborde dans cet interview quelques points essentiels tels que l'Europe et le traité constitutionnel, la monnaie, la démocratie.

vendredi 11 janvier 2008

l'Europe, enfant illégitime des gouvernements européens ?

L'Europe serait-elle l'enfant illégitime des gouvernements européens, conçue à l'encontre de l'intérêt des peuples européens ? C'est en tout cas le discours tenu par Bernard Cassen.