29 mai 2005, les Français sont appelés à ratifier par référendum le Traité
établissant une Constitution pour l'Europe. 54,67 % des suffrages exprimés
se prononcent pour le non. Le 1er juin, les Hollandais votent
non à 61,6 %. C'est un coup d'arrêt pour le TCE qui est
aussitôt enterré.
Le débat était passionné, en France autant qu'en Hollande. Un souffle de
démocratie semblait souffler sur l'Europe.
Le traité renaît cependant de ses cendres en 2007, sous le nom de Traité de
Lisbonne. Si la forme diffère, le fond reste similaire, selon Valéry Giscard d'Estaing lui-même. L'une des nouveautés est
la suppression de l'aspect constitutionnel du traité, dans la forme
seulement.
Commence alors le processus de ratification - principalement par les
parlements - des pays d'Europe. Le parlement français ratifie le traité le 4
février 2008. Et là rien, ou presque. Pas de débat, peu d'articles dans les
journaux. Une brève dans les journaux télévisés du soir, quelques
manifestations ça et là pour manifester son désaccord et son indignation. Mais
globalement, une réaction populaire quasi inexistante sans commune mesure avec
la ferveur des débats de 2005.
Les Français seraient-ils des moutons, bêlants quand on leur demande,
broutant l'herbe le reste du temps ?

Seule l'Irlande doit encore ratifier le traité par référendum, cette
obligation découle de la constitution de ce pays. Le gouvernement français a
tout simplement modifié la constitution française pour ne plus être contraint
d'organiser un référendum.
L'Irlande rejette à nouveau le traité le 12 juin 2008 par 53,4 % de voies
contre.
Quand est-ce que les gouvernements des pays d'Europe comprendront et
accepterons le fait que les Européens souhaitent une Europe des peuples, une Europe dotée d'une véritable souveraineté politique et monétaire ?