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Tag - partage des richesses

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vendredi 27 janvier 2012

un autre regard sur la crise financière

Gaël Giraud est une personne atypique : docteur en mathématiques appliquées, ancien trader, économiste, chercheur au CNRS, jésuite.

Il nous livre dans la retranscription de sa conférence intitulée un regard chrétien sur la crise financière son analyse de la crise financière que nous traversons.

mercredi 25 janvier 2012

partager quand on sait d’où vient sa richesse

Warren Buffett est un homme d'affaire multimilliardaire. Sa fortune ne lui a pourtant pas tourné la tête et il estime que le vrai luxe, c’est le temps. Il remarque en outre que, parvenus à un certain niveau de richesse, nous ne sommes plus les possesseurs des choses, et que ce sont au contraire les choses qui nous possèdent. Pour lui, ce qui compte vraiment, mis à part la santé, ce sont des amis de longue date, divers et intéressants.

Il reconnait également qu'il doit en partie sa fortune à des facteurs externes à sa personne et à ses actions :

Ma richesse provient de trois facteurs : le fait d’être né en Amérique, d’avoir reçu de bons gènes, et d’avoir profité des intérêts composés. Mes enfants et moi-même, nous avons gagné à la loterie génétique. (Pour rappel, je n’avais environ qu’une chance sur 30 de naître en Amérique en 1930. De plus, le fait d’être un homme et d’être blanc m’a épargné les obstacles gigantesques qu’une majorité d’Américains ont du affronter).

Ma chance a été encore accrue parce que j’ai vécu au sein d’une économie de marché qui produit parfois des résultats faussés, mais qui, dans l’ensemble, bénéficie à notre pays. J’ai travaillé dans une économie qui récompense une personne qui sauve la vie des autres sur un champ de bataille avec une médaille, qui récompense un grand professeur avec des notes de remerciement des parents, mais qui récompense ceux qui peuvent détecter les erreurs d’évaluation des titres avec des sommes atteignant des milliards. Bref, la distribution des longues pailles par le destin est follement capricieuse.

Enfin, Warren Buffet prône une véritable rénovation de la fiscalité. Ses arguments sont simples : au minimum, les riches doivent verser la même part de leurs revenus en impôts que les moins riches. Il s'étonne en effet de payer moins d'impôt que sa secrétaire.

Je paie moins d’impôts que ma réceptionniste, vous trouvez cela normal ? Et pourtant, je n’abrite pas mon argent dans des paradis fiscaux, j’applique juste des lois votées par le Congrès.

Ces idées se retrouvent développées aux côtés d'autres idées tout aussi intéressantes dans un article de Gilles Raveaud intitulé Warren Buffett partage car il sait d’où vient sa richesse.

lundi 23 janvier 2012

rapport riches / pauvres : 3 fois plus, ou 60 ?

Gilles Raveaud illustre le fait qu'on peut faire dire ce qu'on veut aux chiffres et que les statistiques sont autant un outil pour ceux qui les maîtrisent qu'un piège pour ceux qui n'y comprennent rien (et qui peuvent se laisser berner par ceux qui les maîtrisent). Dans son article intitulé rapport riches / pauvres : 3 fois plus, ou 60 ?, il montre qu'on peut évaluer à 3 ou à 60 le rapport d'inégalités de revenu entre deux déciles de la population française selon le degré d'honnêteté du locuteur.

En réaction à un éditorialiste du journal les Echos qui écrit que le niveau de vie des 10% de Français les plus aisés est 3,4 fois plus élevé que celui des 10% les plus modestes, Gilles Raveaud montre que l'éditorialiste joue sur les mots à dessein (ou bien fait preuve d'un incroyable manque de précision) dans sa manière de présenter son interprétation de ces chiffres :

De plus et surtout, ce que [l'éditorialiste] compare, ce n’est pas, contrairement à ce qu’il écrit, “le niveau de vie des 10% de Français les plus aisés” au “niveau de vie des 10% les plus modestes”. En effet, le rapport de 3,4 qu’il affiche est le résultat de la comparaison entre le revenu de la personne qui est classée 90ème sur 100 au revenu de la personne classée 10ème sur 100.

Et comme le résume très bien Denis Clerc, le rapport D9/D1, ce n’est pas autre chose que le rapport entre le plus pauvre des riches et le plus riche des pauvres.

La perception de son propre niveau de richesse et des inégalités de répartition des richesses est éminemment subjective et invite à se positionner sur une échelle objective d'évaluation de la richesse. Chacun constaterait alors qu'il existe d'importantes différences entre l'idéal, la perception et la réalité de la répartition des richesses.

lundi 9 janvier 2012

rendre inaliénables les biens communs

Alors que certains cherchent à définir la notion de bien commun, à défendre les moyens de rendre communs certains biens d'intérêt général, Ugo Mattei réfléchit à l'étape suivante : comment protéger les biens communs d'un gouvernement indélicat ou illégitime qui privatiserait des biens communs préservés ou construits par des générations précédentes ?

Comment protéger la propriété collective lorsque, pour « équilibrer » leur budget, des gouvernements bradent les services publics ou dilapident les ressources naturelles ? Forgée dans le monde anglo-saxon et développée dans des pays aux états peu centralisés comme l’Italie, la notion de « biens communs » propose de dépasser l’antinomie entre propriété publique et propriété privée.

L'objectif défendu par Ugo Mattei est bien de rendre inaliénables les biens communs.

mardi 8 novembre 2011

ceci n'est pas une crise

Ceci n'est pas une crise, ou alors elle est écologique !

Les faits racontent que la richesse mondiale, elle, progresse sans cesse, que l'humanité n'a jamais été aussi riche qu'en ce moment. Ce qui signifie, concrètement, qu'il n'y a aucune crise économique en cours. Ce qui signifie, concrètement, que toute politique visant à réduire encore un peu plus les moyens de subsistance d'une partie de plus en plus importante de la population mondiale est une politique délibérée de paupérisation à grande échelle, une politique de création artificielle d'inégalités insupportables, une politique de confiscation des ressources du plus grand nombre pour le profit de quelques-uns.

La conclusion de cet article intitulé effet ciseau donne à réfléchir...

vendredi 21 octobre 2011

euro : en sortir ou pas ?

Dans son article intitulé euro : en sortir ou pas ?, Michel Husson analyse les points forts et les points faibles de la zone euro et de son histoire.

Il commence par un rapide résumé de la crise que nous traversons :

Le déroulement de la crise peut se résumer de manière simple: le capitalisme s’est reproduit durant les deux décennies précédant la crise en accumulant une montagne de dettes. Pour éviter l’effondrement du système, les Etats ont repris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de privées, sont devenues publiques. Leur projet est dorénavant de présenter la facture aux citoyens sous forme de coupes budgétaires, d’augmentation des impôts les plus injustes et de gel des salaires. En résumé la majorité de la population (travailleurs et retraités) doit assurer la réalisation de profits fictifs accumulés durant de longues années.

Et remet aussitôt en cause l'histoire de l'Europe et la base sur laquelle l'espace économique a été fondé :

Le ver était dans le fruit. Vouloir construire un espace économique avec une monnaie unique, mais sans budget, n’était pas un projet cohérent. Une union monétaire tronquée devient une machine à fabriquer de l’hétérogénéité et de la divergence. Les pays connaissant une inflation supérieure à la moyenne perdent en compétitivité, sont incités à fonder leur croissance sur le surendettement.

Selon Michel Husson, la solution a cette crise passe par un autre partage des richesses. Il point en effet le fait que la part des salaires dans le PIB de la France n'a cessé de baisser depuis 1980 (voir aussi l'article intitulé partage des richesses, la question taboue) :

Le principe essentiel, c’est la satisfaction optimale des besoins sociaux. Le point de départ est donc la répartition des richesses. Du point de vue capitaliste, la sortie de crise passe par une restauration de la rentabilité et donc par une pression supplémentaire sur les salaires et l’emploi.

Mais c’est la part du revenu national ponctionnée sur les salaires qui a nourri les bulles financières. Et ce sont les contre-réformes néolibérales qui ont creusé les déficits, avant même l’éclatement de la crise.

L’équation est donc simple: on ne sortira pas de la crise par le haut sans une modification significative de la répartition des revenus. Cette question vient avant celle de la croissance. Certes, une croissance plus soutenue serait favorable à l’emploi et aux salaires (encore faut-il en discuter le contenu d’un point de vue écologique) mais, de toute manière, on ne peut pas tabler sur cette variable si, en même temps, la répartition des revenus devient de plus en plus inégalitaire.

Il faut donc prendre en tenailles les inégalités: d’un côté par l’augmentation de la masse salariale, de l’autre par la réforme fiscale. La remise à niveau de la part des salaires pourrait suivre une règle des trois tiers: un tiers pour les salaires directs, un tiers pour le salaire socialisé (la protection sociale) et un tiers pour la création d’emplois par réduction du temps de travail. Cette progression se ferait au détriment des dividendes, qui n’ont aucune justification économique, ni utilité sociale.

Il envisage ensuite la possibilité d'une sortie de l'euro :

Quel serait l’avantage d’une sortie de l’euro? L’argument principal est qu’il rendrait possible une dévaluation de la nouvelle monnaie qui rétablirait la compétitivité du pays concerné. Il redonnerait à la Banque centrale la possibilité d’émettre de la monnaie afin de financer autrement son déficit. Les plus optimistes y voient un moyen de réindustrialiser une économie, d’atteindre une croissance plus élevée et de créer des emplois.

Mais repousse cette éventualité pour la raison que c'est une mesure non-coopérative :

Une dévaluation rend les produits d’un pays plus compétitifs, en tout cas à l’égard des pays qui ne dévaluent pas. Il faudrait donc que la sortie de l’euro ne concerne qu’un petit nombre de pays. C’est donc une solution nationale non coopérative où un pays cherche à gagner des parts de marché sur ses partenaires commerciaux.

En outre ce serait une mesure potentiellement dangereuse :

Un gouvernement de transformation sociale commettrait d’ailleurs une terrible erreur stratégique en commençant par sortir de l’euro, puisqu’il s’exposerait ainsi à toutes les mesures de rétorsion.

Et enfin, cette éventualité ne serait pas une protection contre un plan d'austérité :

C’est le fond de la question. La mondialisation et l’intégration européenne néolibérales renforcent le rapport de forces en faveur du capital. Mais il n’est pas possible d’en faire la cause unique, comme si un meilleur partage des richesses pouvait s’établir spontanément, à l’intérieur de chaque pays, à la seule condition de prendre des mesures protectionnistes. Laisser croire que la sortie de l’euro pourrait en soi améliorer le rapport de forces en faveur des travailleurs est au fond l’erreur d’analyse fondamentale. Il suffit pourtant de considérer l’exemple britannique : la livre sterling ne fait pas partie de l’euro, mais cela ne met pas la population à l’abri d’un plan d’austérité parmi les plus brutaux en Europe.

Au final, Michel Husson prône plutôt une stratégie de refondation de l'Europe :

Le choix semble donc être entre une aventure hasardeuse et une harmonisation utopique. La question politique centrale est alors de sortir de ce dilemme. Pour essayer d’y répondre, il faut travailler la distinction entre les fins et les moyens. L’objectif d’une politique de transformation sociale, c’est, encore une fois, d’assurer à l’ensemble des citoyens une vie décente dans toutes ses dimensions (emploi, santé, retraite, logement, etc.). L’obstacle immédiat est la répartition des revenus qu’il faut modifier à la source (entre profits et salaires) et corriger au niveau fiscal. Il faut donc prendre un ensemble de mesures visant à dégonfler les revenus financiers et à réaliser une réforme fiscale radicale. Ces enjeux passent par la mise en cause des intérêts sociaux dominants, de leurs privilèges, et cet affrontement se déroule avant tout dans un cadre national. Mais les atouts des dominants et les mesures de rétorsion possibles dépassent ce cadre national : on invoque immédiatement la perte de compétitivité, les fuites de capitaux et la rupture avec les règles européennes.

La seule stratégie possible doit alors s’appuyer sur la légitimité des solutions progressistes, qui résulte de leur caractère éminemment coopératif. Toutes les recommandations néo-libérales renvoient en dernière instance à la recherche de la compétitivité: il faut baisser les salaires, réduire les « charges » pour, en fin de compte, gagner des parts de marché. Comme la croissance sera faible dans la période ouverte par la crise en Europe, le seul moyen pour un pays de créer des emplois, sera d’en prendre aux pays voisins, d’autant plus que la majorité du commerce extérieur des pays européens se fait à l’intérieur de l’Europe. C’est vrai même pour l’Allemagne (premier ou deuxième exportateur mondial avec la Chine), qui ne peut compter sur les seuls pays émergents pour tirer sa croissance et ses emplois. Les sorties de crise néo-libérales sont donc par nature non coopératives: on ne peut gagner que contre les autres, et c’est d’ailleurs le fondement de la crise de la construction européenne.

La grande qualité de cet article de Michel Husson est d'ouvrir le débat :

Le débat ne peut être enfermé dans une opposition entre anti-libéraux et anti-capitalistes. Cette distinction a évidemment un sens, selon que le projet est de débarrasser le capitalisme de la finance ou de nous débarrasser du capitalisme. Mais cette tension ne devrait pas empêcher de faire un long chemin ensemble, tout en menant ce débat. Le «programme commun» pourrait reposer ici sur la volonté d’imposer d’autres règles de fonctionnement au capitalisme. Et c’est bien la ligne de partage entre la gauche radicale de rupture et le social-libéralisme d’accompagnement. La tâche prioritaire aujourd’hui est en tout cas, pour la gauche radicale, de construire un horizon européen commun, qui serve de base à un véritable internationalisme.

Prenez quelques minutes pour lire dans son intégralité l'article intitulé euro : en sortir ou pas ?, un article à lire et à relire.

vendredi 8 juillet 2011

les paradis fiscaux en 7 vers illustrés

Si vous entendez souvent parler des paradis discaux mais que vous n'y comprenez rien, prenez quelques minutes pour lire l'article intitulé les paradis fiscaux en 7 vers illustrés.

lundi 9 mai 2011

la TVA est-elle juste ?

Les taxes indirectes (telles que la TVA) représentent près de 17% des revenus des plus démunis, deux fois plus que pour les ménages les plus aisés.

Alors que dans le cas des impôts "progressifs" (l’impôt sur le revenu en particulier) le taux augmente avec le niveau de vie, dans le cas des taxes indirectes, il diminue.

A la lumière de ces éléments, on peut légitimement se poser la question : la TVA est-elle juste ?

jeudi 28 avril 2011

glissement de la démocratie vers l’oligarchie

Si le glissement de la démocratie vers l'oligarchie est suffisamment lent et insidieux, il est possible que les citoyens ne s'en rendent pas compte.

Hervé Kempf n'est pas tendre avec l'occident et son système politique dans son article intitulé il est vital pour l’oligarchie de maintenir la fiction d’une démocratie. Il estime que les peuples occidentaux se laissent berner par la classe dirigeante :

Il est vital pour le maintien d’un système inégalitaire que le peuple continue à croire qu’il est en démocratie, que c’est lui qui décide. Aujourd’hui, une partie de la classe dirigeante est cependant en train d’abandonner l’idéal démocratique et aspire plus ou moins ouvertement à un régime totalitaire.

Il estime également la classe dirigeante incapable de s'attaquer à la question écologique car cela impliquerait de remettre en cause l'oligarchie elle-même :

Pour l’oligarchie, il est vital que croissance économique et promesse d’augmentation de la consommation matérielle soient considérées comme un objectif absolu. C’est la condition pour que les inégalités actuelles restent acceptables : la croissance du PIB est censée permettre l’élévation du niveau de vie de tous. La question écologique est donc toujours minorée et la critique de la croissance considérée comme absurde.

Plus de 3 ans après le Grenelle Environnement, des associations déplorent l'absence de résultat dans un bilan plus que mitigé sur les questions de taxe carbone, de transport et d'énergie.

Cette incapacité de la classe dirigeante à répondre à la question écologique serait un indice en faveur de la thèse de Hervé Kempf : nous sommes passé d'une démocratie à une oligarchie.

jeudi 21 avril 2011

le revenu maximum, un levier pour le changement

Hervé Kempf a publié un article intitulé le revenu maximum, un levier pour le changement qui traite des écarts de revenu :

En une trentaine d’années, les écarts de rémunérations ont explosé. Alors qu’un grand dirigeant d’entreprise, pendant les trente glorieuses, gagnait environ 35 fois le salaire moyen de ses employés, le rapport est aujourd’hui de 1 à 300. Face à un tel constat, l’idée d’un revenu maximum fait son chemin dans le débat public.

Un rapport de revenu de 1 à 300 entre le salaire moyen d'un employé et d'un grand dirigeant d'entreprise signifie que le grand dirigeant d'entreprise gagne en 1 jour autant que l'employé en 1 an et demi (environ 300 jours).

Même en tenant compte du fait que le grand dirigeant d'entreprise a peut-être suivi de longues études, a travaillé durement tout au long de sa carrière, est investi de beaucoup de responsabilités et est soumis à un stress important au quotidien, même en tenant compte de tous ces facteurs, est-il moral qu'il y ait une telle différence de revenu ?

Gagner chaque jour autant qu'en un an et demi de travail ?

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