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Tag - partage des richesses

Fil des billets

mercredi 20 avril 2011

répartition des richesses : idéal, perception et réalité

Un article intitulé la répartition des richesses donne un aperçu intéressant de la relations qu'ont les Étasuniens avec les inégalités de répartition de la richesse dans leur pays.

On peut noter que la manière dont ils perçoivent ces inégalités est bien au delà de leur idéal de répartition. Autrement dit, la société Étasunienne leur semble plus inégale qu'ils ne la souhaiteraient. En conséquence, il est intéressant de constater que les Étasuniens rêvent d'une société plutôt égalitaire où les 20% les plus riches ne possèderaient pas plus de 32% des richesses, et les 20% les moins riches ne possèderaient pas moins de 12% des richesses (soit un rapport de 1 à 3 entre les 20% les plus riches et les 20% les moins riches).

Mais le plus étonnant est le différentiel entre la manière dont ils perçoivent ces inégalités et la réalité de ces inégalités. En effet, la société Étasunienne est bien plus inégale qu'ils ne l'imaginent. Alors que les Étasuniens imaginent que les 20% plus riches possèdent 58% des richesses, ils en possèdent en réalité 83%. Quand aux 20% les plus pauvres, les Étasuniens les imaginent possédant 3% des richesses alors qu'ils en possèdent en réalité 0,1%. Cela a-t-il encore un sens de calculer le rapport entre les plus riches et les moins riches quand on atteint ce niveau-là d'inégalité ?

En conclusion, l'Étasunien moyen est bien plus riche qu'il ne l'imagine, relativement à ses concitoyens. Gageons qu'il en est de même en France.

Vous en doutez ? Vérifiez par vous-même en faisant le test sur Global Rich List qui vous donnera votre classement de richesse par rapport à la population mondiale. Vous serez probablement surpris de votre classement ! Comme les Étasuniens, vous avez probablement une image faussée de la répartition des richesses dans votre pays et dans le monde.

La France semble un peu moins inégalitaire dans la mesure où les 20% les plus riches ne possèdent que 64% des richesses, et les 20% les plus pauvres possèdent 0,15% des richesses. Ce bilan, quoi que moins alarmant, reste préoccupant, d'autant plus lorsque l'on sait que - aux États-Unis comme en France - les inégalités s'accroissent.

lundi 18 avril 2011

notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l'environnement

L'économiste britannique Tim Jackson critique la culture de la consommation et l'obsession de la productivité.

Dans son article notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversibles sur l'environnement, il explique les limites de la croissance et les moyens de faire évoluer le modèle économique actuel.

Son avis est sans appel sur les moyens de lutter contre le chômage :

Le capitalisme actuel poursuit l'augmentation continue de la productivité du travail, si bien qu'on produit la même chose avec toujours moins de gens. Si vous acceptez cette idée que la hausse de la productivité est la clé du progrès économique, vous n'avez que deux options : l'une c'est d'avoir moins d'emplois dans l'économie, l'autre est d'en avoir autant, ce qui signifie toujours plus de croissance - qui se heurte aux limites des ressources et de l'environnement. Le choix est donc soit de conserver la croissance de la productivité et d'admettre par conséquent qu'il y aura moins de travail dans l'économie, ce qui signifie la mise en place de politiques de réduction du temps de travail ; soit opter pour la fin de la hausse de la productivité, et développer les services sociaux - éducation, aide sociale, maintien des espaces publics, rénovation des bâtiments, etc.

Faut-il alors poursuivre la recherche d'une meilleure productivité et d'une meilleure compétitivité ? Ou est-ce qu'on change de paradigme ?

jeudi 14 avril 2011

partage des richesses, partage du travail

Les attaques récurrentes contre les 35 heures françaises prennent souvent le prétexte que les travailleurs français travaillent moins que leurs homologues et que cela grèverait la compétitivité française.

Méfions nous des idées reçues, surtout de celles dont on ignore l'expéditeur.

Suivons les conseils de ce dicton et voyons si les attaques contre les 35 heures se basent sur des faits avérés.

Pierre Larrouturou, dans un article au titre très explicite : Non, il n'est pas vrai qu'on travaille moins en France qu'ailleurs, démontre que les Français ne sont pas moins travailleurs que les Étasuniens ou que les Allemands.

On peut au passage noter que les Français ont - sans le savoir - opté pour un partage du travail très inégal : d'un côté ceux qui ont un travail et qui travaillent beaucoup, d'un autre côté ceux qui sont au chômage et qui ne travaillent pas ou peu. Les Allemands ont opté pour une autre solution pendant la crise financière en 2009 : les entreprises allemandes ont choisi de diminuer le temps de travail de leurs salariés plutôt que d'en licencier certains et de laisser les autres à temps plein. Deux pays frontaliers, deux réponses politiques et sociales différentes.

Alternatives Economiques démonte également les idées reçues et les propos d'Hervé Novelli dans un article intitulé : 35 heures : les contresens d'Hervé Novelli. L'article montre clairement que le coût du travail est plus bas en France qu'en Allemagne.

La conclusion de l'article est éloquente :

Comme l'écrivait Jean-Claude Bayol dans un récent courrier des lecteurs d'Alternatives Economiques (numéro de janvier 2011), justement à propos des « grands médias » et des 35 heures : « Je suis au regret de constater que leurs journalistes laissent assez souvent dire n'importe quoi à leurs interviewés, sans les reprendre, ni au cours de l'entretien, ni dans un commentaire annexe. »

Plus que jamais, il importe de conserver sa capacité à douter et son esprit critique à la lecture de la presse.

mercredi 13 avril 2011

l'équation de Kaya

L'équation de Kaya est un outil qui permet de mieux appréhender les facteurs qui influent sur les émissions mondiales de gaz carbonique, le principal gaz à effet de serre d'origine humaine.

Elle part du principe que toute chose est égale à elle-même. En d'autres termes, la quantité d'émissions mondiales de gaz carbonique (CO2) est égale à elle-même, soit CO2 = CO2 !

En ajoutant par la suite des termes à l'équation tels que la quantité d'énergie consommée dans le monde, le PIB mondial, et la population mondiale, on aboutit à une équation un peu plus évoluée qui permet de recombiner les termes afin d'en affiner le sens.

En conclusion, les émissions mondiales de gaz carbonique dépendent des facteurs suivants (chaque facteur étant un facteur multiplicateur des autres) :

  • contenu en gaz carbonique de l'énergie,
  • intensité énergétique de l'économie,
  • production par personne,
  • population.

Si l'on souhaite diviser les émissions mondiales de gaz carbonique par 2, il est insensé d'essayer d'influer seulement sur un ou deux paramètres parmi les 4, a fortiori quand les autres paramètres évoluent dans le sens contraire au sens souhaité !

A l'aune de cette grille de lecture, il devient donc intéressant d'analyser les options s'offrant à nous et de différencier celles qui semblent réalistes de celles qui le semblent moins. C'est le travail effectué par Jean-Marc Jancovici dans son article intitulé qu'est-ce que l'équation de Kaya ?.

mercredi 22 septembre 2010

la bombe humaine

Quarante ans après la publication de son livre controversé The population bomb, le scientifique Paul Ehrlich persiste et signe : la surpopulation – associée aujourd'hui à la surconsommation – est au centre de la crise environnementale à laquelle la planète est confrontée. Et il insiste : ce ne sont pas les solutions technologiques qui changeront quoi que ce soit.

L'article est intéressant mais est à lire sans préjugé. Il est cependant dommage qu'il n'évoque pas le fait que lorsqu'on met la démographie en question, on oublie trop souvent que ce sont avant tout les riches qui détruisent et menacent la planète.

La question démographique ne devrait jamais être abordée sans évoquer celle du partage des richesses.

vendredi 13 août 2010

climat, énergie et prospective

Jean-Marc Jancovici a déjà été mentionné plusieurs fois dans des billets tels que :

Voici une conférence de Jean-Marc Jancovici, qui porte sur ses thèmes de prédilection : climat, énergie et prospective. A visionner et à partager sans retenue.

lundi 19 juillet 2010

60 questions, 60 réponses, sur la dette, le FMI et la banque mondiale

Six ans après la parution du livre 50 questions 50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, Damien Millet et Eric Toussaint sortent une version actualisée et complétée qui décrypte le discours officiel sur la dette et envisage les scénarios possibles pour sortir de l’impasse. Ils exposent les différents arguments moraux, politiques, économiques, juridiques, écologiques sur lesquels repose la revendication d’une annulation de la dette publique.

Le livre intitulé 60 questions, 60 réponses, sur la dette, le FMI et la banque mondiale permet de mieux comprendre comment s'est structuré le monde depuis la seconde guerre mondiale et les motivations tacites de la promotion incessante du libre échange.

Il recèle quelques perles susceptibles de choquer les plus naïfs :

Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. [...] L'inquiétude [à propos des agents toxiques] sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1000 à cinq ans.

Lawrence Summers, note interne de la banque mondiale, 13 décembre 1991

On ne s'étonne pas, à la lecture de cet extrait, que le monde aille de travers. Il ne pourrait en être autrement du fait de la présence de personnages de cette nature dans des rôles de grand architecte du monde financier. Et, aussi choquants que soient ces propos, ils correspondent hélas à une réalité...

jeudi 1 avril 2010

leur écologie et la nôtre

Visionnaire, le philosophe André Gorz avait prévu, dans ce texte paru en 1974, la récupération de l’écologie par l’industrie, les groupes financiers - en un mot, le capitalisme.

Extrait :

Car les partisans de la croissance ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l'actuelle société et de l'actuel modèle de consommation, fondés sur l'inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l'écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l'actuel mode de production, il n'est pas possible de limiter ou de bloquer la croissance tout en répartissant plus équitablement les biens disponibles.

Tant qu'on raisonnera dans les limites de cette civilisation inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la promesse - pourtant entièrement illusoire - qu'ils cesseront un jour d'être sous-privilégiés, et la non-croissance comme leur condamnation à la médiocrité sans espoir. Aussi n'est-ce pas tant à la croissance qu'il faut s'attaquer qu'à la mystification qu'elle entretient, à la dynamique des besoins croissants et toujours frustrés sur laquelle elle repose, à la compétition qu'elle organise en incitant les individus à vouloir, chacun, se hisser au-dessus des autres. La devise de cette société pourrait être : Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as mieux que les autres.

Or c'est l'inverse qu'il faut affirmer pour rompre avec l'idéologie de la croissance : Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d'être produit ce qui privilégie ni n'abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d'opulence, car dans une société sans privilège, il n'y a pas de pauvres.

André Gorz écrivait cela en 1974...

mardi 2 mars 2010

de la nécessité d'un protectionnisme européen

Jacques Sapir a accordé un entretien à Pascale Fourier. La retranscription de cet entretien est disponible en 3 parties : partie 1, partie 2 et partie 3 (à venir).

Il traite de nombreux sujet, dont de la nécessité d'un protectionnisme européen :

C'est bien pour ça que je dis qu'il va falloir mettre des droits de douanes et des droits de douanes relativement importants, en comprenant aussi que les pays du cœur de l'Europe, les pays du cœur historique, peuvent très bien fonctionner d'une certaine manière en circuit fermé. Nous avons peu de choses à exporter vers le reste du monde, sauf peut-être évidemment des avions, et encore, parce que nous sommes aussi un gros consommateur de mode de transport etc. Donc je pense qu'il faut abandonner cette attitude où l'on dit: « Mais si l'on met les droits de douane, alors nous n'exporterons plus vers la Chine ». Oui, bien sûr, nos exportations vont baisser, mais elles vont baisser de toutes les manières. Il vaut mieux anticiper ce phénomène et se donner comme objectif une consolidation et une reconstruction de nos industries dans le pays du cœur de l'Europe.

Visiblement, la question du protectionnisme (qu'il soit français ou européen) fait débat : certains le croient nécessaire voir inéluctable, d'autres l'estiment indésirable.

En complément de cet entretien, Pascale Fourier nous propose un autre texte de Jacques Sapir intitulé l'horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat.

mercredi 17 février 2010

une réflexion libérale et intelligente en réponse à la crise

L'article intitulé quelques propositions globales en réponse à la crise permet d'aborder la crise actuelle sous un angle bien rarement mis en lumière dans les courants traditionnels de la pensée libérale.

Le résumé des propositions de l'article est intéressant et novateur. Il invite à la réflexion et au débat :

  • Principe 1 : l'inégalité est indispensable dans toute grande société.
  • Principe 2 : une inégalité extrême ne correspond pas non plus à la nature humaine. Les sociétés de ce type finissent par être rejetées, comme les sociétés égalitaires.
  1. le filet de secours universel, la relance de l'emploi et de la production
    1. le revenu d'existence
    2. la couverture médicale universelle
    3. l'éducation gratuite
    4. coût total du filet de secours universel = solidarité nationale : 25,6% du PIB
  2. la réforme du système monétaire
    1. le système de réserve
    2. l'étalon monétaire
    3. la gestion de la masse monétaire
  3. la neutralité de l'état
    1. une politique monétaire neutre
    2. l'absence totale de subventions
    3. l'absence totale de politiques de relance de la demande
    4. l'absence de mesures protectionnistes
  4. l'interdiction des déficits

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