si, c'est vrai !

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mercredi 17 mars 2010

de la valeur ignorée des métiers

Un article court et percutant de Pierre Rimbert pose la question qui fâche :

A force d’évaluer toutes choses et toutes gens à l’aune de leur rendement monétaire — que rapportez-vous aux actionnaires ? —, il était fatal qu’on retournât un jour la question aux évaluateurs, mais posée d’un autre point de vue : que rapportez-vous à la société ?

Et vous, quel est le rendement social de votre métier ?

mercredi 23 décembre 2009

depuis 30 ans, les salaires baissent, sauf au sommet

Depuis 30 ans, les salaires baissent, sauf au sommet.

Les salariés le ressentaient, intuitivement, sans pouvoir facilement fournir des données factuelles pour appuyer leurs dires. Jacques Sapir propose ici un article sérieux et argumenté explique comment et pourquoi cette baisse des salaires s'est opérée en 3 phases distinctes :

On peut alors distinguer trois phases relativement distinctes dans ce processus et qui indiquent que des éléments différents ont joué suivant les époques.

Tout d’abord, le brutal ajustement du partage de la valeur ajoutée initié par Jacques Delors en 1982-83 et qui s’est prolongé durant le premier septennat de François Mitterrand. C’est bien lui qui a provoqué – au nom il faut le rappeler de l’Europe – la grande montée du chômage que l’on a connu dans la seconde moitié des années 1980.

Ensuite, une phase de stagnation des salaires réels, liée au chômage de masse que l’on connaît à la fin de cette première phase et qui sera relayé par la politique dite de « franc fort » pour réussir les conditions de l’entrée dans la zone Euro.

Enfin, une troisième phase qui commence vers 1997 et dans laquelle nous sommes toujours plongés. Elle voit cette fois les salaires évoluer sous la contrainte des importations de produits issus des pays à faibles coûts salariaux. Ceci se traduit par un accroissement plus faible du salaire moyen que celui de la productivité et une quasi-stabilité pour le salaire médian (ce phénomène étant particulièrement sensible dans l’industrie manufacturière). Dans cette phase, l’épisode des 35 heures a bien joué un rôle correctif, mais celui-ci a été limité.

Cela rejoint l'analyse de François Ruffin dans l'article partage des richesses, la question taboue.

lundi 7 décembre 2009

le livre qui dynamite les idées reçues sur le travail

La France du travail, le livre qui dynamite les idées reçues sur le travail :

  • c'est la croissance qui crée l'emploi
  • la réduction du temps de travail est néfaste pour l'emploi
  • le marché du travail est trop rigide
  • le coût du travail est trop élevé
  • la sortie de crise est à portée de main

Pour assister au dynamitage de ces idées reçues, allez lire l'article sur le site de Michel Husson.

mercredi 23 septembre 2009

travailler plus pour payer plus d'impôts !

Plume de presse nous présente dans un très bon billet une étude menée par la fondation Terra Nova. Cette étude porte sur l'évolution des prélèvements obligatoires depuis 2002, elle démonte clairement quelques idées reçues :

Il n’y a pas eu de baisse des impôts en France depuis 2002.

La politique fiscale est marquée par une forte baisse des impôts au profit des ménages les plus aisés. Les deux-tiers des baisses d’impôts de la période, soit 20 milliards d’euros par an sur un total de 30, ont été fléchés vers les plus riches.

La politique fiscale a été orientée vers la rente, en contradiction avec l’objectif affiché de revaloriser le travail.

Il est heureux de constater que des citoyens comme Plume de presse effectuent un véritable travail de décryptage, à contre courant des média dominants.

jeudi 19 février 2009

le travail moderne est incompatible avec une vie épanouie

De nos jours, pour beaucoup, la vie quotidienne est une course, une course après le temps où chacun doit jongler entre :

  • sa vie privée
    • sa vie personnelle
    • sa vie amicale et familiale
    • sa vie associative
  • sa vie professionnelle

Et qui n'a pas entendu un ami, un collègue, un parent lui répondre : j'ai pas l'temps !

C'est pourtant faux, on a tous du temps, on a tous le même temps, on a tous 24 heures par jour dont on dispose pour faire ce qu'on veut.

Seulement, certains choix nous engagent. Ces engagements à plus ou moins long terme nous amènent à considérer que ces contraintes s'imposent à nous alors que c'est nous-même qui nous les sommes imposées un jour, en faisant un choix.

Et il faut bien avouer que la manière dont on fait des choix donne souvent la priorité à la vie professionnelle. Et cette vie professionnelle est chronophage, le travailleur-fou ne butera jamais contre une limite maximale, il ne trouvera que rarement un chef pour lui dire de travailler moins, de rentrer chez lui. Augmenter le chiffre d'affaire, maximiser les bénéfices, assurer la part variable implique de travailler plus. Parfois ce n'est pas l'appât du gain mais la précarité qui implique de travailler plus (sans gagner plus). A chaque fois pourtant, c'est la vie privée qui en pâti.

Pourtant, une fois qu'on est riche, qu'on a une belle situation, qu'on est physiquement et moralement usé, qu'on est vieux, est-ce qu'on est bien avancé si on a tout au long de sa vie négligé sa vie personnelle, si on a perdu de vue ses amis et qu'on a l'impression de ne pas avoir vu grandir sa famille, si on a pris aucun engagement associatif ou militant (qui est l'essence même de la citoyenneté) ?

Les gains de productivités devraient permettre une réduction du temps de travail et un meilleur partage du travail. Au lieu de cela, ces gains de productivité sont toujours mis au service de l'augmentation de l'activité de l'entreprise. On produit plus avec autant de monde, ou on licencie et on produit autant avec moins de monde. Mais jamais on ne fera le choix de produire autant, avec autant de monde, mais en moins longtemps, de manière à libérer du temps libre.

En 1936, le front populaire vote les 40 heures de travail hebdomadaires. Aujourd'hui, la durée légale du travail est de 48 heures, beau progrès ! Comment ont été utilisés les gains de productivité accumulés depuis 1936 ? Ils ont permis de faire redémarrer l'économie après la seconde guerre mondiale, d'élever le niveau de vie des Français, jusqu'à l'emballement économique de ces dernières décennies. Mais ils n'ont pas été utilisés pour développer ou améliorer la qualité de vie des citoyens.

La seule initiative en faveur de la réduction du temps de travail, les 35 heures, a rapidement été compensée par le déplafonnement des heures supplémentaires et leur défiscalisation. Le débat sur le travail le dimanche vise - in fine - à transformer le dimanche en un jour travaillé comme les autres.

Il existe un moyen d'éviter d'atteindre le NAIRU, d'éviter d'avoir affaire à des citoyens trop instruits et en mesure de remettre en cause les orientations des gouvernements, d'éviter que l'activité non-marchande ne se développe, d'inciter le citoyen à muter en consommateur et à devenir dépendant de ce qu'il achète et frustré de ce qu'il n'a pas encore acheté.

Ce moyen simple, c'est augmenter la charge de travail, c'est précariser le travailleur et le chômeur pour les amener à s'intéresser au menu du soir plutôt qu'à un projet démocratique leur permettant d'améliorer leur qualité de vie. C'est rendre le travail est incompatible avec une vie épanouie.

lundi 24 novembre 2008

le travail le dimanche

En septembre 2008, un institut de sondage a été mandaté pour mieux connaître l'avis des Français vis-à-vis de l'ouverture des magasins le dimanche. La méthodologie utilisée et le détail des résultats sont présentés dans le rapport publié par l'institut de sondage.

Le sondage est constitué de quatre questions :

  1. Personnellement, êtes-vous favorable à l'ouverture de magasins le dimanche ?
  2. Savez-vous qu'aujourd'hui la plupart des magasin n'ont pas le droit d'ouvrir le dimanche. Personnellement, êtes-vous favorable à un assouplissement de la législation sur ce sujet afin que des magasins puissent ouvrir le dimanche ?
  3. Si davantage de magasins étaient ouverts le dimanche, vous-même feriez-vous des courses dans ces magasins le dimanche ?
  4. Travailler le dimanche est payé davantage qu'en semaine. Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous ?

Les question portent sur les thèmes suivants :

  1. L'adhésion à l'ouverture des magasins le dimanche. Ce premier thème aborde le sujet dans sa globalité, sans positionner la question du point de vue du client ou du travailleur.
  2. L'adhésion à un assouplissement de la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche. Ce second thème aborde l'aspect règlementaire, sans positionner non plus la question ni du point de vue du client ou du travailleur.
  3. L'intention de fréquentation des magasins le dimanche. Ce troisième aborde l'aspect pratique du point de vue du client.
  4. L'intention de travailler le dimanche. Ce quatrième thème aborde l'aspect pratique du point de vue du travailleur.

Les résultats sont ensuite présentés en fonction :

  • de l'évolution de la réponse dans le temps (en lien avec des sondages antérieurs)
  • du type de tissus urbain (communes rurales, agglomérations de province, agglomération parisienne)
  • de critères sociologiques (sexe, age, profession, région, proximité politique)
  • des réponses aux questions précédentes

l'adhésion à l'ouverture des magasins le dimanche

Cette question ne positionne la personne interrogée ni du point de vue du client ni du point de vue du travailleur. Chacun se positionne donc naturellement en fonction de son métier et de la probabilité qu'il a de travailler le dimanche : si cette probabilité est faible il se positionnera en tant que client, si elle est forte il se positionnera en tant que travailleur.

L'agglomération parisienne est ici très favorable à l'ouverture des magasins le dimanche. Les agglomérations de province sont beaucoup plus partagées (50/50). Quant aux communes rurales, elles sont majoritairement contre.

Mais allons plus loin et regardons de plus près les réponses possibles :

  • tout à fait favorable
  • plutôt favorable
  • plutôt pas favorable
  • pas favorable du tout
  • ne se prononce pas

Tout d'abord, il n'y a aucune réponse ne se prononce pas, tout le monde a un avis. C'est plutôt étonnant car il y a habituellement toujours une part de non-réponse...

Ensuite, on constate que les personnes favorables sont majoritairement plutôt favorable et plus rarement tout à fait favorable. Inversement, lorsqu'elles sont pas favorable, elles sont majoritairement pas favorable du tout et plus rarement plutôt pas favorable. Autrement dit, ceux qui sont d'accord sont plutôt assez d'accord tandis que ceux qui ne sont pas d'accord sont plutôt pas d'accord du tout. C'est un premier point qui relativise déjà les gros titres de la presse.

l'adhésion à un assouplissement de la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche

Cette question est la question centrale du sondage car elle porte précisément sur l'objectif visé par le gouvernement : assouplir la législation sur l'ouverture des magasins le dimanche.

Cette question ne positionne pas non plus la personne interrogée ni du point de vue du client ni du point de vue du travailleur. Chacun se positionne donc encore une fois naturellement en fonction de son métier et de la probabilité qu'il a de travailler le dimanche. Cette question est mise en perspective dans le temps avec les résultats de sondages précédents (mai 2004, juin 2006, décembre 2007 et mai 2008). Etrangement, cette question n'a pas été posée lors du sondage (septembre 2008) mais uniquement lors des sondages précédents. On peut également relever que ces sondages sont fréquents, preuve que la volonté du gouvernement à assouplir le droit du travail est forte, dans la continuité de ses actions sur la casse du droit du travail en général.

Ensuite, on peut voir que les avis favorables à l'assouplissement de la législation sont en forte baisse en 2008. Après être passé par un maximum en décembre 2008, les résultats sont maintenant mitigés avec 50% des personnes interrogées plutôt pas favorables à un assouplissement de la législation contre seulement 49% favorables. Cela a rarement été mentionné dans les médias ayant titré sur le sondage alors que la tendance est plutôt au refus de l'assouplissement de la législation.

Parmi les indicateurs sociologiques regroupant le plus fort taux (supérieurs à 50%) de personnes défavorables à un assouplissement de la législation, on trouve :

  • les ouvriers et les professions intermédiaires
  • les communes rurales
  • les gens de gauche et ceux sans proximité politique

Parmi les indicateurs sociologiques regroupant le plus fort taux (supérieurs à 60%) de personnes favorables à un assouplissement de la législation, on trouve :

  • les personnes de profession libérale, les cadres et les retraités
  • l'agglomération parisienne
  • les gens de droite

On retrouve pour les avis défavorables les personnes dont la profession les amènera le plus probablement à travailler le dimanche, les habitants des communes rurales qui ne passent pas leur temps dans les centres commerciaux et qui ont d'autres centres d'intérêt, les gens de gauche qui ont peut-être conscience de l'importance du lien social et les gens sans proximité politique qui sont peut-être désabusés des manigances politiques et ne souhaitent pas se faire avoir une fois de plus.

Il semble se dessiner deux tendances, selon que les personnes interrogées soient susceptibles ou non de travailler le dimanche. Autrement dit, les réponses varient selon que les personnes interrogées se considèrent comme client potentiel ou comme travailleur potentiel. Nous allons pouvoir vérifier cette hypothèse avec les deux dernières questions qui sont clairement orientées du point de vue du client pour l'une et du point de vue du travailleur pour l'autre.

l'intention de fréquentation des magasins le dimanche

Les réponses à cette question sont intéressantes car elles font apparaître que les Français n'ont pas une attente forte vis-à-vis de l'ouverture des magasins le dimanche. Ils souhaitent principalement pouvoir les fréquenter occasionnellement, en dépannage. En effet, si près d'un tiers des personnes interrogées ont l'intention de ne jamais fréquenter les magasins le dimanche, seul 24% ont l'intention de les fréquenter souvent ou très régulièrement. Le reste, c'est à dire 44% des personnes interrogées, n'auraient l'intention de les fréquenter que de manière occasionnelle, comme on fréquente déjà aujourd'hui le petit épicier du coin, ouvert le dimanche et le soir tard.

Les réponses des Franciliens se distinguent nettement celles des communes rurales et des agglomérations de province. Les Franciliens semblaient dans les questions précédentes beaucoup plus favorables à l'ouverture des magasins le dimanche, or ils ne sont que 30% (moins d'un tiers) à avoir l'intention de fréquenter souvent ou très régulièrement les magasins le dimanche. On est donc dans un schéma où les Français souhaitent pouvoir se rendre occasionnellement dans les magasins le dimanche, comme c'est déjà le cas pour bon nombre de magasins. Il serait ici intéressant de connaître le type de magasins que les Français souhaiteraient pouvoir fréquenter le dimanche.

Croiser les réponses à cette question avec les réponses à la première question n'apporte pas beaucoup d'informations supplémentaires sinon l'évidence que les personnes les plus favorables à l'ouverture des magasins le dimanche sont également les personnes ayant l'intention de les fréquenter le plus souvent le dimanche.

Les indicateurs sociologiques nous apportent un éclairage intéressant : les jeunes (de 18 à 24 ans) sont les plus enclins à souhaiter fréquenter souvent les magasins le dimanche. Le taux d'activité étant faible dans cette classe d'âge à cause du chômage important et des étudiants, il faut peut-être voir un lien entre le temps libre des jeunes et leur souhait de pouvoir aussi passer le temps dans les magasins le dimanche. Cela correspondrait alors non pas à une nécessité mais à une envie, ce qui change fondamentalement la donne.

l'intention de travailler le dimanche

On aborde ici une question importante du sondage. En effet, pour ouvrir un magasin, il faut bien que certains travaillent dans ces magasins. Il faut noter que la question est biaisée par une formulation trompeuse : Si votre employeur vous proposait de travailler le dimanche, accepteriez-vous ? Or le contrat de travail induit un lien de subordination entre l'employeur et l'employé. L'employeur ne propose pas, il demande. Dans les faits, si l'employeur peut proposer à l'employé, il reste décisionnaire en cas de désaccord avec ce dernier, dans la limite du code du travail (celui justement que le gouvernement souhaite assouplir).

Un tiers des personnes interrogées n'accepteraient jamais de travailler le dimanche.

La moitié des personnes interrogées sont prêtes à travailler de temps en temps, si on le leur propose. Mais que signifie de temps en temps dans ce cadre là : 2 fois par an, 10 fois par an ou 52 fois par an ? C'est une information qui aurait dû faire l'objet d'une question supplémentaire afin de fixer des limites malgré le projet de révision du code du travail.

De plus, est-ce que les 84% des personnes interrogées qui sont prêtes à travailler toujours ou de temps en temps le font par conviction et de leur propre volonté ou bien sont-ils contraints pour ne pas se faire licencier ou pour des raisons budgétaires et de salaires trop faibles ? Cette information aurait également pu faire l'objet d'une question supplémentaire. Il est en effet très différent d'assouplir le code du travail pour permettre l'ouverture des magasins le dimanche et d'augmenter le salaire minimum alors que les deux actions conduisent à augmenter le revenu des travailleurs. Quelles auraient été les réponses à la question : Si votre employeur vous obligeait à travailler le dimanche, accepteriez-vous ?

Il aurait été intéressant de pouvoir croiser ces résultats avec le fait que les personnes interrogés travaillent déjà le dimanche ou non. Ce critère aurait d'ailleurs dû faire partie des critères de représentativité de l'échantillon. Sachant qu'un quart des Français travaillent déjà le dimanche, peut-être finalement que les Français sont satisfaits de la situation actuelle, et que le statu quo leur conviendrait parfaitement, si toutefois cette éventualité leur était proposée.

en conclusion

Les Parisiens, les citadins, les CSP aisées sont globalement favorables à l’ouverture des magasins le dimanche car ils estiment qu’ils ne seront probablement pas amenés à travailler le dimanche. Ils trouvent appréciable de pouvoir fréquenter occasionnellement des magasins le dimanche. Si le sondage le leur propose, pourquoi refuser ? Encore une fois, l'ouverture des magasins le dimanche n'apparaît ici pas comme une nécessité mais comme un gain de souplesse appréciable de manière occasionnelle.

Pour les moins riches, les banlieusards, les ruraux, les plus probablement visés par cette réforme et le plus fortement contraints par leur milieu professionnel, sont beaucoup moins enthousiastes à cette idée car ils craignent de se trouver plus souvent derrière la caisse-enregistreuse que derrière le caddie.

En mettant en avant certaines réponses plutôt que d'autres, les média tentent de donner de la visibilité à ceux qui profiteront de l’ouverture des magasins le dimanche en étant clients alors que ceux qui seront réellement amenés à travailler le dimanche sont bien moins enthousiastes.

Mais finalement, si les gens souhaitent aller faire leurs courses le samedi ou le dimanche, peut-être y a-t-il un problème dans le mode de vie des travailleurs aujourd’hui ! C'est ici que se cache la vraie question. Celui qui travaille toute la semaine, avec deux heures de transport par jour, souhaite évidemment pouvoir faire ces courses le samedi ou le dimanche car il n'a simplement pas le temps de les faire à un autre moment. Mais la véritable problématique, c’est le mode de vie auquel il est contraint !

La vie ne se résume pas à la vie économique. Ne pas pouvoir se passer des magasins au moins un jour par semaine, c’est mettre en évidence que l'organisation du travail est problématique. Alors passons rapidement sur le débat de l'ouverture des magasins le dimanche et parlons plutôt des véritables questions comme les horaires de travail, le travail précaire, le salaire minimum et le partage des richesses entre le capital et le travail (surtout si le travail le dimanche devait être à l'origine d'une hausse des prix !).

Rien ne sert de libérer une croissance déjà sauvage si elle est à l'origine des problèmes qui servent de prétexte à la libération de ladite croissance !

D'autres analyses des résultats de ce sondage présentent les mêmes réserves que ce billet où en soulèvent d'autres :

vendredi 6 juin 2008

aides sociales ou assistanat ?

La politique sociale d'une nation est le reflet de l'effort de solidarité national. L'objectif d'une politique sociale est d'aller dans le sens d'une meilleure répartition des richesses.

L'efficacité d'une telle politique dépend grandement des modalités de mise en oeuvre :

  • les aides sociales doivent permettre d'aider significativement les personnes défavorisées
  • elles doivent cependant être conditionnées par des critères suffisamment fins pour éviter de verser dans l'assistanat

Dans le premier cas, la politique sociale permet une répartition des richesses un peu plus juste, où les plus aisés aident les moins favorisés.

Dans le second cas, ceux qui perçoivent les aides sociales ponctionnent indirectement les travailleurs, sans faire d'effort pour tenter d'améliorer leur propre situation.

La grande difficulté d'une politique sociale équitable est de trouver un juste équilibre.

Il est donc important de déterminer si les aides sociales sont justement redistribuées ou bien si les bénéficiaires exploitent un système aux dépends de ceux qui travaillent. En effet, la lutte contre l'assistanat est souvent utilisé comme prétexte à une diminution des aides sociales. Mais qu'en est-il en réalité ? Les bénéficiaires des aides sont-ils des fainéants ? Où ont-ils réellement besoin d'être aidés pour se sortir d'une mauvaise passe ?

L'article du Monde Diplomatique montre qu'en réalité, seulement 2% des personnes se déclarant au chômage ne souhaitent pas travailler à l’avenir, essentiellement pour des raisons de santé.

Ceci remet sérieusement en cause les orientations du gouvernement actuel et laisse apparaître au grand jour son objectif véritable : l'assistanat aux plus riches !

Cet article évoque également la question de la santé au travail, et le chômage prend alors une autre dimension. Mais on aborde ici un autre débat...

mercredi 2 avril 2008

reconsidérons le travail

Il est inutile de travailler plus pour gagner plus, c'est une impasse. Mieux vaut travailler autrement pour vivre mieux.

L'idée d'un revenu d'existence, assez largement débattue en dépit d'un flou concernant ses modalités d'application, se veut un moyen efficace pour sortir de l'assistanat. À l'heure qu'il est, on attribue des minima sociaux à des gens auxquels on reproche de coûter cher à la société, sans prendre en compte le fait qu'il n'y a plus assez de travail pour tout le monde et que partant il y aura nécessairement des laissés-pour-compte, ni non plus l'aubaine qu'ils représentent pour des employeurs sans scrupule recherchant une main d'œuvre à la fois peu coûteuse et corvéable à merci. Que certains ne soient même pas conscients de ce que cette humiliation permanente rapporte à d'autres ne les excuse en rien, l'idéologie actuelle du travail est un mensonge qui détruit des gens, ce qu'il faut commencer par reconnaître si l'on veut pouvoir sortir de ce piège.

La suite de l'article.

samedi 9 février 2008

partage des richesses, la question taboue

Depuis le début des années 80, la part des salaires dans le PIB de la France a baissé de 9,3%. Qui sont partis dans la poche du capital. Ces 9,3% équivalent à plus de 150 milliards d’€ : soit une douzaine de fois le trou de la sécu ! Un hold-up géant, renouvelé chaque année, au détriment des salariés.

Ce chiffre, 9,3 %, suffit à contester toutes les « réformes » en cours : allongement de la durée de cotisations pour les retraites, salaires qui stagnent depuis vingt ans, mise en place de la franchise médicale... Car toutes ces mesures ont un dénominateur commun : gratter encore quelques avantages aux salariés. Tandis que la question du partage des richesses n’est jamais posée...

Lire l'article du Monde Diplomatique ou écouter l'émission.

mardi 13 novembre 2007

travailler moins pour vivre mieux ?

Le travailler plus pour gagner plus démonté par une simple démonstration, compréhensible par tous !