si, c'est vrai !

l'énergie nucléaire gage de l'indépendance énergétique de la France ?

L’indépendance énergétique est l’un des arguments majeurs invoqués pour justifier le choix de France d’utiliser l’énergie nucléaire à grande échelle pour la production d’électricité.

Si cet état de fait permet à la France d’être relativement moins dépendant du pétrole, du charbon et du gaz - massivement importés - l’argument comporte cependant plusieurs failles.

  • L’énergie électrique est une énergie très utile dans notre société technologique, elle est cependant incapable de remplacer les hydrocarbures pour certains usages essentiels tels que les transports. La France peut ainsi réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis du pétrole mais sera incapable de s’en passer totalement.
  • L’indépendance énergétique est illusoire dans la mesure où la France ne disposait que de 0.5 % des réserves prouvés d’uranium en 1999 comme le montre cette carte. La France est donc fortement dépendante de ses importations d’uranium.
  • L’énergie nucléaire réside dans l’uranium qui est une ressource naturelle limitée. Comme toute ressource naturelle non renouvelable, l’uranium est soumis aux mêmes limites que les hydrocarbures.

L’Energy Watch Group estime que :

  • une pénurie d’uranium se produira dès 2015
  • la production atteindra son maximum en 2025
  • aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible avant 2040
  • le prix de l’uranium a été multiplié par dix en quatre ans
  • le coût du combustible prend une importance croissante dans le coût de l’électricité nucléaire.

L’indépendance énergétique de la France est donc toute relative et l’énergie nucléaire ne constitue pas la source d’énergie miracle qui nous sortira de l’impasse énergétique dans laquelle nous nous trouvons.

Un dossier assez complet sur l’uranium est disponible sur le site de Futura Sciences.

Yves Cochet : la plus grande épreuve qu'ait jamais affrontée l'humanité

Conférence d’Yves Cochet pour le collectif parisien pour la décroissance, à Paris, le 22 mai 2008.

Dans la première partie de son intervention, Yves Cochet rappelle les fondamentaux sur le poids de l’énergie fossile, 85% du total, et la perspective du pic énergétique, vraisemblablement bien plus proche que les projections jusqu’alors optimistes de l’AIE ne le prévoient.

Il passe ensuite en revue les impacts de la crise de l’énergie qui s’annonce sur tous les aspects de notre vie, de l’activité économique aux transports, à l’habitat et l’alimentation.

Le temps va nous manquer, avertit-il, pour procéder à la reconversion de nos sociétés, dont le modèle de croissance est indissociable d’une énergie bon marché toujours plus abondante.

Yves Cochet suggère quatre axes de transformation :

  • autosuffisance locale et régionale
  • décentralisation géographique des pouvoirs
  • relocalisation économique
  • planification concertée et quotas

La conférence est disponible en vidéo, en 2 parties de 50 minutes chacune.

la production mondiale de pétrole a décliné de 0,2% en 2007

La production mondiale de pétrole a décliné de 0,2% en 2007, selon BP.

Tony Hayward, le directeur général de BP, a récemment présenté ce rapport.

Morceaux choisis de l’article :

Ce déclin de la production mondiale de pétrole, le premier depuis 2002, est dû, selon le groupe pétrolier britannique, à une baisse de la production de l’Opep sur l’année, accompagnée d’une très faible croissance de la production hors-Opep.

“La production de l’Opep a baissé de 350.000 barils par jour, du fait de l’impact cumulé des réductions de production mises en place en novembre 2006 et en février 2007”, précise le rapport.

Par ailleurs, “la croissance de la production est restée faible hors-Opep, avec une progression d’un peu plus de 200.000 barils seulement en 2007”, ajoute BP. Le groupe pétrolier a observé en particulier une chute de la production de l’OCDE “pour la cinquième année d’affilée”.

L’essentiel de la croissance de l’offre hors-Opep a été assuré par la Russie et l’Azerbaïdjan, qui ont chacun fourni plus de 200.000 barils supplémentaires en 2007.

Et plus loin :

Les réserves mondiales de pétrole sont restées inchangées en 2007, à 1.240 milliards de barils, a par ailleurs estimé BP. “Elles suffisent à produire au niveau actuel pendant 41 ans”, précise le rapport.

Ou encore :

“Les facteurs politiques, les barrières à l’entrée, une fiscalité élevée, tout cela joue. En d’autres termes, dès lors qu’il s’agit de produire plus de pétrole, les problèmes se situent au-dessus du sol, pas dans le sous-sol. Ils ne sont pas géologiques mais politiques”, a-t-il souligné.

Un rapide décryptage fait ressortir quelques arguments plus ou moins percutants :

  • l’OPEP (43% de la production mondiale et 78% des réserves estimées) produit moins de pétrole,
  • l’OCDE produit moins de pétrole,
  • la Russie et l’Azerbaïdjan sont presque les seuls à voir leur production augmenter (qui sont les autres ?)
  • les réserves (lesquelles ? prouvées ? estimées ? possibles ?) n’augmentent pas mais ne diminuent pas (quel équilibre parfait entre la consommation et les découvertes !),
  • les limitations de la production ne sont pas économiques mais répondent uniquement à des problématiques politiques, économiques et fiscales.

Ce n’est pas encore cette fois-ci qu’un média grand public évoquera le pic de pétrole, mais il évoque déjà une baisse de la production. C’est déjà un progrès. Même si les motifs évoqués dans cet article laissent étrangement de côté les contraintes physiques et géologiques, on peut saluer le fait que la problématique énergétique entre un peu plus dans la vie quotidienne de chacun et l’inconscient collectif.

Ce qui est plus inquiétant, c’est de constater que le charbon occupe une part de plus en plus importante dans la consommation énergétique mondiale :

Le charbon a été, pour la quatrième année consécutive, l’énergie progressant le plus dans le monde. Sa consommation a bondi de 4,5% en 2007, de façon quasi uniforme.

Lu sur les Echos.

privatisation de l'électricité et du gaz naturel

En ce moment, les factures de EDF et de GDF sont accompagnées d’un triptyque émanant de la commission de régulation de l’énergie expliquant que “désormais, je peux choisir mon fournisseur d’électricité et mon fournisseur de gaz naturel”.

En parcourant ce document, on tombe sur la question la plus intéressante : “quels sont les avantages pour le consommateurs ?” En effet, la distribution de l’électricité et du gaz naturel était jusqu’en juin 2007 un service public, qui rendait service au public. Il serait donc logique que la privatisation de cette activité se trouve justifiée par un argumentaire solide et convainquant. Et bien non, il n’en est rien.

Extrait :

Quels sont les avantages pour le consommateur ?

La législation française vous permet désormais de choisir l’offre et le fournisseur d’énergie en fonction de vos besoins.

L’ouverture complète des marchés de l’énergie permettra le développement d’offres nouvelles, originales, répondant aux besoins des consommateurs.

Bon. En réalité le service rendu est le même qu’avant, y’a juste l’offre commerciale qui change.

Continuons un peu notre lecture :

La qualité du courant électrique et du gaz risque-t-elle de changer ?

Non, la qualité et la continuité de fourniture sont garanties par le gestionnaire de réseau de distribution chargé de l’acheminement de l’énergie jusqu’à votre habitation. Elles ne dépendent donc pas du fournisseur que vous choisissez.

Ca se confirme, en choisissant un autre fournisseur, j’aurais la même électricité et le même gaz qu’avant. En cas de problème urgent, je fais appel au même gestionnaire de réseau quel que soit mon fournisseur. Pourquoi alors en changer ?

Pour un meilleur prix ?

Le gouvernement se garde bien de mettre l’argument du prix en avant, il se garde bien de le mentionner tout court. Et il a raison quand on sait quelle a été l’évolution du prix de l’énergie dans les autres pays de l’union européenne suite à la privatisation de l’électricité et du gaz : une augmentation sensible des prix dans les années qui suivent.

Alors bien sûr EDF autant que GDF nous promettent un prix garanti jusqu’au 1er juillet 2009. Mais après ? Et bien après il peut augmenter selon le bon vouloir du fournisseur, dans les limites des conditions du contrat signé par le client. Et quand on voit l’évolution du prix de l’énergie ces derniers mois, on se dit qu’il est peu probable que les prix se maintiennent…

Un électron vaut bien un autre électron, comme une molécule de gaz naturel vaut une autre molécule de gaz naturel. Pourquoi alors vouloir changer de fournisseur d’électricité ou de gaz naturel ? Je m’interroge encore…

aides sociales ou assistanat ?

La politique sociale d’une nation est le reflet de l’effort de solidarité national. L’objectif d’une politique sociale est d’aller dans le sens d’une meilleure répartition des richesses.

L’efficacité d’une telle politique dépend grandement des modalités de mise en oeuvre :

  • les aides sociales doivent permettre d’aider significativement les personnes défavorisées
  • elles doivent cependant être conditionnées par des critères suffisamment fins pour éviter de verser dans l’assistanat

Dans le premier cas, la politique sociale permet une répartition des richesses un peu plus juste, où les plus aisés aident les moins favorisés.

Dans le second cas, ceux qui perçoivent les aides sociales ponctionnent indirectement les travailleurs, sans faire d’effort pour tenter d’améliorer leur propre situation.

La grande difficulté d’une politique sociale équitable est de trouver un juste équilibre.

Il est donc important de déterminer si les aides sociales sont justement redistribuées ou bien si les bénéficiaires exploitent un système aux dépends de ceux qui travaillent. En effet, la lutte contre l’assistanat est souvent utilisé comme prétexte à une diminution des aides sociales. Mais qu’en est-il en réalité ? Les bénéficiaires des aides sont-ils des fainéants ? Où ont-ils réellement besoin d’être aidés pour se sortir d’une mauvaise passe ?

L’article du Monde Diplomatique montre qu’en réalité, “seulement 2% des personnes se déclarant au chômage ne souhaitent pas travailler à l’avenir, essentiellement pour des raisons de santé”.

Ceci remet sérieusement en cause les orientations du gouvernement actuel et laisse apparaître au grand jour son objectif véritable : l’assistanat aux plus riches !

Cet article évoque également la question de la santé au travail, et le chômage prend alors une autre dimension. Mais on aborde ici un autre débat…

pétrole, économie et inflation

Depuis quelques mois, les Français se plaignent de l’inflation et de la diminution de leur pouvoir d’achat. Sans vouloir polémiquer sur la question du pouvoir d’achat, la question de l’inflation peut s’expliquer en grande partie par l’augmentation du coût du pétrole.

Et les Français sont en train de découvrir - sans toutefois en avoir vraiment conscience - que leur société est étroitement dépendante du pétrole, et donc de son cours…

cours du brent depuis 1990

Le coût du baril de brent affiche depuis plusieurs années déjà une augmentation forte, qu’est-ce qui pourrait stopper cette tendance ?

Aucun média ne parle de choc pétrolier, ne tente d’en expliquer la cause ou d’en prévoir l’évolution pour les mois et années à venir. Mais au risque de déplaire, cette augmentation n’est pas terminée !

NAIRU : chômage et inflation

L’objectif premier de la Banque Centrale Européenne est la lutte contre l’inflation. Les théories économiques présentent souvent l’inflation comme un mal à combattre et à éviter. Elle a - entre autre - pour effet de dévaloriser les patrimoines financiers et est donc néfaste pour les “riches”.

Le NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) correspond au taux de chômage n’accélérant pas l’inflation. C’est une théorie conçue en 1975 dont la valeur chiffrée correspond au taux de chômage minimal pour ne pas accélérer l’inflation.

A titre d’information, l’OCDE estimait le NAIRU à environ 9,5% pour la France en 1999 alors que le taux de chômage était de 10,8%.

Le chômage a pour effet de modifier le rapport de force entre salariés et patrons :

  • un taux de chômage fort a pour effet de rendre les salariés plus faibles face à leurs patrons qui peuvent sans problème licencier les salariés trop revendicatifs pour embaucher à leur place des chômeurs plus dociles
  • un taux de chômage faible a pour effet de renforcer le pouvoir des salariés dont les revendications seront plus à même d’être imposées aux patrons

La flexibilisation du marché du travail modifie le rapport de force entre salariés et patrons, en favorisant ces derniers. En flexibilisant le marché du travail, on diminue ainsi le NAIRU et on peut donc décider de diminuer le taux de chômage sans risquer d’accélérer l’inflation. En fait, le NAIRU permet de déterminer la limite minimale du taux de chômage pour que les patrons se maintiennent position de force dans le rapport de force avec les salariés.

  • Un taux de chômage faible a tendance à pousser les salaires à la hausse, entrainant ainsi la hausse généralisée des prix : c’est l’inflation.
  • Un taux de chômage fort est une incitation à la modération salariale, à la modération des prix et donc à l’absence d’inflation.

En conséquence, lorsqu’un politicien parle de plein emploi et en fait un de ses objectifs de campagne, il y a fort à parier qu’il ne souhaite le plein emploi que dans la limite où il reste compatible avec le NAIRU, c’est à dire que le taux de chômage reste au dessus du NAIRU. Il faut donc se méfier de ceux qui promettent le plein emploi car il est probable qu’eux-même n’en croient pas un mot… Ils se mettraient aussitôt le MEDEF à dos.

Il apparaît ainsi que le taux de chômage n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un choix délibéré d’une variable d’ajustement (le taux de chômage) dont l’objectif est de ne pas mettre en danger l’économie.

Et une étude de 3 chercheurs de l’université Paris 1 montre que flexibiliser l’emploi pour réduire le chômage n’est pas une évidence scientifique. Cette étude tend à montrer qu’il n’existe pas de lien direct entre le chômage et la flexibilité de l’emploi. Il faut au contraire prendre en compte le NAIRU, l’inflation et le rapport de force entre salariés et patrons pour étudier la problématique dans son ensemble.

les chiffres du chômage

Les chiffres du chômage régulièrement publiés sont souvent sujet à discussion. En effet, la définition d’un chômeur n’est pas la même selon les différents organismes que sont l’INSEE, l’OCDE, l’ANPE, le BIT ou encore Eurostat.

Quelle que soit la définition du chômage retenue, il faut distinguer les principales typologies de chômage :

  • le chômage conjoncturel
  • le chômage structurel
  • le chômage frictionnel

Le chômage conjoncturel s’explique généralement par une diminution de l’activité qui peut être due à une baisse de la demande (suite par exemple à des évènements terroristes, des perturbations financières, une baisse de morale généralisée de la population).

Le chômage structurel n’est par définition pas lié à la conjoncture mais à la structure même de l’appareil de production : non adéquation entre les rythmes de production et de consommation, sur-productivité durable. Le chômage structurel apparaît dans une société dont la vitesse d’évolution est trop faible.

Enfin, le chômage frictionnel est lié à la mobilité : soit une mobilité géographique soit une mobilité sectorielle. Ce type de chômage est bénéfique dans la mesure où il constitue le fluide permettant à une société d’évoluer vers les régions les plus porteuses et vers les activités en développement. C’est donc plutôt un signe de bonne santé d’une société, qui marque le renouvellement des métiers et donc une meilleure adéquation avec les besoins de ladite société.

Il apparaît donc que la notion de chômage recouvre plusieurs réalités. Parler du taux de chômage n’a donc pas de signification tant qu’il ne rentre pas dans le détail de chaque type de chômage.

Le seul chômage bénéfique, le chômage frictionnel, a pour particularité d’être de courte durée (cette courte durée étant forcément relative). Lorsqu’un secteur d’activité décroit, il génère du chômage, compensé par d’autres secteurs en croissance. Le chômage frictionnel est limité dans la durée au temps nécessaire aux employés du secteur en décroissance pour retrouver un emploi dans un secteur en croissance.

Plutôt que de taux de chômage, il serait peut-être préférable de parler de durée moyenne de chômage (ou au moins d’intégrer cet indicateur dans les chiffres du chômage).

logiciel libre et (in)dépendance

De nombreux utilisateurs d’ordinateur ont une vision à court terme de l’outil informatique : ils ne s’intéressent qu’à l’usage qu’ils peuvent en faire au jour le jour sans prendre en compte les implications qu’il induit à long terme : pérennité des données, patrimoine numérique commun, indépendance, liberté de choix…

Mais faisons l’analogie avec l’automobile : conduire un véhicule sur la voie publique nécessite une formation. Cela se justifie d’une part du fait qu’il est nécessaire de savoir contrôler son véhicule et d’autre part du fait qu’il est impératif de savoir s’intégrer dans la circulation sans mettre en péril la sécurité des autres automobilistes. En serait-il autrement de l’informatique ?

L’une des plus belles supercheries de l’industrie de l’informatique est d’être arrivée à faire croire qu’il était possible d’utiliser l’informatique sans formation, sans connaissance préalable de l’outil. Il suffirait donc de s’installer au volant de l’ordinateur et de commencer à l’utiliser sur les sinueuses et difficiles routes de montagne ?

Or, si tous les éditeurs tentent de rendre l’informatique aussi intuitif, simple et abordable que possible, la technique de l’informatique ne cesse de se complexifier avec la diversification des usages (on fait de plus en plus de chose avec un ordinateur).

En conséquence, il n’est pas pas très étonnant de constater 2 dérives :

  • Des utilisateurs dont l’ordinateur plante et pestent contre lui, tentent parfois de le réparer eux-même et finissent souvent par aller chez leur revendeur ou chez un prestataire de micro-informatique et demandent à un “spécialiste” de remettre l’ordinateur en état de marche.
  • D’autres utilisateurs cèdent aux sirènes d’un éditeur de micro-informatique qui leur promet monts et merveilles contre monnaie sonnante et trébuchante. Ils sont alors rassurés d’être pris par la main et payent pour avoir un système d’exploitation plus récent, des mises à jour, un antivirus, un firewall, un antispyware, un antipopup, un antispam et que sais-je encore…

Ces deux dérives ont la même conséquence : elles maintiennent l’utilisateur dans l’ignorance et la dépendance. Finalement, des deux dérives, seule diffère l’entité qui perçoit la monnaie : le prestataire ou l’éditeur. Les mauvaises langues argueront qu’elles ne sont en aucun cas des conséquences fortuites mais des objectifs sciemment poursuivis.

Pour sortir de l’ornière et faire tomber les oeillères, la première des choses à faire est probablement d’énoncer quelques vérités :

  • oui, l’informatique est technique,
  • non, l’informatique n’est pas si simple que certains veulent le faire croire,
  • oui, une formation est souvent nécessaire pour commencer à maîtriser un outil.

L’informatique ne diffère pas des autres outils ni des autres techniques : il faut apprendre à l’utiliser.

Si certains utilisateurs ne rencontrent pas de problème avec leur ordinateur, il est toutefois possible qu’ils en causent à d’autres. Tout comme l’automobile s’insère la circulation, un ordinateur est de nos jours bien souvent connecté à internet tout ou partie du temps, pouvant ainsi causer des dommages en tout point du réseau internet. La connaissance de l’outil informatique permet de combler les failles de sécurité et d’éviter de causer des problèmes aux autres utilisateurs à son insu. Il est donc primordial de savoir correctement sécuriser son ordinateur afin d’éviter de se faire le relais d’attaques malintentionnées.

On peut à nouveau faire le parallèle avec l’automobile. En effet, il est aujourd’hui quasiment impossible pour un particulier d’assurer l’entretien quotidien d’un véhicule récent. Même la vidange n’est maintenant plus possible et doit être faite par un garagiste, qui plus est agréé. Ce garagiste aura payé son agrément, une formation et souvent du matériel spécifique à une marque de voiture (matériel propriétaire qu’il devra renouveler régulièrement).

L’informatique grand public va dans le même sens, proposant du poisson à celui qui a faim tandis que le logiciel libre propose en outre d’apprendre à pécher. Il est plus long et laborieux d’apprendre à pêcher que de simplement déguster un poisson déjà cuisiné. Mais à moyen terme, savoir pécher est assurément la solution la plus avantageuse.

Idéologiquement parlant, le logiciel propriétaire est la vente d’un produit à consommer tandis que le logiciel libre est le partage de la connaissance.

Ceci dit, chacun doit pouvoir décider s’il souhaite demeurer dépendant et assisté ou s’il préfère apprendre et gagner son autonomie. Mais la moindre des choses serait que chacun puisse faire ce choix en connaissance de cause, conscient des tenants et aboutissants.

Et si chacun avait conscience qu’utiliser l’informatique nécessite une formation, nul doute qu’un nombre non négligeable d’utilisateurs opteraient pour le logiciel libre, conscient que c’est un investissement qui s’inscrit dans le temps et dans une perspective humaniste.