si, c'est vrai !

l'ère de la finance autoritaire

Dans un article intitulé l’ère de la finance autoritaire, les auteurs analysent le financement des campagnes menées pour le maintien ou la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne. Il s’avère que les acteurs de la seconde financiarisation (celle qui englobe les secteurs de la gestion alternative d’actifs, du capital-investissement et des hedge funds) était largement en faveur du Brexit.

Le projet du Brexit n’est pas tant inspiré des idées néolibérales à la base de la construction européenne que de l’idéologie libertarienne. Le libertarianisme peut être défini comme une doctrine économique qui vise à limiter toute forme d’intervention étatique en dehors de la garantie de la propriété privée contre le collectivisme et l’étatisme.

Au-delà de la sortie de l’Union Européenne, c’est l’idée même de démocratie qui est menacée par les idées et les principes qui sous-tendent le Brexit.

Une classe que rien ne menace

Pour gouverner, les promoteurs de la seconde financiarisation semblent n’avoir plus besoin de la démocratie. Ils contredisent ainsi l’idée marxiste selon laquelle la république démocratique serait la forme de gouvernement la plus adaptée à la domination bourgeoise. Cela tient notamment à ce que ces nouveaux dominants ne sont pas menacés par une autre élite concurrente dans l’exercice du pouvoir. Au tournant du XIXe siècle, il était vital pour la bourgeoisie montante de se doter d’une légitimité autre que celle du sang face aux intérêts des groupes de féodaux et d’aristocrates, encore très populaires dans une partie des campagnes. La bourgeoisie avait à lutter contre la reconstitution possible de la coalition d’intérêts entre l’aristocratie terrienne et les classes paysannes, qui avait dominé durant presque mille ans. Dans ce contexte, la réinvention démocratique appuyée sur l’idée d’un peuple souverain soutenait la révolution bourgeoise. Mais, dans l’immédiat, la bourgeoisie n’est pas concurrencée par une autre classe candidate au pouvoir. Et, en l’absence de menace monarchique ou socialiste, a-t-elle encore intérêt à la démocratie ?

La vigilance est de mise, car la révolution libertarienne n’est pas terminée.

10 principes pour un bon design

Dieter Rams est un designer industriel allemand. Il a consacré sa vie à la bonne conception d’objet de consommation et en a tiré 10 principes pour un bon design.

Parmi ces 10 principes, 4 ont davantage retenu mon attention :

    1. Honnête : un design honnête ne cherche pas à tromper l’utilisateur sur la valeur réelle du produit. De plus, un design honnête ne cherche pas à manipuler le consommateur avec des promesses qui ne seraient pas corrélées à la réalité physique du produit.
    1. Durable : la mode est par nature éphémère et subjective. Par opposition, l’exécution appropriée du “bon design” confère à chaque produit une nature objective et intrinsèquement utile qui pérennise son utilisation. Ces qualités sont reflétées par la tendance des utilisateurs à conserver des produits bien conçus, bien que la transformation de la société en groupe consumériste favorise les produits jetables.
    1. Écologique : un “bon design” doit contribuer de manière significative à la préservation de l’environnement par la conservation des ressources et en minimisant la pollution physique et visuelle au cours du cycle de vie du produit. L’aspect de valeur à long terme entre ici aussi en jeu.
    1. Minimaliste : Dieter Rams distingue le “Less is more” (“Moins c’est mieux”), paradigme de conception quotidiennement régurgité dans l’industrie du design, de son propre paradigme : “Moins, mais avec la meilleure exécution”. Son approche favorise les principes fondamentaux de chaque produit et évite tout ce qui est superflu. Le résultat idéal correspond à des produits d’une grande pureté et simplicité.

Des principes à garder à l’esprit lors de la conception de objets de demain.

le vrai coût énergétique du numérique

Dans un article très complet et très intéressant intitulé le vrai coût énergétique du numériquei, le magazine pour la science dresse un tableau plutôt factuel du numérique.

Le sujet est traité sérieusement et de manière plus approfondie qu’à l’acoutumée. Par exemple, le chapitre “Combien consomme une box internet ?” expose les différentes manières de calculer le coût énergétique : de 0,23 microjoule à 9,9 microjoule par bit, soit un facteur 43 en la valeur minimale et la valeur maximale. Ces variations dans la méthodologie de calcul amène à une différence énorme. Il est donc possible de manipuler les chiffres pour leur faire dire ce qu’on souhaite… Pour comprendre d’où proviennent ces écarts, c’est relatif à des notions de coût fixe et de coût variable, notion qu’on retrouve également dans les réseaux : un réseau allumé et non utilisé coûte quand même en alimentation électrique, et donc en énergie. L’utilisation optimale d’un équipement électrique est atteinte quand l’équipement électrique est utilisé au maximum de ses capacités.

Au delà du l’utilisation des réseaux, c’est la fabrication du matériel électronique qui génère énormément de gaz à effet de serre.

Sur les tablettes présentées, on note qu’entre 6 et 14 % des émissions de gaz à effet de serre concernent la phase d’utilisation, contre 79 à 88 % pour la phase de fabrication. Ainsi, l’impact de la fabrication est tel que faire durer les équipements le plus longtemps possible est primordial.

Le principal levier dont dispose un utilisateur pour réduire l’impact lié à cet objet connecté consiste donc à allonger sa durée de vie. Même si la génération suivante de l’objet présente une meilleure efficacité énergétique en phase d’utilisation, l’impact environnemental de sa phase de fabrication restant largement prépondérant, il est préférable de garder l’ancien modèle plutôt que d’acquérir le nouveau.

Un autre exemple pertinent concerne le domaine des objets connecté, de l’IoT (Internet of Things) : pour que l’impact environnemental d’un thermostat connecté soit réparti à 50 % pendant sa fabrication et à 50 % pendant son utilisation, il faudrait que la phase d’utilisation dure 55 ans. Connaissez-vous un seul objet connecté qui soit conçu pour durer plusieurs dizaines d’années ?

De 2010 à 2015, le projet de recherche international GreenTouch, qui mêlait instituts académiques et groupes industriels, a démontré qu’il était possible de construire une infrastructure des réseaux de l’internet mondial qui réduirait de 98 % la consommation d’énergie en 2020 par rapport à celle de 2010, et ce en tenant compte de l’explosion du trafic et pour une qualité de service équivalente.

Quelle marge d’optimisation ambitieuse pour les réseaux de communication !

Ce qui est vrai pour les réseaux de communication est également vrai pour les datacenters : on devrait pouvoir éteindre très facilement nos serveurs dès qu’on ne s’en sert pas.

Avec notre collègue Issam Rais, nous avons en effet montré en 2018 qu’il suffit qu’un serveur ne soit pas utilisé pendant trois minutes pour qu’il soit intéressant de l’éteindre.

Autant il est plutôt simple de mettre en pause des conteneurs (mais alors les machines physiques de l’infrastructure restent allumées, elles) autant je ne connais pas grand monde qui arrête les serveurs physiques ou les VMs quand elles ne sont plus utilisées, même pour quelques minutes (et a minima pendant les nuits et les fins de semaine).

Les accords de Paris sur le climat nous demandent de réduire notre empreinte carbone, et on pense souvent qu’Internet va être la solution. Mais le numérique n’échappe pas à ces accords. Il est indispensable de prendre en compte ses impacts environnementaux, de les maîtriser et les réduire. Et chacun de nous peut s’engager dès maintenant sur cette voie en conjuguant chez soi efficacité énergétique, sobriété numérique et usage raisonné.

La conclusion est éloquente et entre en résonance avec les engagements de plusieurs opérateurs télécom. Les pistes d’optimisation sont nombreuses, reste à voir si les moyens qu’ils y mettrons seront à la hauteur des enjeux.

Nos sociétés modernes auront-elles également le courage de renoncer à certains projets très énergivores ? L’intelligence artificielle en est un exemple flagrant : entraîner un réseau neuronal est extrêmement énergivore. Serait-on prêt à renoncer à entraîner un réseau neuronal si au final le gain s’avère être trop faible par rapport au coût énergétique ?

pyramide de Maslow de l'empreinte carbone

Dans un article intitulé Toutes les émissions de gaz à effet de Serre se valent elles ?, l’auteur analyse de manière intéressante l’empreinte carbone d’un individu.

Mais au lieu de décliner cette empreinte carbone par poste, par type d’usage, il chercher à décliner cette empreinte carbone en fonction des niveau de la pyramide de Maslow qui est une hiérarchisation pyramidale des besoins humains.

pyramide de Maslow de l'empreinte carbone

Croiser les disciplines de sociologie et écologie pour rapprocher l’empreinte carbone de la pyramide de Maslow permet de regarder nos modes de consommation sous la forme d’un “marqueur social”, avec l’espoir d’une “prise de conscience et de recul” dont l’objectif serait une “remise en cause de nos marqueurs de hiérarchie sociale”.

surprise : depuis 2013, le CICE a créé seulement 100 000 emplois... qui ont chacun coûté 900 000 euros au contribuable

Dans un article intitulé surprise : depuis 2013, le CICE a créé seulement 100 000 emplois… qui ont chacun coûté 900 000 euros au contribuable, on découvre que le coûteux CICE n’a pas été en mesure de créer le million d’emplois promis par le MEDEF.

En 2018, le mouvement des gilets jaunes réclame l’abrogation du CICE, car 20 milliards d’euros par an partent en fumée sans effet notable sur l’emploi. Il y a de quoi écoeurer les gens à qui l’on demande des comptes sur l’usage de leurs aides sociales de quelques centaines d’euros. Hélas en vain : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de l’automne 2018 (voté pendant le mouvement des gilets jaunes donc) comporte une “transformation” du CICE en exonération pérenne de cotisations sociales patronales. “Le CICE n’existe plus”, disent alors les macronistes en réponse aux gilets jaunes. Sauf que le principe est exactement le même : 20 milliards d’euros sont distribués chaque année aux entreprises privées, non plus sous forme de crédit d’impôt mais d’exonérations de cotisations sociales. Ce qui, dans le fond, est encore pire, car on permet aux employeurs de ne plus cotiser pour la Sécurité sociale de leurs salariés. Tout un symbole.

L’année 2019, c’est bien celle du double jackpot. Les entreprises ont touché les 20 milliards du CICE, pour la dernière fois, PLUS les 20 milliards du dispositif qui le remplace.

Le fonctionnement du CICE s’apparente bien à un pillage des finances de l’état républicain, avec l’approbation de ceux qui en sont à la tête.

France Stratégie, ancien commissariat au Plan devenu, début des années 2000, un centre d’évaluation des politiques publiques (géré et payé par le gouvernement donc), a sorti ses conclusions pour la période 2013-2013 : en cinq ans, le CICE a créé 100 000 emplois. C’est mieux que rien, non ?

Sauf que cinq ans de CICE, c’est 100 milliards d’euros. Soit entre 900 000 et 1 millions d’euros l’emploi. On aurait pu recruter des soignant.e.s, du personnel pour les EPHAD, investir dans nos écoles, nos hôpitaux – et on aurait été moins dans la merde face à l’épidémie de coronavirus, au hasard… Mais non. On a créé avec ça de l’emploi potentiellement précaire, inutile voire nocif (combien de responsables des ressources humaines et de chefs de produits marketings ?). On aurait pu créer des emplois afin de réaliser une réelle transition écologique massive. On aurait pu également sortir toute une partie des gens de la misère. On aurait pu financer une réduction du temps de travail. On aurait pu combler 25 fois le déficit annuel de la Sécu, ce fameux “trou” dont on nous rebat les oreilles pour nous dire que c’est terrible parce qu’il n’y a pas “d’argent magique” et qu’on doit donc tailler dans les effectifs et réduire les prestations sociales.

Autrement dit : l’argent est là. Il suffirait de l’orienter dans le sens de l’intérêt général…

la bourgeoisie est en train de perdre son hégémonie sur le travail

Dans un article intitulé La bourgeoisie est en train de perdre son hégémonie sur le travail, le sociologue et économiste Bernard Friot analyse l’évolution de l’état français depuis la création de la sécurité sociale après la seconde guerre mondiale jusqu’à la crise sanitaire dûe à la pandémie de l’année 2020.

Il estime en premier lieu que l’état républicain de la troisième république est un “outil politique de la bourgeoisie capitaliste”.

En effet, l’État républicain construit sous la Troisième République, et réaffirmé après l’échec de Vichy, comme écran protecteur, outil politique de la bourgeoisie capitaliste et instrument d’intégration des organisations populaires, est en échec. Les milieux d’affaires sont contraints de sortir du bois, d’acheter tous les grands médias et de bricoler directement un exécutif et une majorité parlementaire sans autonomie ni épaisseur, en mettant leurs commis au pouvoir.

Echec après échec, cet état républicain glisse vers l’autoritarisme, du fait de sa perte de légitimité.

En une phrase : la bourgeoisie est en train de perdre son hégémonie sur le cœur de son pouvoir, le travail, et c’est pourquoi elle s’appuie de plus en plus sur des États très autoritaires. Mais la montée en puissance de la dictature peut être arrêtée si nous continuons à construire une autre pratique et d’autres institutions du travail pour ravir à la bourgeoisie son monopole sur la production.

Tout n’est pas perdu pour autant : les travailleurs peuvent reprendre le pouvoir en s’auto-organisant, loin des structures hiérarchiques qui déresponsabilisent.

Mais une reconstruction par mise du travail sur ses pieds, ceux des seuls travailleurs qui seuls doivent décider, dans toutes les entreprises et services publics, contre les directions, de son contenu concret et donc des méthodes, des collectifs, de l’investissement, de l’insertion dans la division internationale du travail.

Cette auto-organisation des travailleurs est à mon sens le nouveau front de l’action syndicale. Nous ne pouvons évidemment rien attendre du syndicalisme d’accompagnement, mais tant que le syndicalisme de transformation sociale hésitera à s’engager dans cette voie de la souveraineté sur le travail concret – et faute d’engager avec eux cette bataille, qui condamnera à la marginalité tous les alternatifs précisément soucieux, eux, de le maîtriser – il s’affaiblira.

Nous avons déjà oublié nos combats d’hier, mais notre système d’assurance maladie en est un précieux vestige : il a permis la mise en place du système de santé dont nous bénéficions encore aujourd’hui, et qu’une certaine élite tente de détruire.

Quel est le déjà-là communiste de l’assurance-maladie ? Le doublement du taux de cotisation à l’assurance maladie entre la Libération et la fin des années 1970 a permis dans les années 1960 de subventionner largement l’investissement hospitalier, de créer une fonction publique hospitalière et de conventionner les soignants libéraux, bref de produire 10 % du PIB hors de la logique capitaliste de la propriété lucrative et de ses bras armés : l’endettement pour financer l’investissement et le marché du travail. J’insiste sur le remplacement du crédit par la subvention : une avance d’argent, sur la valeur déjà créée ou par création monétaire, est nécessaire pour investir, mais il n’y a aucune raison, autre que capitaliste, qu’elle prenne la forme du crédit.

La proposition de Bernard Friot est simple et se résume en quelques paragraphes :

  • indexer les cotisations sur la valeur ajoutée plutôt que sur la masse salariale afin d’introduire de la solidarité entre les secteurs d’activité les plus rentables et ceux qui le sont moins.
  • remplacer les salaires par des cotisations perçues et versées par un organisme géré par les travailleuses et les travailleurs
  • étendre le régime de la sécurité sociale aux services vitaux et à l’alimentation

La proposition est la suivante. Déplaçons l’assiette des cotisations, de la masse salariale vers la valeur ajoutée, afin de poser la centralité de la socialisation salariale de la valeur tout en opérant la nécessaire solidarité entre branches à fortes et faibles valeurs ajoutées. Faisons de tous les salaires et pensions un attribut de la personne versé par le régime général de Sécurité sociale géré par les seuls travailleurs et devenu caisse des salaires : les entreprises ne paient plus leurs salariés mais cotisent, les indépendants ne se paient plus sur leur bénéfice mais cotisent, et chacun perçoit un salaire qui ne peut ni baisser ni être supprimé, fondé sur sa qualification, c’est-à-dire sur son expérience professionnelle sauf le premier niveau automatiquement attribué à toutes et à tous à 18 ans.

Portons à 1 700 euros nets, soit l’actuel salaire médian, toutes les rémunérations et pensions inférieures, et augmentons en conséquence les autres salaires tout en ramenant à 5 000 euros les salaires et pensions supérieurs à ce plafond. Cette très forte et très nécessaire augmentation des salaires supposera une toute autre affectation des produits du travail : plutôt que de gaver des actionnaires et des prêteurs, les entreprises affecteront leur valeur ajoutée à des caisses de salaire et d’investissement gérées par les travailleurs.

Car cette hausse massive des salaires n’ira pas sur le compte courant des travailleurs, elle sera de la monnaie bien sûr, mais en nature et non pas en espèces, comme pour les soins. Les caisses de salaires abonderont chaque mois notre carte Vitale de plusieurs centaines d’euros qui ne pourront être dépensés qu’auprès de professionnels conventionnés de l’alimentation, du logement, des transports de proximité, de l’énergie et de l’eau, de la culture, mais d’autres productions pourront être progressivement mises en sécurité sociale.

Et ne seront conventionnées que les entreprises qui seront la propriété d’usage de leurs salariés, et donc gérées par eux seuls, qui ne feront pas appel au marché des capitaux, qui ne se fourniront pas auprès de groupes capitalistes ni ne leur vendront leur production, qui produiront selon des normes et à des prix décidés par délibération collective de la convention. Ces entreprises alternatives, ainsi soutenues par la solvabilisation des usagers, affecteront leur valeur ajoutée à la caisse des salaires et aux caisses d’investissement qui verseront un salaire à la qualification personnelle à leurs travailleurs et qui subventionneront leurs investissements. Seront ainsi assumés les deux éléments-clés de la révolution communiste de la production : la copropriété d’usage de l’outil de travail et le salaire à la personne.

À deux conditions politiques majeures, dont la construction doit devenir notre obsession collective : la détermination des travailleurs à exercer la souveraineté sur le travail sans attendre la prise du pouvoir d’État (nous retrouvons ici le nouveau front de l’action collective évoqué tout à l’heure) et la conquête du remplacement du remboursement par les entreprises de leurs emprunts d’investissement (qui ne seront pas honorés, s’endetter pour investir étant absolument illégitime) par une cotisation de sécurité sociale des productions qui soit d’une taille d’emblée suffisante.

Le montant du salaire inscrit sur la carte Vitale devra être tel qu’au moins le tiers de la consommation dans les domaines mis en sécurité sociale échappe d’emblée au capital : les entreprises alternatives seront considérablement soutenues, les entreprises capitalistes seront mises en grande difficulté et leurs salariés se mobiliseront pour en prendre la direction et changer leurs fournisseurs et leurs productions de sorte qu’elles deviennent conventionnables elles aussi.

Le régime général de la Sécurité sociale fondé en 1946 par les communistes, ainsi actualisé, généralisé et rendu, pour sa gestion, aux travailleurs, sera l’institution macro-économique nécessaire pour que le foisonnement de productions alternatives qui se multiplient dans l’ici et maintenant soit soutenu, sorti de la marginalité ou de la récupération et qu’il devienne l’aiguillon de la conquête de la souveraineté sur leur travail y compris par les travailleurs des grandes entreprises capitalistes.

Ainsi sera mise en minorité la part capitaliste de la production, mise en minorité sans laquelle aucune révolution n’est possible. Car tant qu’elle décide de la production et l’organise, la bourgeoisie capitaliste tient en otage la société et a le pouvoir de faire capoter, par exemple, toute victoire populaire aux élections, comme nous en faisons régulièrement l’amère expérience. L’acte premier de la révolution est la prise du pouvoir sur le travail, pas la prise de pouvoir sur l’État. Et nous sommes en train de le poser. C’est le déjà-là communiste.

Finalement, c’est bien une lutte des classes qui est en cours actuellement.

Je signale d’ailleurs au passage que [la lutte des classes] est la leçon historique majeure que nous lègue une classe révolutionnaire qui a réussi, la bourgeoisie. Du XIVe au XVIIe siècle elle a conquis le pouvoir économique en remplaçant la production féodale par la production capitaliste. C’est parce qu’elle s’était emparée d’une part significative de la production qu’elle a été ensuite en capacité de prendre le pouvoir d’État, dès la fin du XVIIe siècle au Royaume-Uni et un siècle plus tard en France.

Certes, au cours de sa lente subversion économique de la féodalité, elle avait participé au pouvoir politique et contribué au nécessaire changement de la loi qui accompagne le changement du mode de production, mais c’était une participation dominée. La bourgeoisie était à l’occasion au gouvernement mais le pouvoir d’État, qui est une autre paire de manche, lui échappait sans que ça ne l’empêche de poursuivre la mise en place de l’alternative au mode de production féodal.

Évidemment, l’épanouissement du capitalisme n’a été possible qu’après la conquête de l’État, tout comme l’épanouissement du communisme ne le sera qu’après la suppression de l’État, après la désétatisation des fonctions collectives qu’il s’agira, elles, de faire grandir. Mais le verrou à faire sauter est d’abord la pratique capitaliste de la valeur, et cela se joue au quotidien dans le micro des entreprises et dans le macro des institutions de coordination de l’activité économique.

Or, pour cette conquête de la valeur économique, nous sommes loin d’être démunis. Car notre force, c’est que la valeur n’existe que dans des valeurs d’usage, celles-là dont le confinement nous a rappelé le caractère fondamental et le fait que les travailleurs, et eux seuls, les produisent. Sans les travailleurs, la bourgeoisie capitaliste n’est rien car sa maîtrise de la valeur économique, du travail abstrait, dépend du travail concret des travailleurs. Je me souviens de ce slogan de la CGT des années 1960 : les capitalistes ont besoin des travailleurs, les travailleurs n’ont pas besoin des capitalistes.

C’est d’ailleurs parce qu’elle est totalement dépendante des travailleurs que la bourgeoisie exerce une telle dictature sur la définition, le contenu et le déroulement du travail. C’est à cause de sa situation de dépendance vis-à-vis d’eux qu’elle veille avec tant de minutie à ôter aux travailleurs leur puissance d’agir au travail et sur le travail en les soumettant au marché du travail, au remboursement de la dette et, avec de plus en plus de soin au demeurant absurde, au management.

La classe ouvrière doit avant tout commencer par se reconnaître en tant que classe à part entière, afin de défendre ses intérêts face à une bourgeoisie sans cesse plus gourmande.

On a vu cependant le pouvoir se renverser dans les hôpitaux lors du confinement du printemps 2020 : les vrais travailleurs, ceux qui font ont repris le pouvoir à l’hôpital pendant que les “administratifs”, ceux qui font faire se sont vu relégués au second plan, souvent en télétravail.

Troisièmement, le caractère absolument central de la prise en main de leur travail par les travailleurs eux-mêmes a reçu un éclairage éclatant à l’hôpital. Alors que les directions, complices depuis des années de sa mise hors d’état de faire face à une pandémie, étaient dans les choux, les soignants, dépossédés depuis des décennies de leur liberté d’exercice, l’ont retrouvée dans les conditions dramatiques qu’ils ont affrontées. Or pleuvent aujourd’hui sur eux des menaces et des sanctions de la part de gestionnaires avides de retrouver leur pouvoir mortifère.

De la même manière, le régime général de la sécurité sociale a été largement géré par les travailleurs de 1946 à 1967 :

[…] les travailleurs ont, de 1946 à 1967, largement contribué à la mise en place et à la gestion du régime.

Le salariat, et le salaire qui l’accompagne, est une institution anticapitaliste par essence, pour peu qu’on lui accorde le sens qu’il mérite. On parlait avant de qualification quand on parle plus souvent aujourd’hui de compétences.

Le salaire est une institution anticapitaliste, fruit d’un combat de classe constant de la CGT pour la qualification : qualification du poste, dans l’emploi défini par la convention collective qui sort les indépendants et les contrats à la tâche de l’infra-emploi, mais plus significativement encore, au-delà de l’emploi, qualification de la personne dans le grade de la fonction publique et des travailleurs à statut. La qualification est une institution haïe de la bourgeoisie qui témoigne que la classe ouvrière existe comme classe révolutionnaire pour soi, en capacité de contester la forme valeur capitaliste, la valeur d’échange qui n’inscrit le travailleur dans l’ordre de la valeur que par intermittence, à la mesure de ses tâches validées sur des marchés, du travail ou des biens et services, sur lesquels il n’a aucune prise.

Au contraire, la qualification, dans sa forme aujourd’hui la plus aboutie, la qualification du grade attaché à la personne, sort le travailleur de l’aléa de la valeur d’échange et le confirme en permanence comme producteur. Le mouvement n’est que commencé, et loin d’être abouti : les fonctionnaires par exemple ne sont payés qu’à mi-temps s’ils travaillent à mi-temps. Mais quelle libération que de n’avoir plus à quémander sur le marché du travail ou sur celui des biens et services sa reconnaissance comme travailleur, et cela à la stricte mesure de ses tâches validées !

Dans le capitalisme, la personne reste en permanence étrangère au travail, une institution qui est le monopole de la bourgeoisie, le travailleur ne pouvant que tirer du travail un avoir, un « compte personnel d’activité » sur lequel il pourra tirer dans les périodes où il n’est pas reconnu comme travailleur.

Au contraire, dans le mouvement du communisme, est en train de s’instituer un tout autre travail, endogène aux personnes, lesquelles sont enrichies d’une qualification qui les libère de l’aléa de la validation marchande de leur activité. C’est parce que la personne est en permanence porteuse d’une qualification, et donc d’un salaire, qu’elle peut sans crainte livrer en permanence son travail à l’évaluation : le statut du producteur en train de se construire est cohérent avec la responsabilité des travailleurs sur la production, laquelle ne peut s’exercer que par évaluation permanente du travail.

Les travailleurs d’aujourd’hui ne se sentent faibles que parce qu’ils ne savent pas à quel point ils sont forts.

la cinquième république en coma politique

Dans un article intitulé la cinquième république en coma politique, les auteurs estiment que la cinquième république est d’une telle stabilité qu’elle ne peut pas être démocratique.

La stabilité politique, alpha et oméga de ceux qu’effraye tout changement, se fait trop souvent au prix de l’instabilité sociale. Certes, on peut dire, à l’instar du premier ministre Raffarin, que « ce n’est pas la rue qui gouverne » et que « la politique a justement été inventée pour se substituer à la violence ». Mais ce qui a été inventé il y a plus de deux mille ans par Clisthène pour se substituer à la violence, ce n’est pas la politique en général, mais la démocratie. Et, lorsque la tension sociale s’exacerbe (manifestations répétées et massives, grèves en cascade, etc.), le recours au suffrage universel ne devrait-il pas permettre de trancher les conflits, plutôt que l’oukase présidentiel ? Essentiels, le rapport de forces idéologique et les luttes populaires doivent trouver leur expression dans les institutions, sous peine de les voir surgir sous d’autres formes.

La cinquième république a fait le choix de la stabilité politique aux dépens de la stabilité sociale. Et si les institutions ne sont plus à l’écoute du peuple, alors la voix du peuple se fera entendre autrement.

Peut-il y avoir respect des élus quand ceux-ci ne respectent pas les électeurs ? L’adoption du traité de Lisbonne par le Parlement a ouvert une fracture non refermée. Celle-ci explique sans doute la popularité du référendum d’initiative citoyenne revendiqué par nombre d’associations et de manifestants depuis le mouvement des « gilets jaunes ».

Si la démocratie a été inventée pour se substituer à la violence, alors on est en droit de s’inquiéter de ne plus être en démocratie.

Walmart, cheval de Troie socialiste ?

Dans un article intitulé Walmart, cheval de Troie socialiste ?, les auteurs estiment que le mode de fonctionnement de l’entreprise de grande distribution Walmart présente des caractéristiques d’un mode de production planifié.

La planification est souvent décrite comme une caractéristique du communisme soviétique et décriée par le capitalisme comme étant une des raisons expliquant la chute de l’URSS.

Dans Le Calcul économique en régime socialiste, publié en 1920, l’économiste autrichien Ludwig von Mises interroge : dès lors qu’une communauté dépasse la taille de la cellule familiale primitive, les dispositifs de planification socialiste sont-ils capables de déterminer quoi produire, dans quelle quantité et quand ? Selon Mises, non. S’aventurer dans cette voie conduit nécessairement aux pires vicissitudes sociales et économiques : pénuries, famines, frustrations et chaos.

Pour Mises, toutes les informations nécessaires à la production économique sont déjà disponibles, ailleurs. À travers un mécanisme très simple : le prix de marché. Celui-ci refléterait à la fois l’état de l’offre et de la demande pour chaque ressource, le coût des intrants, l’évolution des goûts des acheteurs… « Le socialisme fonctionne en théorie, mais pas dans la vraie vie », aiment à répéter les conservateurs. Selon Mises, même comme simple construction intellectuelle, la planification s’avérerait dysfonctionnelle.

Le bon sens invite à considérer comme peu fiable une théorie incapable de passer l’étape de sa mise en œuvre pratique. Que faut-il cependant penser d’un système dont la théorie a prévu l’échec, mais qui fonctionne à merveille ? C’est un peu ce qu’offre Walmart : l’une des plus étonnantes démonstrations que la planification, dont Mises a tenté de démontrer l’impossibilité, peut s’avérer d’une remarquable efficacité.

Le modèle économique de l’entreprise Walmart est souvent critiquée, mais l’aspect analysé dans cet article concerne son organisation logistique.

Le géant américain offre ainsi un modèle d’économie planifiée dont l’échelle rivalise avec celle de l’URSS au cœur de la guerre froide : en 1970, le produit intérieur brut (PIB) soviétique atteignait environ 800 milliards de dollars (730 milliards d’euros) actuels, contre 485 milliards pour Walmart en 2017. Si Mises et ses amis avaient raison, le géant américain n’existerait pas.

L’entreprise Walmart a très tôt misé sur la technologie pour organiser sa chaîne logistique. Cela permet de faire remonter très rapidement les informations depuis les consommateurs vers les fournisseurs. Ces derniers disposent donc d’une information complète leur permettant d’organiser, de planifier leur production.

Walmart a par exemple été la première entreprise à utiliser des codes-barres universels pour toutes ses sociétés. Désormais, sa gigantesque base de données Retail Link, connectée par satellite, met les prévisions de demande à disposition des fournisseurs et offre à tous les acteurs un accès à des informations en temps réel sur les ventes, compilées par les caisses enregistreuses. Tout cela suggère que, grâce au progrès technologique, une planification économique à grande échelle est bien à l’œuvre chez Walmart, alors même que Mises estimait la chose impossible.

D’autres entreprises ont fait le choix opposé, en mettant en concurrence des silots internes à l’entreprise, en diminuant le partage d’information, et donc la capacité à planifier.

A contrario, l’un des principaux concurrents de Walmart, l’entreprise Sears, Roebuck and Company, fondée il y a cent trente ans, s’est effondré après avoir misé sur une approche radicalement opposée. La Sears Holdings Corporation a enregistré des pertes d’environ 2 milliards de dollars en 2016, soit un total de 10,4 milliards depuis 2011, la dernière année à s’être conclue par un résultat positif. Cette débâcle s’explique par une décision : celle du président-directeur général Edward Lampert de désagréger les divisions de la société dans l’optique de les mettre en concurrence — bref, de créer un marché interne. D’un point de vue capitaliste, l’opération semblait sensée. Les chefs d’entreprise ne cessent-ils pas de répéter que le marché est la source de la richesse dans la société moderne ?

M. Lampert restructure donc les opérations et divise le groupe en trente, puis quarante unités invitées à entrer en concurrence les unes avec les autres. Au lieu de coopérer, les branches […] doivent soudain fonctionner de façon autonome, avec leur propre président, leur propre conseil d’administration et leurs propres comptes de résultat.

Le marché intérieur s’opacifie du fait de la rétention d’information de chaque unité, qui ne coopère plus avec les autres.

Alors que la courbe des profits plonge, la concurrence s’accentue au sein de l’entreprise, chacun tentant de capter le peu de liquidités encore disponibles. Dans le même temps, la rentabilité de chaque opération se trouve réduite par la duplication de nombreuses fonctions managériales, puisque aucune charge structurelle n’est partagée.

La concurrence entre les unités incite celles-ci à le plus communiquer, à ne plus coopérer. Les processus d’optimisation aboutissent donc à des optimisations locales aux dépens d’optimisation globale.

Au bout du compte, les différentes unités prennent le large, ne voyant plus aucun intérêt à l’intégration au sein d’un même groupe. Certaines quittent le navire, d’autres s’effondrent, précipitant un constat : le pari concurrentiel de M. Lampert a échoué, son modèle paralysant toute forme de coopération.

Les unités n’étant plus liées entre-elles, la guerre économique fait rage et les unités s’éloignent les unes des autres.

Autrement dit, la planification de Walmart incite à une meilleure intégration tandis que le marché libre incite à la désintégration.

retraites : 12 idées reçues à combattre

Dans un billet de blog intitulé retraites : 12 idées reçues à combattre, le guide d’autodéfense, Anaïs Henneguelle démonte 12 idées reçues au sujet de la réforme des retraites actuellement discutée au gouvernement.

Anaïs Henneguelle est maîtresse de conférences en économie à l’Université de Rennes 2 et membre du collectif d’animation des Économistes Atterrés.

Ce guide d’autodéfense a pour vocation de fournir des arguments à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la réforme des retraites mais sont parfois démunis face aux éléments de langage (la plupart du temps incomplets ou simplistes) qu’on leur oppose. En bref, comment (se) mobiliser contre la réforme des retraites ?

Les 12 idées reçues démontées sont les suivantes :

  1. Il n’y a pas de perdants à la réforme.
  2. Le système n’est pas viable financièrement : il faut réformer.
  3. L’espérance de vie augmente et il faut en profiter.
  4. Il faut un âge d’équilibre à 64 ans.
  5. Il faut sanctuariser la part des retraites dans le PIB à 14 %.
  6. On conserve un système par répartition.
  7. Il faut en finir avec les régimes spéciaux.
  8. La réforme permet de protéger les droits des plus faibles.
  9. Le nouveau système bénéficiera aux femmes et aux familles.
  10. Les hauts salaires contribuent plus dans le nouveau système.
  11. Le nouveau système sera plus lisible.
  12. Le président a annoncé cette réforme durant sa campagne présidentielle.

Tous les arguments sont sourcés par des notes de bas de page (et pas moins de 67 notes de bas de page !).

il ne reste plus à ce pouvoir que la violence

Dans un article intitulé il ne reste plus à ce pouvoir que la violence, l’avocat Arié Halimi donne sa vision de l’état de la démocratie en France.

Selon lui, la transition d’un état démocratique et vers un état autoritaire n’est pas binaire. Et un état qui se repose fortement sur sa police est plutôt du côté de l’autoritarisme que du côté de la démocratie.

Nous sommes dans cette gradation des différents types d’exercice du pouvoir dans une démocratie, décrite par Juan J. Linz. Entre démocratie et dictature, il distingue une multitude de nuances, comme celle de la « démocratie illibérale ». La mécanique électorale demeure mais à l’échelle de l’exercice du pouvoir, un autoritarisme s’affirme ; il peut conduire au basculement, avec la généralisation de l’état d’urgence, la permanence de l’état d’exception. Cette possibilité de bascule vers un État policier, où l’autorité politique se soumet au corps policier, est manifeste en France. Les tracts de certains syndicats de police comme Alliance ou le SCPN sont de plus en plus agressifs. Pas seulement à l’égard des militants et des défenseurs des droits de l’homme : l’autorité civile et politique, qui normalement dirige, est elle aussi mise en cause dans ces publications. « Si un policier est jugé, voire condamné pour des violences policières, vous ne nous verrez plus dans la rue », affirment-ils en substance. Le corps policier, on le sent, exerce une pression très lourde sur le ministère de l’Intérieur.

Le déni des violences policières par les représentants de l’état use d’un argument fallacieux : les violences policières n’en sont pas car les policiers sont des représentants de l’état et l’état est fondé - par la loi - à user de la violence légitime.

Parler du monopole ou même de l’usage de la violence légitime relève d’une erreur de droit. Il n’y a pas de monopole de la violence légitime pour l’État. Ça n’existe pas dans le droit pénal. Toute violence, quelle qu’elle soit, est une infraction pénale. Vous pouvez ensuite avoir des faits justificatifs ou des causes d’exonération de responsabilité pénale.

Ces violences policières sont-elles des débordements marginaux, des dérives individuelles de certains policiers ? Ou bien relèvent-elles d’une stratégie globale délibérée ?

La vraie question qui se pose porte sur la nature de ces violences : relèvent-elles d’une stratégie délibérée ? Je pense que oui. Avec d’autres - jour­nalistes, responsables politiques, sociologues - j’ai suffisamment d’éléments en main, d’expérience, de dossiers, de lectures, pour affirmer que ce pou­voir politique extrêmement fragile ne tient plus que par la police, par l’usage de la force et des armes.

Au fil de ces violences policières, le corps policier dans son ensemble perd peu à peu son crédit, son image de défenseur de l’ordre et garant de l’application de la justice. Il apparaît de plus en plus clairement comme la garde impériale d’un gouvernement, d’une caste qui se retranche derrière la force pour mieux se protéger du peuple.

Le symptôme d’une démocratie malade.