Selon le billet Propriété : Priver, “le principe fondateur de toute propriété n’est pas de posséder quelque chose, mais de priver autrui de son usage”.
En réalité, ce que j’ai, c’est ce que les autres n’ont pas.
L’idée est intéressante…
Selon le billet Propriété : Priver, “le principe fondateur de toute propriété n’est pas de posséder quelque chose, mais de priver autrui de son usage”.
En réalité, ce que j’ai, c’est ce que les autres n’ont pas.
L’idée est intéressante…
Alors que nous sommes de mieux en mieux sensibilisés à la problématique écologique, il apparaît qu’il est difficile de s’engager dans une démarche résolument écologique. Si les premiers pas écologiques sont faciles à faire, ceux qui suivent imposent de se remettre en cause plus qu’on ne le souhaiterait. On risque alors de se retrouver désillusionné et découragé, en se disant “Je n’arrive pas à être écolo”.
En effet, une démarche résolument écologique implique de s’attaquer aux tabous occultés par notre société.
Ce n’est qu’au prix de cette remise en cause qu’on parviendra à avancer réellement, individuellement et ensemble.
Quiconque ne s’étant jamais rendu un samedi après-midi dans une décheterie ouverte aux particuliers devrait se plier à cet exercice afin de prendre la mesure de la quantité de déchets générée par notre mode de vie. C’est le meilleur moyen de comprendre pourquoi notre société est souvent qualifiée de société de consommation.
Osons le parallèle avec les technologies de l’armement : avec les avancées technologiques, on a vu apparaître des armes de type fire and forget. Ces missiles d’un nouveau genre permettent au lanceur de tirer le missile et de ne plus s’en préoccuper, le missile se chargeant de manière autonome d’atteindre sa cible.
Notre société de consommation est basée sur le même modèle dans sa variante consumériste : consomme et oublie. Cette mutation a probablement débuté par l’invention de la poubelle par monsieur Eugène-René Poubelle. L’invention de la poubelle, si elle est sans conteste le signe d’un progrès dans le domaine de l’hygiène, marque également le début de l’externalisation de la gestion de ses déchets. En effet, l’innovation liée à l’invention de la poubelle est plus liée à la mise en place d’un processus de collecte des déchets qu’à l’invention de l’objet, simple récipient de fer et de bois.
Il est intéressant de noter que le tri des déchets était prévu dès l’origine avec la mise en place de 3 filières distinctes de traitement des déchets :
Mais la poubelle a surtout eu la conséquence de mettre de la distance entre le producteur de déchet et le processus de traitement des déchets. Petit à petit, la gestion des déchets s’est professionnalisée et les producteurs de déchets se sont désintéressés de la problématique du traitement des déchets. C’était le début du mode de consommation consomme et oublie.
Par la suite, la quantité de déchets par personne n’a cessé d’augmenter et les coûts associés se sont vus dilués dans les charges des habitations, dans les impôts. Le coût économique n’a pas été un frein à cette augmentation du volume des déchets, en quantité global comme en quantité par personne. Le coût écologique n’a pas non plus limité cette augmentation. C’est d’ailleurs l’absence de considération écologique qui a permis de conserver un très bas prix de traitement des déchets :
Par la suite, la société de consommation a introduit les concepts d’obsolescence planifiée et d’obsolescence perçue.
L’obsolescence planifiée est à rapprocher de la notion de defective by design. C’est le mécanisme par lequel un produit présente des dysfonctionnements prévus par le concepteur. Le principe est que le dysfonctionnement intervient après la fin de la période de garantie et incite à l’achat d’un nouveau produit. Cela permet d’entretenir la demande en privilégiant la mauvaise qualité des produits.
L’obsolescence perçue relève plus du marketing que de la conception technique du produit. Elle consiste à amener le consommateur à penser que son produit est devenu obsolète alors qu’il fonctionne parfaitement. Le meilleur exemple d’obsolescence perçue est la mode vestimentaire qui change chaque année et qui nous incite à racheter des vêtements neufs et à la mode alors que nos anciens vêtements sont en parfait état mais sont subitement devenus démodés.
En couplant l’obsolescence planifiée ou perçue et les filières de traitement des déchets, on obtient un système qui permet au consommateur de consommer sans se poser de question.
Et si justement on s’en posait, des questions ? Si on s’intéressait un peu plus à l’histoire des choses ?
Un très bon billet intitulé la concurrence n’est pas le “laissez-faire” explique avec pédagogie le sens de termes économiques courants.
Il y a, dans les discussions de tous les jours, dans les médias et dans les débats politiques, une source permanente de confusions et de quiproquos dus à une série d’amalgames trompeurs. C’est notamment le cas dès lors que l’on évoque les notions très générales, abstraites, donc “faciles”, comme le “capitalisme”, l’“économie de marché”, le “libéralisme”, le “libéralisme économique” ou encore l’“ultralibéralisme”. Bien souvent, ces notions sont purement et simplement considérées comme synonymes, ce qui est simplement faux et ne peut qu’aboutir à des incompréhensions et à des dialogues de sourds.
Ce billet est tiré du blog comprendre l’actualité économique dont l’objectif est d’enseigner “ce qu’il faut savoir pour comprendre les informations économiques quand on n’y connaît absolument rien ou presque”.
Les règles régissant le don du sang sont strictes et exigeantes.
Alors si ceux qui restent - les personnes bien portantes et ne présentant aucune contre-indication - ne vont pas donner leur sang, qui le fera ?
Alors que le changement climatique et le pic de pétrole semblent entrés dans l’inconscient collectif, ils tardent souvent à être présents à l’esprit de chacun, à la conscience collective de la société. Combien mettent réellement leurs actes en accord avec leurs convictions ? Combien ont déjà baissé les bras à l’idée de se mobiliser pour cette cause juste, découragés par l’ampleur de la tâche ? Qui n’a jamais entendu quelqu’un répondre : mais qu’est-ce que je peux y faire, moi ?
Alors, parce qu’il faut bien commencer quelque part, et que l’action individuelle ne suffira pas, le collectif Objectif Résilience s’est fixé pour objectif “d’encourager, d’informer, de soutenir, de relier et de former des communautés afin qu’elles se sensibilisent, puis adoptent et mettent en pratique une initiative de transition”.
Le guide des initiatives de transition propose “un tour d’horizon de ces initiatives dont le but est de bâtir un futur moins gourmand en énergie et d’améliorer le niveau de résilience d’une communauté”.
Un bon moyen de commencer quelque part tout en ayant une ambition à la hauteur du défi qui nous est lancé.
Georges Monbiot estime qu’il n’est nul besoin de savoir s’il est trop tard ou non pour agir et essayer d’infléchir le cours des évènements :
Oui, il est peut-être déjà trop tard - même si nous réduisions demain les émissions à zéro - pour prévenir un réchauffement de plus de deux degrés, mais nous ne pouvons pas nous comporter comme si c’était le cas. Car ainsi nous rendrions cette prédiction certaine. Aussi difficile ce combat soit-il, aussi improbable ses chances de succès soient-elles, nous ne pouvons nous permettre de renoncer.
Lire aussi l’article complet.
Si vous n’avez jamais assisté à une conférence de Jean-Marc Jancovici, ni lu ses livres, ni navigué sur son site internet, voici enfin l’occasion de vous rattraper.
En mars 2008, Jean-Marc Jancovici était invité par une grande entreprise à animer une conférence sur le thème : énergie et climat : la fin de l’âge d’or ?
Contrairement aux grands médias qui ont pour habitude d’aborder le sujet de manière fragmentée, Jean-Marc Jancovici aborde ici tous les aspects majeurs de la problématique. Citons en vrac :
Pour comprendre vraiment la problématique liée à l’énergie et au climat, prenez le temps de visionner cette conférence d’excellente qualité : énergie et climat : la fin de l’âge d’or ?
En France comme en Europe, le vote électronique est parfois présenté comme un remède à une démocratie en perte de vitesse où le taux de participation aux élections baisse régulièrement.
L’abstention n’est probablement pas due au type de scrutin, mais le fait est que le vote électronique bénéficie de cette image de solution miracle.
Cependant, plusieurs voix s’élèvent pour contester cette image faussée du vote électronique. Selon ses détracteurs, les bénéfices supposés du vote électronique ne font pas le poids face aux dangers qu’il induit.
Examinons de plus près les avantages et inconvénients du vote électronique.
Tout d’abord, le vote électronique recouvre plusieurs types de vote. Leur point commun est d’utiliser un système informatique pour recueillir et compter les votes.
Dans chaque pays où le vote électronique a été expérimenté (Hollande, Irelande, Belgique, France, Allemagne, Estonie, Suisse), il a fait l’objet de nombreuses réclamations diminuant d’autant la légitimité du scrutin incriminé.
La légitimité du vote - électronique ou non - repose sur 3 principes :
Le vote électronique est autant plébiscité pour de mauvaises raisons que pour de bonnes raisons.
Les mauvaises raisons :
Les bonnes raisons :
Le vote traditionnel possède des caractéristiques simples mais essentielles :
Le vote électronique ne dispose pas de ces caractéristiques essentielles :
Pour pallier ces faiblesses, les défenseurs du vote électronique ont imaginé 2 mécanismes censés renforcer la légitimité du vote électronique :
La production d’une preuve physique consiste à imprimer un bulletin papier, vérifié par le citoyen avant d’être glissé dans une urne, comme pour le vote classique. Ce mécanisme présente cependant plusieurs problèmes :
Une fraude réussie est indétectable. Une fraude légère et discrète est suffisante pour avoir des conséquences importantes sur le résultat du scrutin.
Plusieurs études se sont intéressées à l’utilisation de mécanismes de chiffrement pour garantir le secret du vote, mais ce chiffrement n’a de sens que dans le cadre de la production d’une preuve physique.
Par ailleurs, l’utilisation des technologies de chiffrement rend le processus complexe et non transparent. C’est un difficile équilibre entre respect de la transparence et respect du secret du vote, l’auditabilité étant déléguée à des experts du chiffrement.
En cas de contestation, peu de personnes seront capables d’évaluer l’intégrité du vote et sa légitimité. L’auditabilité du processus de vote n’est plus accessible à tous les citoyens, elle devient une bataille d’experts.
La preuve physique peut également être conservée par le citoyen qui pourra par la suite effectuer une vérification sur un listing imprimé.
Cette combinaison des deux mécanismes n’apporte cependant pas toute les garanties souhaitées car elle ne permet pas :
Les études les plus avancées dans le domaine du vote électronique utilisent les technologies de chiffrement pour garantir le secret. Parallèlement, tous les efforts d’amélioration de l’auditabilité et de la transparence fragilisent le secret du vote.
Un vote électronique évolué pourrait présenter l’avantage d’utiliser la méthode Condorcet. Il n’est cependant pas souhaitable de proposer ce type de vote s’il n’est pas possible de garantir dans le même temps la transparence de ce dernier. En effet, la perte de légitimité d’un tel scrutin aurait pour effet de saper les bases même de la démocratie. Aujourd’hui, les avantages procurés par le vote électronique sont mineurs par rapport aux inconvénients qu’il induit.
Ce billet traite principalement du vote à bulletin secret qui est le plus délicat à transposer dans le cadre du vote électronique car il nécessite de garantir le secret du vote. Or, en France, pour les raisons exposées au début de ce billet, la quasi-totalité des scrutins sont à bulletin secret. Le vote à bulletin public n’amènerait probablement pas la même réponse vis-à-vis du vote électronique.
Ce billet est librement inspiré de la présentation d’Ulrich Wiesner lors de la 25c3, 25e édition du CCC.
Méfiez vous du pétrole pas cher ! nous avertit Jean-Marc Jancovici dans une tribune où il explique que la baisse récente du cours du pétrole ne doit pas nous détourner de la problématique centrale que constituent les transports dans le contexte environnemental et énergétique actuel.
L’ORAMIP - Observatoire Régional de l’Air en Midi-Pyrénées - a réalisé au printemps 2008 une étude afin d’évaluer l’exposition des personnes à la pollution de l’air dans différents moyens de transport : voiture, bus, métro, marche à pied et vélo.
Pour ce premier volet de l’étude, trente cinq déplacements, parmi les plus empruntés dans l’agglomération toulousaine sur le trajet domicile-travail, ont été étudiés aux heures de pointe et comparés aux concentrations enregistrées sur les sites de mesures fixes de l’ORAMIP.
Les premiers résultats obtenus sont identiques à ceux obtenus au cours d’une étude similaire à Paris : l’automobiliste au volant de son véhicule ainsi que ses passagers sont les plus exposés à la pollution de l’air.

Les concentrations mesurées pour chaque mode de déplacement montrent que l’automobiliste est le plus exposé à tous les polluants pris en compte (dioxyde d’azote, particules en suspension, monoxyde de carbone, benzène). La marche, le vélo et le bus forment le trio gagnant des modes de transport permettant d’échapper le mieux aux polluants.

Il est donc illusoire de croire que l’automobile constitue un cocon protecteur et isolant de la pollution extérieure. Plus la circulation est dense, plus l’automobiliste s’intoxique. A l’inverse, le cycliste - qui évolue souvent au sein du même milieu - bénéficie d’une position plus élevée et donc plus éloignée des pots d’échappement. Il est en outre plus agile, ce qui lui permet de ne jamais rester bloqué dans les bouchons, réduisant de ce fait le temps de parcours, donc la durée d’exposition.
D’un point de vue énergétique, une autre étude de mars 1973 publiée dans Scientific American compare le coût énergétique du déplacement d’une unité de masse donnée. Elle vise à évaluer le rendement énergétique de différents modes de déplacement.

On constate avec étonnement que le vélo est très performant. Il a un rendement supérieur à de nombreux animaux, dont le cheval - taillé pour la galop - et le dauphin - dont les qualités hydrodynamiques sont connues de tous les nageurs. Le vélo présente le double avantage de permettre d’échapper en partie à la pollution urbaine et de ne pas contribuer à celle-ci.
A l’inverse, l’automobile se retrouve plutôt mal placée, à peu près aussi performante qu’un homme à pied ou qu’un avion de transport. Ce dernier fait est intéressant à noter : l’automobile, l’avion de transport et l’homme à pied sont d’un rendement équivalent.
Il faut nuancer ce propos en insistant sur le fait qu’il y a 2 différences majeures entre l’homme à pied d’une part, et l’automobile et l’avion d’autre part :
Le rendement d’un mode de transport ne fait donc pas tout. L’intérêt environnemental et énergétique d’un mode de transport réside avant tout dans les caractéristiques renouvelables et écologiques de l’énergie primaire utilisée par le mode de transport et dans la distance moyenne parcourue à l’aide de ce moyen de transport.
Nous nous déplaçons trop, et à l’aide d’une énergie non écologique et non renouvelable. Notre mode de vie - fortement dépendant de transports énergivores - n’est pas durable et il cessera un jour ou l’autre, que nous le voulions ou non. Il nous appartient de décider si on préfère faire le choix d’un autre mode de vie, ou d’y être contraint tôt ou tard.
Etes-vous plutôt lièvre ou plutôt tortue ? Qu’on se le dise, dans un monde où les ressources sont finies, la tortue a plus d’avenir que le lièvre ! L’espérance de vie des tortues (plus de 50 ans) et l’ancienneté de l’espèce des testudines (plus de 200 millions d’années) en sont la preuve !