si, c'est vrai !

pétrole, économie et inflation

Depuis quelques mois, les Français se plaignent de l’inflation et de la diminution de leur pouvoir d’achat. Sans vouloir polémiquer sur la question du pouvoir d’achat, la question de l’inflation peut s’expliquer en grande partie par l’augmentation du coût du pétrole.

Et les Français sont en train de découvrir - sans toutefois en avoir vraiment conscience - que leur société est étroitement dépendante du pétrole, et donc de son cours…

cours du brent depuis 1990

Le coût du baril de brent affiche depuis plusieurs années déjà une augmentation forte, qu’est-ce qui pourrait stopper cette tendance ?

Aucun média ne parle de choc pétrolier, ne tente d’en expliquer la cause ou d’en prévoir l’évolution pour les mois et années à venir. Mais au risque de déplaire, cette augmentation n’est pas terminée !

NAIRU : chômage et inflation

L’objectif premier de la Banque Centrale Européenne est la lutte contre l’inflation. Les théories économiques présentent souvent l’inflation comme un mal à combattre et à éviter. Elle a - entre autre - pour effet de dévaloriser les patrimoines financiers et est donc néfaste pour les “riches”.

Le NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) correspond au taux de chômage n’accélérant pas l’inflation. C’est une théorie conçue en 1975 dont la valeur chiffrée correspond au taux de chômage minimal pour ne pas accélérer l’inflation.

A titre d’information, l’OCDE estimait le NAIRU à environ 9,5% pour la France en 1999 alors que le taux de chômage était de 10,8%.

Le chômage a pour effet de modifier le rapport de force entre salariés et patrons :

  • un taux de chômage fort a pour effet de rendre les salariés plus faibles face à leurs patrons qui peuvent sans problème licencier les salariés trop revendicatifs pour embaucher à leur place des chômeurs plus dociles
  • un taux de chômage faible a pour effet de renforcer le pouvoir des salariés dont les revendications seront plus à même d’être imposées aux patrons

La flexibilisation du marché du travail modifie le rapport de force entre salariés et patrons, en favorisant ces derniers. En flexibilisant le marché du travail, on diminue ainsi le NAIRU et on peut donc décider de diminuer le taux de chômage sans risquer d’accélérer l’inflation. En fait, le NAIRU permet de déterminer la limite minimale du taux de chômage pour que les patrons se maintiennent position de force dans le rapport de force avec les salariés.

  • Un taux de chômage faible a tendance à pousser les salaires à la hausse, entrainant ainsi la hausse généralisée des prix : c’est l’inflation.
  • Un taux de chômage fort est une incitation à la modération salariale, à la modération des prix et donc à l’absence d’inflation.

En conséquence, lorsqu’un politicien parle de plein emploi et en fait un de ses objectifs de campagne, il y a fort à parier qu’il ne souhaite le plein emploi que dans la limite où il reste compatible avec le NAIRU, c’est à dire que le taux de chômage reste au dessus du NAIRU. Il faut donc se méfier de ceux qui promettent le plein emploi car il est probable qu’eux-même n’en croient pas un mot… Ils se mettraient aussitôt le MEDEF à dos.

Il apparaît ainsi que le taux de chômage n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un choix délibéré d’une variable d’ajustement (le taux de chômage) dont l’objectif est de ne pas mettre en danger l’économie.

Et une étude de 3 chercheurs de l’université Paris 1 montre que flexibiliser l’emploi pour réduire le chômage n’est pas une évidence scientifique. Cette étude tend à montrer qu’il n’existe pas de lien direct entre le chômage et la flexibilité de l’emploi. Il faut au contraire prendre en compte le NAIRU, l’inflation et le rapport de force entre salariés et patrons pour étudier la problématique dans son ensemble.

les chiffres du chômage

Les chiffres du chômage régulièrement publiés sont souvent sujet à discussion. En effet, la définition d’un chômeur n’est pas la même selon les différents organismes que sont l’INSEE, l’OCDE, l’ANPE, le BIT ou encore Eurostat.

Quelle que soit la définition du chômage retenue, il faut distinguer les principales typologies de chômage :

  • le chômage conjoncturel
  • le chômage structurel
  • le chômage frictionnel

Le chômage conjoncturel s’explique généralement par une diminution de l’activité qui peut être due à une baisse de la demande (suite par exemple à des évènements terroristes, des perturbations financières, une baisse de morale généralisée de la population).

Le chômage structurel n’est par définition pas lié à la conjoncture mais à la structure même de l’appareil de production : non adéquation entre les rythmes de production et de consommation, sur-productivité durable. Le chômage structurel apparaît dans une société dont la vitesse d’évolution est trop faible.

Enfin, le chômage frictionnel est lié à la mobilité : soit une mobilité géographique soit une mobilité sectorielle. Ce type de chômage est bénéfique dans la mesure où il constitue le fluide permettant à une société d’évoluer vers les régions les plus porteuses et vers les activités en développement. C’est donc plutôt un signe de bonne santé d’une société, qui marque le renouvellement des métiers et donc une meilleure adéquation avec les besoins de ladite société.

Il apparaît donc que la notion de chômage recouvre plusieurs réalités. Parler du taux de chômage n’a donc pas de signification tant qu’il ne rentre pas dans le détail de chaque type de chômage.

Le seul chômage bénéfique, le chômage frictionnel, a pour particularité d’être de courte durée (cette courte durée étant forcément relative). Lorsqu’un secteur d’activité décroit, il génère du chômage, compensé par d’autres secteurs en croissance. Le chômage frictionnel est limité dans la durée au temps nécessaire aux employés du secteur en décroissance pour retrouver un emploi dans un secteur en croissance.

Plutôt que de taux de chômage, il serait peut-être préférable de parler de durée moyenne de chômage (ou au moins d’intégrer cet indicateur dans les chiffres du chômage).

logiciel libre et (in)dépendance

De nombreux utilisateurs d’ordinateur ont une vision à court terme de l’outil informatique : ils ne s’intéressent qu’à l’usage qu’ils peuvent en faire au jour le jour sans prendre en compte les implications qu’il induit à long terme : pérennité des données, patrimoine numérique commun, indépendance, liberté de choix…

Mais faisons l’analogie avec l’automobile : conduire un véhicule sur la voie publique nécessite une formation. Cela se justifie d’une part du fait qu’il est nécessaire de savoir contrôler son véhicule et d’autre part du fait qu’il est impératif de savoir s’intégrer dans la circulation sans mettre en péril la sécurité des autres automobilistes. En serait-il autrement de l’informatique ?

L’une des plus belles supercheries de l’industrie de l’informatique est d’être arrivée à faire croire qu’il était possible d’utiliser l’informatique sans formation, sans connaissance préalable de l’outil. Il suffirait donc de s’installer au volant de l’ordinateur et de commencer à l’utiliser sur les sinueuses et difficiles routes de montagne ?

Or, si tous les éditeurs tentent de rendre l’informatique aussi intuitif, simple et abordable que possible, la technique de l’informatique ne cesse de se complexifier avec la diversification des usages (on fait de plus en plus de chose avec un ordinateur).

En conséquence, il n’est pas pas très étonnant de constater 2 dérives :

  • Des utilisateurs dont l’ordinateur plante et pestent contre lui, tentent parfois de le réparer eux-même et finissent souvent par aller chez leur revendeur ou chez un prestataire de micro-informatique et demandent à un “spécialiste” de remettre l’ordinateur en état de marche.
  • D’autres utilisateurs cèdent aux sirènes d’un éditeur de micro-informatique qui leur promet monts et merveilles contre monnaie sonnante et trébuchante. Ils sont alors rassurés d’être pris par la main et payent pour avoir un système d’exploitation plus récent, des mises à jour, un antivirus, un firewall, un antispyware, un antipopup, un antispam et que sais-je encore…

Ces deux dérives ont la même conséquence : elles maintiennent l’utilisateur dans l’ignorance et la dépendance. Finalement, des deux dérives, seule diffère l’entité qui perçoit la monnaie : le prestataire ou l’éditeur. Les mauvaises langues argueront qu’elles ne sont en aucun cas des conséquences fortuites mais des objectifs sciemment poursuivis.

Pour sortir de l’ornière et faire tomber les oeillères, la première des choses à faire est probablement d’énoncer quelques vérités :

  • oui, l’informatique est technique,
  • non, l’informatique n’est pas si simple que certains veulent le faire croire,
  • oui, une formation est souvent nécessaire pour commencer à maîtriser un outil.

L’informatique ne diffère pas des autres outils ni des autres techniques : il faut apprendre à l’utiliser.

Si certains utilisateurs ne rencontrent pas de problème avec leur ordinateur, il est toutefois possible qu’ils en causent à d’autres. Tout comme l’automobile s’insère la circulation, un ordinateur est de nos jours bien souvent connecté à internet tout ou partie du temps, pouvant ainsi causer des dommages en tout point du réseau internet. La connaissance de l’outil informatique permet de combler les failles de sécurité et d’éviter de causer des problèmes aux autres utilisateurs à son insu. Il est donc primordial de savoir correctement sécuriser son ordinateur afin d’éviter de se faire le relais d’attaques malintentionnées.

On peut à nouveau faire le parallèle avec l’automobile. En effet, il est aujourd’hui quasiment impossible pour un particulier d’assurer l’entretien quotidien d’un véhicule récent. Même la vidange n’est maintenant plus possible et doit être faite par un garagiste, qui plus est agréé. Ce garagiste aura payé son agrément, une formation et souvent du matériel spécifique à une marque de voiture (matériel propriétaire qu’il devra renouveler régulièrement).

L’informatique grand public va dans le même sens, proposant du poisson à celui qui a faim tandis que le logiciel libre propose en outre d’apprendre à pécher. Il est plus long et laborieux d’apprendre à pêcher que de simplement déguster un poisson déjà cuisiné. Mais à moyen terme, savoir pécher est assurément la solution la plus avantageuse.

Idéologiquement parlant, le logiciel propriétaire est la vente d’un produit à consommer tandis que le logiciel libre est le partage de la connaissance.

Ceci dit, chacun doit pouvoir décider s’il souhaite demeurer dépendant et assisté ou s’il préfère apprendre et gagner son autonomie. Mais la moindre des choses serait que chacun puisse faire ce choix en connaissance de cause, conscient des tenants et aboutissants.

Et si chacun avait conscience qu’utiliser l’informatique nécessite une formation, nul doute qu’un nombre non négligeable d’utilisateurs opteraient pour le logiciel libre, conscient que c’est un investissement qui s’inscrit dans le temps et dans une perspective humaniste.

l'homme qui plantait des arbres

L’homme qui plantait des arbres est une nouvelle de Jean Giono qui met en scène un berger qui redonne vie à une terre aride et inhospitalière en y semant des glands. Une forêt grandit et s’y développe recréant un écosystème de vie et d’hospitalité.

Vous pouvez consulter la page Wikipedia au sujet de cette oeuvre, ainsi que le film d’animation qui illustre magnifiquement cette nouvelle lue par Philippe Noiret.

reconsidérons le travail

Il est inutile de “travailler plus pour gagner plus”, c’est une impasse. Mieux vaut travailler autrement pour vivre mieux.

L’idée d’un revenu d’existence, assez largement débattue en dépit d’un flou concernant ses modalités d’application, se veut un moyen efficace pour sortir de l’assistanat. À l’heure qu’il est, on attribue des minima sociaux à des gens auxquels on reproche de coûter cher à la société, sans prendre en compte le fait qu’il n’y a plus assez de travail pour tout le monde et que partant il y aura nécessairement des laissés-pour-compte, ni non plus l’aubaine qu’ils représentent pour des employeurs sans scrupule recherchant une main d’œuvre à la fois peu coûteuse et corvéable à merci. Que certains ne soient même pas conscients de ce que cette humiliation permanente rapporte à d’autres ne les excuse en rien, l’idéologie actuelle du travail est un mensonge qui détruit des gens, ce qu’il faut commencer par reconnaître si l’on veut pouvoir sortir de ce piège.

La suite de l’article.

crise financière : le krach parfait

L’économiste Marin Wolf, éditorialiste au Financial Times, reprend à son compte les thèses de Roubini, et détaille le scénario conduisant au krach financier et à une récession qui pourrait durer plus d’un an, rédigé par ce dernier. Y a t-il des chances d’y échapper ? Peu, juge Wolf, bien peu.

Faites-vous votre avis en lisant l’article, l’avenir nous dira s’ils avaient raisons !