si, c'est vrai !

la bombe humaine

Quarante ans après la publication de son livre controversé The population bomb, le scientifique Paul Ehrlich persiste et signe : la surpopulation – associée aujourd’hui à la surconsommation – est au centre de la crise environnementale à laquelle la planète est confrontée. Et il insiste : ce ne sont pas les solutions technologiques qui changeront quoi que ce soit.

L’article est intéressant mais est à lire sans préjugé. Il est cependant dommage qu’il n’évoque pas le fait que lorsqu’on met la démographie en question, on oublie trop souvent que ce sont avant tout les riches qui détruisent et menacent la planète.

La question démographique ne devrait jamais être abordée sans évoquer celle du partage des richesses.

vers de nouvelles techniques d'assolement et de semis direct

Rés’OGM info nous propose une conférence de Claude Bourguignon intitulée : vers de nouvelles techniques d’assolement et de semis direct. Claude Bourguignon, microbiologiste des sols, considère la terre comme un organisme vivant et non comme un substrat inerte (ce qu’il fini par devenir si on le considère comme tel).

Cette conférence propose d’intéressantes pistes à explorer :

  • pratiquer le semis direct et ne pas labourer,
  • se passer d’engrais,
  • adapter la culture au sol, et non le sol à la culture,
  • adopter un équilibre agro-sylvo-pastoral.

Un résumé plus étoffé de cette conférence est disponible dans la seconde partie de ce billet du blog penserdurable.com.

climat, énergie et prospective

Jean-Marc Jancovici a déjà été mentionné plusieurs fois dans des billets tels que :

Voici une conférence de Jean-Marc Jancovici, qui porte sur ses thèmes de prédilection : climat, énergie et prospective. A visionner et à partager sans retenue.

60 questions, 60 réponses, sur la dette, le FMI et la banque mondiale

Six ans après la parution du livre 50 questions 50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, Damien Millet et Eric Toussaint sortent une version actualisée et complétée qui décrypte le discours officiel sur la dette et envisage les scénarios possibles pour sortir de l’impasse. Ils exposent les différents arguments moraux, politiques, économiques, juridiques, écologiques sur lesquels repose la revendication d’une annulation de la dette publique.

Le livre intitulé 60 questions, 60 réponses, sur la dette, le FMI et la banque mondiale permet de mieux comprendre comment s’est structuré le monde depuis la seconde guerre mondiale et les motivations tacites de la promotion incessante du libre échange.

Il recèle quelques perles susceptibles de choquer les plus naïfs :

Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. […] L’inquiétude [à propos des agents toxiques] sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1000 à cinq ans.

Lawrence Summers, note interne de la banque mondiale, 13 décembre 1991

On ne s’étonne pas, à la lecture de cet extrait, que le monde aille de travers. Il ne pourrait en être autrement du fait de la présence de personnages de cette nature dans des rôles de grand architecte du monde financier. Et, aussi choquants que soient ces propos, ils correspondent hélas à une réalité

le logiciel libre est-il encore une option pour les acteurs de l'informatique ?

Le logiciel libre est-il encore une option pour les acteurs de l’informatique ? La fiction documentaire intitulée libre à vous tente de présenter les différentes options qui s’offrent aux acteurs de l’informatique propriétaire :

  • ignorer le phénomène du logiciel libre (un choix risqué)
  • devenir un acteur du logiciel libre, un acteur ouvert sur ses clients et sur la communauté des utilisateurs et des contributeurs
  • lutter contre le logiciel libre en renforcant l’équipe marketing et l’équipe juridique et effectuer un important travail de lobbying

L’exposé de 16 minutes est d’une clarté saisissante. A mettre sous les yeux et dans les oreilles de tous les décideurs.

une histoire de la propriété intellectuelle dans le cyberespace

Il est important de préserver nos libertés sur internet. Or de nombreuses lois françaises (DADVSI, HADOPI et HADOPI 2, LOPPSI) ou accords internationaux (DMCA, EUCD, ACTA) restreignent petit à petit ces libertés.

Ceux qui n’ont pas le courage de lire de longs articles seraient bien avisés de jeter donc un coup d’oeil à une histoire de la propriété intellectuelle dans le cyberespace. Cette bande dessinée sympathique et didactique présente un aperçu complet des enjeux.

en route vers la grande dépression ?

Si le sujet de cet article adopte une forme interrogative, son auteur, Frédéric Lordon, semble avoir une petite idée de la réponse : l’attitude actuelle des gouvernements européens a pour effet d’entraîner doucement mais sûrement l’Europe vers une grande période de dépression.

Pour découvrir ce que Frédéric Lordon nous prédit pour la décennie à venir, allez lire l’article intitulé en route vers la grande dépression ? du Monde Diplomatique.

leur écologie et la nôtre

Visionnaire, le philosophe André Gorz avait prévu, dans ce texte paru en 1974, la récupération de l’écologie par l’industrie, les groupes financiers - en un mot, le capitalisme.

Extrait :

Car les partisans de la croissance ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel modèle de consommation, fondés sur l’inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l’actuel mode de production, il n’est pas possible de limiter ou de bloquer la croissance tout en répartissant plus équitablement les biens disponibles.

Tant qu’on raisonnera dans les limites de cette civilisation inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la promesse - pourtant entièrement illusoire - qu’ils cesseront un jour d’être sous-privilégiés, et la non-croissance comme leur condamnation à la médiocrité sans espoir. Aussi n’est-ce pas tant à la croissance qu’il faut s’attaquer qu’à la mystification qu’elle entretient, à la dynamique des besoins croissants et toujours frustrés sur laquelle elle repose, à la compétition qu’elle organise en incitant les individus à vouloir, chacun, se hisser au-dessus des autres. La devise de cette société pourrait être : “Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as mieux que les autres”.

Or c’est l’inverse qu’il faut affirmer pour rompre avec l’idéologie de la croissance : “Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui privilégie ni n’abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société sans privilège, il n’y a pas de pauvres”.

André Gorz écrivait cela en 1974…

de la valeur ignorée des métiers

Un article court et percutant de Pierre Rimbert pose la question qui fâche :

A force d’évaluer toutes choses et toutes gens à l’aune de leur rendement monétaire — que rapportez-vous aux actionnaires ? —, il était fatal qu’on retournât un jour la question aux évaluateurs, mais posée d’un autre point de vue : que rapportez-vous à la société ?

Et vous, quel est le rendement social de votre métier ?