si, c'est vrai !

information sous contrôle

Dans un article intitulé information sous contrôle, Serge Halimi et Pierre Rimbert dressent un portrait sans concession du microcosme politique français.

La presse agit comme la caisse de résonance d’un bloc politique, mais lequel ? Il n’a pas de nom, pas de visage. Il ne présentera jamais de candidat. Et pourtant, il gouverne… les conduites et les consciences. Du moins s’y emploie-t-il. Ce parti de l’ordre recrute dans un large spectre politique, au croisement des mondes patronaux et syndicaux réformistes, de la haute administration, de la finance, du journalisme de marché et des intellectuels de pouvoir. Sa formation remonte à l’aplatissement idéologique intervenu en France à partir des années 1980 et au recentrage des partis de gouvernement autour d’un tronc commun de thèmes irrécusables : libre-échange, construction européenne, atlantisme, guerres “humanitaires”.

La France ne serait donc pas une démocratie, mais une autocratie.

comment tout peut s'effondrer

Dans un livre intitulé comment tout peut s’effondrer, et sous titré “petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes”, les auteurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens mènent une étude de collapsologie sur l’avenir de nos sociétés.

A la page 183, les auteurs citent Jared Diamond qui a identifié 5 facteurs récurrents d’effondrement, dont un est systématiquement présent.

Jared Diamond a identifié 5 facteurs d’effondrement - récurrents et souvent synergiques - des sociétés qu’il a étudiées :

  • les dégradations environnementales ou déplétions des ressources
  • le changement climatique
  • les guerres
  • la perte soudaine de partenaire commerciaux
  • et les (mauvaises) réactions de la société aux problèmes environnementaux

Le seul facteur commun à tous les effondrements est bien le cinquième, celui d’ordre sociopolitique : les dysfonctionnements institutionnels, les aveuglements idéologiques, les niveaux des inégalités et surtout l’incapacité de la société - et particulièrement des élites - à réagir de manière appropriée à des événements potentiellement catastrophiques.

Dans la fin de son livre Jared Diamond s’interroge sur les raisons qui poussent les “sociétés” à prendre des mauvaises décisions. Il explique donc que les groupes humains subissent des catastrophes pour plusieurs raisons : parce qu’ils n’arrivent pas à les anticiper, parce qu’il n’en perçoivent pas les causes, parce qu’ils échouent dans leurs tentatives de “résolution des problèmes”, ou simplement parce qu’il n’y a pas de “solutions” adaptés dans l’état de leurs connaissances.

En fait, ce fameux cinquième facteur accentue la vulnérabilité d’une société (son manque de résilience) au point de la rendre très sensible aux perturbations qu’elle encaisse habituellement sans problème. C’est ce qui a poussé récemment l’archéologue et géographe Karl W. Butzer à proposer une nouvelle classification, distinguant les “préconditions” d’un effondrement (ce qui rend les sociétés vulnérables) des “déclencheurs”, (les chocs qui peuvent la déstabiliser). Les préconditions sont souvent endogènes (incompétence ou corruption des élites, diminution de la productivité agricole, pauvreté, mais aussi diminution des ressources naturelles, etc.), elles réduisent la résilience de la société et sont des facteurs de déclin ; alors que les déclencheurs, plus rapides et souvent exogènes (événements climatiques extrêmes, invasions, épuisement de ressources, mais aussi crises économiques, etc.), provoquent des effondrements s’ils sont précédés de préconditions “favorables”. Autrement dit, ce qu’on appelle habituellement une catastrophe “naturelle” n’est jamais vraiment étranger à l’action humaine.

Joseph Tainter complète cette idée de dysfonctionnement politique en y ajoutant un facteur thermodynamique, c’est-à-dire en constatant que la complexité croissante des institutions sociopolitiques se fait à un “coût métabolique” toujours plus élevé, c’est à dire des besoins croissants en matière, en énergie et en basse entropie. En fait, les grandes civilisations sont prises dans un piège entropique dont il est presque impossible d’échapper. Pour reprendre les mots du politologue américain William Ophuls, lorsque les quantités disponibles de ressources et d’énergie ne permettent plus de maintenir de tels niveaux de complexité, la civilisation commence à se consumer en empruntant au futur et en se nourrissant du passé, préparant ainsi la voie à une nouvelle implosion. S’ensuit une grande période de “simplification” de la société comme ce fut le cas en Europe après l’effondrement de l’Empire romain, durant tout le Moyen Age : moins de spécialisation économique et professionnelle, moins de contrôle centralisé, moins de flux d’informations entre les individus et entre les groupes, et moins de commerce et de spécialisation entre les territoires.

La grille d’analyse précédente appliquée à la civilisation thermo-industrielle actuelle met en lumière la fragilité de cette dernière, illustrée à la page 186.

Notons d’abord que le monde présente des signes alarmants au moins pour trois des cinq facteurs identifiés par Diamond : dégradation environnementale, changement climatique, et surtout dysfonctionnement sociopolitique (verrouillage sociotechnique, aveuglement des élites, niveau ahurissant des inégalités, etc.). La civilisation thermo-industrielle, quant à elle, qui ne concerne qu’une partie de la population du globe, présente en plus, les signes caractéristiques d’un effondrement selon Tainter : une complexité croissante très énergivore couplée à l’arrivée d’une phase de rendements décroissants.

Comment se déroule un effondrement ? Il n’est homogène ni dans le temps ni dans l’espace, mais l’ingénieur russo-américain Dmitry Orlov a analysé l’effondrement de l’Union soviétique et en tire 5 stades d’effondrement, par ordre de gravité croissante :

  • effondrement financier
  • effondrement économique
  • effondrement politique
  • effondrement social
  • effondrement culturel

Michel Rocard, cité en page 246, écrivait en 2011 dans un article du Monde intitulé le genre humain, menacé que l’effondrement politique se manifestera par la chute de la démocratie.

La démocratie sera la première victime de l’altération des conditions universelles d’existence que nous sommes en train de programmer. […] Lorsque l’effondrement de l’espèce apparaîtra comme une possibilité envisageable, l’urgence n’aura que faire de nos processus, lents et complexes, de délibération. Pris de panique, l’Occident transgressera ses valeurs de libertés et de justice.

Nous payons aujourd’hui les choix faits par nos ancêtres depuis 200 ans (page 254).

Le choix a été de ne pas le faire. Depuis les années 1990, tout à même continué à accélérer, malgré les nombreuses mises en garde. Et aujourd’hui il est trop tard.

Il est donc légitime de se demander si nos ancêtres ont réellement souhaité une société “durable”. La réponse est non. En tout cas, certains ancêtres, ceux qui ont eu à un moment donné le pouvoir d’imposer des décisions techniques et politiques aux autres, ont fait le choix d’une société non durable en connaissance de cause. Par exemple, là question de l’épuisement (et donc du gaspillage) des énergies fossiles s’est posée dès le début de leur exploitation, autour de 1800. Certains plaidaient pour une consommation très raisonnables, mais leur voix fut marginalisée. L’économiste britannique William Stanley Jevons résumait très bien en 1866 cette question du charbon (qui peut très bien s’appliquer à toutes les énergies fossiles) à “un choix historique entre une brève grandeur et une plus longue médiocrité”. Vous devinerez aisément l’option pour laquelle il a plaidé, et qui l’a emporté…

Pour en savoir plus, une émission de radio intitulée l’effondrement de la société industrielle propose une interview d’environ une heure de Pablo Servigne.

L’effondrement apparaît aujourd’hui comme inévitable. La collapsologie permettra de l’anticiper au mieux afin d’en limiter les dégâts.

pratique de la communication non violente

Dans un livre intitulé pratique de la communication non violente, Wayland Myers présente les principes de la communication non violente.

Dans la CNV, notre objectif principal est de réussir à savoir comment va chacun et ce qui peut être fait maintenant pour améliorer le bien-être de tout le monde. La liste de contrôle, comme je l’appelle, nous concentre sur certaines informations qui nous aident à réaliser cet objectif ; quant aux trois recommandations, elles nous aident à communiquer cette information de la façon qui soit le plus susceptible d’inspirer de la bienveillance et de la générosité mutuelles. Il est temps maintenant de voir comment ces deux aides fonctionnent ensemble mais, auparavant, résumons-les ci-dessous.

La liste de contrôle

  1. Quel événement déclenche la motivation de s’exprimer chez l’un et l’autre : qu’est-ce qui est observé, senti, entendu, pensé et remémoré… ?
  2. Quels sentiments sont éveillés en chacun : la peur, la colère, l’enthousiasme, la peine, la curiosité… ?
  3. Quels besoins personnels génèrent ces sentiments : le besoin de sécurité, le besoin d’information, de soutien, de compagnie, de respect, de compréhension… ?
  4. Quelles actions concrètes et positives chacun souhaite-t-il accomplir (ou voudrait qu’autrui accomplisse), maintenant : donner son point de vue sur la situation, entendre les raisons qui ont empêché l’autre de répondre à notre demande précédente, convenir d’un temps d’échange, aller faire la vaisselle… ?

Les trois recommandations

  1. Décrire les événements, les sentiments et les besoins sans recourir aux jugements, aux étiquetages moralisants, ou aux qualitatifs désobligeants.
  2. Éviter de faire des reproches ou de se mettre sur la défensive. Il est plus productif de mettre en lumière quels besoins personnels provoquent les sentiments et déterminent les choix de chacun.
  3. Demander à chaque personne ce qu’elle souhaite faire ou ce qu’elle attend des autres maintenant. Éviter d’essayer de satisfaire ses besoin en recourant aux exigences, à la menace, à la culpabilisation, à la honte ou à des manipulations.

Ce petit livre de moins de 100 pages se lit en une heure ou deux. Il comporte de nombreux cas concrets permettant d’appréhender la communication non violente via des mises en situation et des exemples de dialogue.

Il constitue par conséquent une excellente introduction à la communication non violente.

j'aime pas Facebook

Le collectif Ippolita est auteur d’un livre intitulé j’aime pas Facebook (également disponible en français chez l’éditeur Payot et Rivages).

Le collectif estime que Facebook vient remplir un vide existentiel, la crainte de se confronter à soi-même. Plonger dans Facebook serait en quelque sorte une fuite de soi. Savoir communiquer avec les autres commence par l’acceptation de soi et la communication avec soi-même.

Il faut renverser l’idéologie de la transparence radicale et l’appliquer aux technologies que nous utilisons, à ces médias sociaux qui se disent immédiats et sont au contraire des intermédiaires opaques. Il est vital pour l’individu de maintenir des sphères privées, une intériorité secrète et personnelle, qui ne soit pas profilée ni profilable. Il est vital d’apprendre à passer du temps avec soi-même, dans la solitude et le silence, et d’apprendre à s’aimer, en affrontant la peur du vide, cette horror vacui intime que les médias sociaux essaient en vain de combler. Seuls les individus qui s’estiment et se plaisent suffisamment, malgré leurs points faibles, peuvent trouver assez d’énergie pour construire un espace communicatif sensé dans lequel rencontrer les autres. Seuls les individus qui ont acquis un savoir-faire qui va au-delà du faire savoir, c’est à dire des compétences qui prennent d’autres formes que celles de l’autopromotion, peuvent avoir quelque chose d’intéressant à communiquer et à partager. Une communication efficace exige qu’on ait des capacités d’écoute envers soi avant même que de savoir écouter les autres. Mais la logique algorithmique est insuffisante et humiliante. Ce n’est pas l’individu qui doit se rendre transparent pour la technique, mais bien la médiation technique qu’il faut rendre aussi transparente et compréhensible que possible pour les gens. Il faut expliciter les processus de construction des mondes partagés.

Si l’outil n’est pas au service de l’utilisateur, alors l’utilisateur finit au service de l’outil.

Le collectif élargit ensuite le périmètre de son étude en analysant ce qui fait qu’un collectif est pérenne ou non, en fonction du degré d’implication des membres du collectif et des attentes respectives de chacun.

Il sera d’autant plus difficile d’harmoniser un projet qu’il existe de grande différences d’investissement personnel. En effet, il est clair que ceux qui investissent le plus ne peuvent fournir encore davantage d’efforts ni pallier les manques, réels ou présumés, des autres. Il y a deux raisons à cela, deux raisons analogues mais opposées : la première est extérieure à l’individu. En s’investissant davantage, il risquerait de faire de l’ombre aux autres participants, en empêchant, dans les faits, l’autonomie diffuse. La seconde raison concerne l’individu lui-même : en fournissant plus d’efforts, il risquerait d’assumer trop de responsabilités, lesquelles, pour ne pas se transformer en sources de frustration (les phrases du genre « c’est moi qui fait tout ! » ou encore « je suis indispensable ! » sont les signes extérieurs de cette frustration) devraient recevoir en échange une certaines formes de reconnaissance que les autres ne sont pas disposés à offrir, pour ne pas disqualifier le collectif ni leur apport personnel. D’un point de vue écologique, faire plus ne signifie pas toujours mieux faire : la collaboration exige que les limites et les règles qui définissent ces limites soient constamment renégociées.

Le volontarisme pur est aveugle et même souvent contre-productif. Un déséquilibre sain et constructif vers le chaos et l’imprévisible créatif exige souvent qu’on recule de quelques pas pour mieux redistribuer ses énergies en faveur des autres, non pas par altruisme, mais pas stratégie. D’un côté, il faut éviter le déséquilibre excessif, et, de l’autre, il faut éviter le nivellement par le bas, en s’efforçant de ne pas suivre le rythme de celui qui manifeste le moins d’enthousiasme et le moins de disponibilité. Le fait de modérer les enthousiasmes revient souvent à imposer un point de vue conservateur, c’est-à-dire un point de vue déjà connu, qui ne sert pas à surmonter les difficultés. L’enthousiasme doit être encouragé par la confiance et la confiance doit avoir pour contrepoids l’esprit critique, c’est-à-dire la réflexivité. Les efforts réciproques doivent servir à développer l’espace autonome sans prendre appui sur le devoir ni sur les nécessités, mais sur le plaisir. Dans le cas contraire, les frustrations risquent de prendre le dessus. Le désir de domination personnelle se nourrit du désir des autres d’être dominés, et vice versa. Pour cette raison, l’équilibre doit être dynamique et se préparer à utiliser les énergies pour de nouvelles individuations, en évitant l’apparition de dynamiques hégémoniques et la cristallisation de hiérarchies. L’immobilisme ne peut être surmonté sans faire appel au résidu chaotique, au déséquilibre vers l’avant régulé par des méthodes partagées.

Créer et faire vivre un collectif n’est pas seulement une question d’outil de communication. L’outil de communication est même un sujet qui vient après les question humaines et interpersonnelles. Si l’outil de communication est un support au dialogue et à la discussion, il ne peut en aucun cas les remplacer.

vers un état d'exception permanent

Dans un article intitulé vers un état d’exception permanent, l’avocat Jean-Jacques Gandini dénonce les dérives potentielles et effectives de l’état d’urgence et de sa prorogation.

L’état d’urgence trouve son origine dans les prémices de la guerre d’Algérie. La France ne souhaitait alors pas déclarer l’état de siège car il aurait eu pour conséquence de transférer le “pouvoirs de police de l’autorité civile à l’autorité militaire”.

L’état d’urgence est donc un état d’exception qui se rapproche de l’état de siège mais où le pouvoir reste aux mains des civils, des élus.

L’état d’urgence actuellement en vigueur a été renouvelé deux fois déjà depuis sa mise en place en novembre 2015. Cependant, l’urgence d’un état ou d’une situation n’a de sens que temporairement, ou alors on constatera inévitablement des dérives.

L’histoire nous montre que toutes les lois d’exception […] sont par la suite détournées de leurs buts primitifs.

Ce à quoi nous assistons actuellement, c’est un changement de régime qui ne dit pas son nom.

La constitution d’un état a pour objet d’organiser le pouvoir, de le séparer afin d’éviter les abus de pouvoir. L’état d’urgence déroge à la constitution et vient donc en saper les fondements. Constitutionnaliser l’état d’urgence revient donc à vider la constitution de son sens premier.

Tant que durera l’état d’urgence, nous ne serons pas dans un état de droit. La présomption d’innocence n’est plus respectée : le gouvernement a interrogé le conseil d’état sur la possibilité de l’internement préventif de personnes fichées, sur la base de leur comportement suspect. Plus besoin d’enquête, plus besoin de procès, plus besoin d’un jugement (du pouvoir judiciaire), le pouvoir exécutif souhaite pouvoir priver de liberté des personnes n’ayant commis aucune infraction pénale.

Il faut dire tout haut ce changement de régime qui ne dit pas son nom.

flexibiliser le droit du travail ne peut pas réduire le chômage mais il peut le masquer

Un article intitulé flexibiliser le droit du travail ne peut pas réduire le chômage mais il peut le masquer analyse les réformes du droit du travail qui visent à plus de flexibilité sur le marché du travail.

[…] pour les entreprises, l’intérêt de la « flexibilité » est de faire reposer le coût des périodes de moindre activité sur l’assurance chômage, donc sur la collectivité, afin de conserver le maximum de profits pour les actionnaires.

C’est une affaire de partage des richesses entre les salariés et les actionnaires qui se joue derrière une réforme prétendument technique du droit du travail.

la France peut évoluer vers un régime autoritaire

Dans un article intitulé la France peut évoluer vers un régime autoritaire, le professeur de sciences politiques Yves Sintomer estime que la France pourrait évoluer rapidement vers un régime autoritaire.

Le premier [scénario] est celui qu’on appelle “la post-démocratie”, une notion développée par le sociologue et politologue britannique Colin Crouch. C’est un système dans lequel, en apparence, rien ne change : des élections libres continuent d’être organisées, la justice est indépendante, les droits individuels sont respectés. La façade est la même, mais la souveraineté réelle est ailleurs. Les décisions sont prises par les directions de grandes firmes, les acteurs des marchés, les agences de notation, ou par des organes technocratiques… En Europe, nous sommes déjà engagés dans cette direction.

Second scénario, plus heureux, celui d’une “démocratisation de la démocratie” : on vivrait alors un renforcement du politique face à l’économique, avec une participation citoyenne plus active. La démocratie se renforcerait sous des formes participatives et délibératives variées.

Troisième scénario, celui de l’autoritarisme. Il ne s’agit pas de dictature, mais de systèmes où, à la différence de la post-démocratie, la façade est remaniée : les élections existent mais la compétition électorale est restreinte ; les libertés (d’expression, d’association, d’aller et venir, de la presse…) sont amoindries par des lois liberticides ; la justice est moins indépendante… C’est la pente qu’ont pris les Russes, les Hongrois, les Polonais, les Turcs, et qu’on retrouve ailleurs, en Equateur ou au Venezuela par exemple. En Asie du Sud-Est, plusieurs régimes non-démocratiques sont allés ou vont, par une libéralisation très contrôlée, vers un tel modèle : je pense à Singapour ou à la Chine, deux pays où les droits y sont restreints.

En Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, c’est la France qui offre le plus de signes indiquant que ce scénario est possible. Même s’il n’est pas le plus probable.

Ce dernier scénario n’est qu’un scénario parmi les 3 qu’il anticipe, mais c’en est un.

Et le premier scénario - peut-être le plus probable étant donné que nous sommes “déjà engagés dans cette direction” - n’est pas vraiment heureux.

Reste le second scénario, le seul qui soit optimiste.

la tragédie des réfugiés doit provoquer un sursaut mondial

Dans un article intitulé la tragédie des réfugiés doit provoquer un sursaut mondial, Jean Ziegler estime que l’Union Européenne - comme de nombreux autres pays - ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de la convention des Nations Unies sur les réfugiés, malgré les rapports sans ambiguïté du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR).

Près de 60 millions de réfugiés, apatrides, exilés dans le monde en 2015. Une progression phénoménale. Des humains martyrisés, spoliés, refoulés. Jean Ziegler, un des responsables de l’ONU, rappelle l’Europe à ses devoirs et dénonce ses manquements à la convention sur les réfugiés.

Le budget du HCR diminue tandis que celui de Frontex (le dispositif mis en place par l’UE pour contrôler les flux migratoires) augmente.

En 2013, le HCR dénombrait 11,7 millions de réfugiés.

En 2015, on compte 60 millions de réfugiés, apatrides, exilés dans le monde. On voit déjà poindre des stratégies de fermeture des frontières et les tensions s’accroissent sur la question de l’accueil des réfugiés. Les états et les organisations supra-étatiques ne savent pas gérer 60 millions de réfugiés.

En 2050, le changement climatique devrait occasionner 250 millions de réfugiés climatiques. Soit environ 5 fois plus qu’actuellement.

Fermer les frontières est inefficace. Il est plus que temps de comprendre que les réfugiés fuient et que la solution se trouve dans la résolution du problème qu’ils fuient, non dans la lutte contre leur fuite.

expliquer la radicalisation

Au delà de l’image classique de “l’islamiste s’étant radicalisé par internet”, deux articles recherchent des causes plus profondes à la radicalisation d’un individu :

La conclusion du premier article pose une bonne question :

La plupart de ces manifestations de rejet de la pensée dominante n’ont pas ou peu recours à la violence, du moins pas en France et pas actuellement, mais la question existe : quels sont aujourd’hui les moyens de s’opposer démocratiquement et de façon non violente à la pensée dominante ? Parallèlement, comment agir pour que les notions inclusives de liberté, égalité, fraternité, laïcité… ne deviennent pas discriminantes ou stigmatisantes ?

C’est finalement la question du fonctionnement de la démocratie qui est posé ici.